Coopération Sud-Sud

Le Forum Afrique Développement monte en puissance

Moncef Ben Hayoun,LE MATIN
19 February 2015 - 17:41
sud-sud.jpg Mohamed El Kettani, PDG du groupe Attijariwafa bank, a confirmé que le Forum sera désormais annuel. Ph. Saouri

1.700 décideurs économiques et politiques représentant 23 pays, dont 17 d’Afrique, ont fait le déplacement au Forum Afrique Développement qui a ouvert ses portes hier à Casablanca. Contrat rempli pour les organisateurs : affluence et rencontres d'affaires records.

Le Forum international Afrique Développement, qui se clôture aujourd’hui à Casablanca, a fait le plein dès le premier jour. Gouvernements, communauté d’affaires, institutions publiques, institutions financières ont été représentés hier lors de la première journée de cette grand-messe de promotion de la coopération Sud-Sud, organisée par le groupe Attijariwafa bank en partenariat avec Maroc Export. «Aujourd’hui, vous êtes 1.700 décideurs économiques et politiques représentant 23 pays, dont 17 d’Afrique, à avoir fait le choix du Forum Afrique Développement, votre forum. J’ai été heureux d’apprendre ce matin que plus de 3.000 rendez-vous d’affaires sont déjà programmés et vous souhaite plein succès dans vos entreprises», s’est félicité Mohamed El Kettani.

Le président-directeur général du groupe Attijariwafa bank, qui s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture, a aussi souligné que plus de 4.500 rencontres d’affaires étaient attendues durant cette troisième édition du forum, organisée les 19 et 20 février autour du thème «Le temps d’investir». En plus des séances plénières et des rencontres d’affaires, l'événement abrite également pour la première fois des stands en guise de marché de l’investissement. Des espaces où les représentants du Sénégal, du Gabon, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Burkina-Faso et du Bénin mettent à disposition des participants l’ensemble des informations sur les banques de projets inscrites dans leur stratégie de développement.

De l’avis des différents intervenants lors de la première journée, l’Afrique a besoin plus que jamais de partenariats intra-africains qui tirent leurs forces des projets concrets et des investissements réels. Un partenariat panafricain plus renforcé tracté par le secteur privé a été vivement recommandé par plusieurs officiels de pays africains et représentant de patronats, dont Amadou Gon Coulibaly, ministre d’État, secrétaire général de la présidence de Côte d’Ivoire, et Madeleine Berre, présidente de la Confédération patronale gabonaise. «Individuellement, nous sommes très petits pour être dans les radars des investisseurs internationaux. Et pour réaliser des partenariats panafricains, il nous faut trouver des gisements de complémentarité, des écosystèmes transfrontaliers, accélérer notre intégration économique, continuer à faire émerger le secteur privé et à améliorer l’environnement des affaires», a souligné Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique. Un avis partagé par Zahra Maafiri, directrice générale de Maroc Export.

«L’Afrique doit tenir la place qui lui revient dans les échanges mondiaux. Et le Made in Africa arrivera au marché international grâce à une démarche en synergie qui sera, in fine, portée par le secteur privé : grandes, moyennes, petites et très petites entreprises», a-t-elle indiqué.
Le secteur privé est donc appelé à se mobiliser davantage pour investir dans le continent. «Toujours est-il qu’il faudra lever plusieurs obstacles, notamment la faible intégration économique des pays du continent, les barrières douanières et tarifaires. Il faudra aussi améliorer la connectivité entre les marchés africains, les infrastructures, le transport et la logistique», a plaidé Miriem Bensalah, présidente de la CGEM.

Selon le ministre du Commerce extérieur, Mohamed Abbou, l’Afrique, qui représente 16% de la population mondiale, ne pèse que 3% dans les transactions commerciales du globe. Les échanges intra-africains ne dépassent pas 15% par rapport aux échanges du continent. Le Maroc œuvre à consolider l’intégration économique : 3.000 conventions et accords bilatéraux ont été signés par le Royaume, 40 commissions mixtes créées. En 2013, le commerce entre le Maroc et les pays du continent a augmenté de 13% à 4,3 milliards de dollars et 50% des investissements à l’étranger du pays ont été réalisés en Afrique. Le Maroc est ainsi le deuxième investisseur en Afrique, le premier dans les régions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.







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