Provinces du Sud

Forte implication des populations du Sud dans les opérations électorales

Ayoub Lahrache,LE MATIN
04 November 2016 - 19:03
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Les provinces du sud du Royaume enregistrent des taux de participations très élevés lors des différentes échéances électorales. Ces taux, qui dépassent largement la moyenne nationale, témoignent de la forte implication de ces populations dans la vie politique. Selon plusieurs observateurs, cette situation reflète la volonté des populations d’accompagner le processus de démocratisation locale et de participer au développement local.

L’engouement important des populations des régions du sud du Royaume pour la politique n’est plus à démontrer.
Cette réalité que reconnaissent toutes les formations politiques marocaines s’est encore manifestée lors des dernières élections législatives, organisées le 7 octobre dernier. En effet, les taux de participation dans cette zone ont été encore plus élevés comparés au reste du territoire national. Selon les statistiques révélées par le ministère de l’Intérieur, la région a enregistré des taux de participation de 57,21% dans la circonscription de Laâyoune, 76,71% à Aousserd, 75,94% à Tarfaya, 64,30% à Boujdour, 62% à Smara, 49% à Tan Tan et de 43,57% à Guelmim, contre 43% seulement au niveau national. Selon plusieurs observateurs, ces taux importants reflètent l’attachement des populations de la région à la mère patrie.En septembre 2015, lors des élections régionales et communales, les taux de participation avaient atteint des records. En effet, le taux de participation, lors de ces échéances, a été de l’ordre de 53,67%, cette participation a atteint, dans les trois régions du Sud, un taux de 58%. Il s’agit d’un taux de 64,18% dans la région de Guelmim-Oued Ennoun, 57,66% dans la région Laâyoune-Sakia El Hamra et 52,14% à Dakhla-Oued Eddahab. La province de Tarfaya a enregistré le taux le plus élevé sur le plan national avec 82,75%.
De même, les taux de participation enregistrés à Boujdour (près de 69%), à Smara (68%), Oued Eddahab (61%) et Laâyoune (58%) sont aussi très élevés par rapport à la moyenne nationale.

La même implication dans les élections avait été constatée lors des élections des chambres professionnelles du 7 août de la même année. Ainsi, l’intérêt des habitants de la région pour la politique s’est à nouveau traduit par un taux de participation dépassant de loin la moyenne nationale. Dans ce sens, et au moment où ce taux n’avait pas dépassé les 43,33% sur le plan national, les régions du Sud avaient enregistré des taux de l’ordre de 61,76%. Plus en détail, la région de Guelmim-Oued Ennoun avait enregistré un taux de participation de l’ordre de 63,2%, suivie de Dakhla-Oued Eddahab avec 61,34% et Laâyoune-Sakia El Hamra avec 60,74%.

Cette forte participation s’explique aussi par la présence importante des partis politiques nationaux dans les provinces du Sud. Cet état de fait est attesté par la présence d’antennes des formations politiques dans ces régions et la représentativité qui est accordée aux congressistes issus des provinces du Sud lors des congrès nationaux des partis politiques. Ce fort engagement politique dépasse, par ailleurs, l’appartenance aux couleurs politiques. En effet, ces élections, comme toutes celles qui les ont précédées, ont prouvé l’intérêt et la place que consacrent les habitants de ces régions à la chose politique. 



Évolution des élites politiques

Les provinces du Sud connaissent une réelle évolution des élites politiques. C’est ce que confirment les analystes. Cette évolution s’explique par l’ouverture du système politique qui a profité aux populations de ces zones. Selon des déclarations de la chercheuse à l’Institut Maghreb Europe de Paris VIII, Khadija Mohsen Finan, les enquêtes auprès des populations de la région ont permis de constater qu’elles ont profité de l’élargissement des espaces d’expression à travers les journaux et la télévision et du dynamisme et de l’effervescence démocratique du Maroc. Selon la chercheuse, ce qui a profité à ces populations en matière d’ouverture du système politique les a aussi rendues plus exigeantes en matière de participation politique. Les jeunes générations ont été imprégnées par les changements observés au Maroc, d’où l’émergence d’une société civile qui s’exprime et revendique dans le langage des droits de l’Homme. «Je pense que l’ouverture des années 1990 a conduit, du moins les jeunes générations, à redéfinir leur identité tout en essayant de se positionner politiquement dans la perspective d’une sortie du conflit et de la mise en place de l’autonomie», soutient-elle.



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