Institut français du Maroc

Fès accueille les rencontres internationales de la photo

,LE MATIN
19 Novembre 2014
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Du 22 novembre au 15 décembre 2014, la Galerie de l’Institut français de Fès, la Galerie Kacimi, la Galerie Association Fès-Saiss, le Complexe culturel Sidi Mohammed Ben Youssef et le Café littéraire de la Fondation Esprit de Fès abriteront les rencontres de la photo.

Dans le cadre d'un festival international de la photo comme les rencontres de la photo de Fès, le thème de la ville apparaît comme capital dans le mécanisme de la mobilité culturelle, largement promue peut-être aujourd'hui plus que jamais par l'art contemporain, expliquent Fancesca Gerilli et Selva Barni, co-commissaires de l'exposition.
Tandis que les concepts liés à l'identité nationale ont tendance à se raréfier, les dynamiques qui émanent des portraits d'une ville permettent d'accéder à de multiples visions directement concernées par notre vie quotidienne dans les espaces urbains.

Les dynamiques de mobilité permettent aux artistes et aux commissaires d'appréhender des réalités étrangères dans le but prédéterminé de les intégrer dans leurs univers artistiques, revalorisant ainsi les rencontres interculturelles.

Se balançant dans des territoires situés entre la nostalgie de l'Âge d’or et la course -dirigée par la technologie- vers un avenir déjà perceptible, ces expositions nous dévoilent des points de vue sur les pouvoirs qui nous gouvernent, incarnées par les politiques urbaines ; elles nous donnent aussi à voir des lieux imaginaires et utopiques, sur les rhétoriques de notre nature humaine alimentée par des sentiments mitigés envers nos vies numériques.
La ville devient un dénominateur commun où nous pouvons partager les luttes, les craintes et la poésie de l'époque actuelle. Ces expositions suivent explicitement les chemins tracés par le livre homonyme d'Italo Calvino (Le città invisibili) publié en 1972, un texte sur la ville, carrefour de vies et de destins, de dimensions personnelles et collectives, de stratifications d'époques et de visions, de compréhensions et de malentendus sur les contextes et les désirs de notre existence.

Mais il suit aussi les marques de deux textes écrits la même année par l'ami de Calvino, Georges Perec : Espèces d'espaces (1974) et Tentative d'épuisement d'un lieu parisien (1975). Ces rencontres internationales de la photo épousent l'idée qu'un espace illimité est une réalité insaisissable. Le filtre visuel de la disparition, l'idée de regarder, le sentiment de familiarité avec des lieux coïncident souvent, et paradoxalement, avec leur invisibilité. C'est un élément fondamental de la photographie, aussi bien que l'inclinaison du regard sur l’exposition. En paraphrasant Calvino, l'exposition a une structure avec plusieurs facettes, dans laquelle chaque œuvre est à côté de l'autre dans une séquence qui n'implique pas une conséquentialité ou une hiérarchie, mais un réseau au sein duquel on peut tracer plusieurs chemins et enlever des conclusions bigarrées et ramifiées. La photographie, en ce sens, modifie ses attributs sans sacrifier sa puissance.

Elle ramène à la vie les spectres de personnes et la mémoire du passé dans le travail d'André Prince. Elle gravite autour de la mémoire individuelle grâce à l'archivage de Thomas Sauvin et aux images de Li Mu, elle est renforcée par le pouvoir des mémoires collectives explorées par Heba Amin et Raed Yassin.
La photographie lève aussi le rideau sur les scènes lyriques de Peter Steinhauer, Felicity Hammond, d'Anthony et Phillip Reed, en donnant une valeur inédite aux éléments de base de la construction d'une ville.Le pouvoir des images permet de réunir ce que la réalité a séparé dans les mondes de Vincenzo Castella et Alessia Cargnelli, pour arriver à la frontière du documentaire subjectif qui émerge dans les travaux de Liz Hingley, Celine Villegas et André Merian. Le portrait de ville de Regula Bochsler est apocalyptique et sa représentation est restreinte au point d'entrer dans une dimension purement virtuelle. Avec le temps, la technologie qui génère les images numériques se perfectionnera, et créera des représentations idéalement parfaites : des souvenirs d'un futur passé.
Villes yeux, villes continuelles, villes mémoires, villes minces, villes cachées, ville ciel. Théâtres d'ombres. 



Exposition : Patrimoine et paysages du Maroc

Une exposition proposée dans le cadre de la Saison culturelle France-Maroc 2014, par l’Institut français du Maroc en partenariat avec le Centre Jacques Berque et le Centre d’études arabes de Rabat. Selon Bernard Millet, directeur de l’Institut français du Rabat, cette exposition de photographies est proposée à partir d’avril 2014 dans les différentes villes du Maroc où ont œuvré les photographes : Marrakech, Meknès, Fès, Rabat, El Jadida et Casablanca.
Issues d’un fonds photographique actuellement conservé par le Centre d’études arabes et le Centre Jacques Berque de Rabat, les images en grande partie inédites qui composent cette exposition nous permettent de voir ou de revoir les splendeurs du patrimoine et des paysages du Maroc dans les années 1950, précise B. Millet.
«Réalisées pour la plupart par Jean Belin (photographe installé à Rabat entre 1944 et 1961), par les photographes des anciens studios Souissi de Rabat ou encore par Bernard Rouget installé à Casablanca, ces photographies originales d’époque dressent en noir et blanc un portrait sensible et délicat d’un pays visiblement admiré par des photographes qui se sont attachés à en saisir la beauté et l’harmonie», conclut la même source.

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