Face aux défis du dérèglement climatique

La COP 22 consolide l'engagement du Maroc en faveur d’une Afrique unie et solidaire

El Mahjoub Rouane,LE MATIN
27 November 2016 - 14:47
COP22-MERRAKECHE-2016.jpg S.M. le Roi Mohammed VI a présidé, mardi 15 novembre, la cérémonie d’ouverture du Sommet des Chefs d’État et de gouvernement.

La 22e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 22), organisée du 7 au 18 novembre à Marrakech, sous la présidence du Maroc, a tenu toutes ses promesses. Le Royaume a fait de la résilience des zones les plus vulnérables au réchauffement planétaire, particulièrement en Afrique l’une des priorités de la COP 22.

La COP 22 a été d’abord marquée par le discours de S.M. le Roi Mohammed VI qui a présidé, mardi 15 novembre, la cérémonie d’ouverture du Sommet des Chefs d’État et de gouvernement. Dans Son discours prononcé devant cette séance solennelle de haut niveau, S.M. le Roi a engagé toutes les parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à œuvrer pour donner corps à l’attachement commun aux valeurs de justice et de solidarité. «Au nom du destin commun, et au nom de notre responsabilité historique, J’engage toutes les parties à œuvrer pour donner corps à notre attachement aux valeurs de justice et de solidarité», a souligné le Souverain. Cet attachement se concrétise à travers plusieurs axes, en particulier la possibilité offerte aux pays du Sud, et plus particulièrement aux pays les moins avancés et aux États insulaires, de bénéficier d’un soutien financier et technique, ainsi que le respect par les pays avancés de leurs engagements et la mobilisation, à l’horizon 2020, des 100 milliards de dollars, au moins, qui ont été la clé de voûte de l’Accord de Paris. «La tenue de cette conférence en Afrique nous incite à donner la priorité à la nécessité de remédier aux impacts négatifs des changements climatiques, qui ne cessent d’empirer dans les pays du Sud et les pays insulaires menacés dans leur existence même», a insisté S.M. le Roi. «La différence est grande entre les pays et les régions concernant la culture liée à l’environnement», a noté le Souverain, déplorant que les décisions prises et imposées ne soient pas toujours à la portée de tous les pays.

S.M. le Roi a également appelé à une mobilisation continue et globale pour redresser la situation actuelle et assurer aux générations successives une vie digne et durable. «L'heure est venue pour redresser la situation actuelle. Nous n’avons d’autre choix que d’œuvrer à rattraper le temps perdu par une mobilisation continue et globale et une cohésion constructive, pour assurer aux générations successives une vie commune digne et durable», a affirmé le Souverain.

Aussi et à l’initiative de S.M. le Roi, la COP 22 a été marquée par l’annonce du lancement du «Prix international pour le climat et l'environnement», doté annuellement d’un million de dollars. Ce prix, destiné à «récompenser une action particulièrement innovante et à fort impact de changement, sera remis lors de la tenue de chaque COP», avait déclaré Salaheddine Mezouar, lors d’un événement de haut niveau de
la COP 22, sur le thème «Accélérer l’action climatique». Cette Initiative royale vise à soutenir la dynamique enclenchée à la COP 22, a souligné le président en exercice de la COP, notant que «ce qui se noue, ici à Marrakech, est une mutation profonde et, en vérité, la gestation d’une conception de l’avenir qui se veut inclusive, sobre, durable, créative, solidaire et juste».

Dans cette optique, l’engagement fort du Maroc en faveur d’une Afrique unie et solidaire face aux défis du dérèglement climatique a été de nouveau confirmé avec l’organisation, en marge de la Conférence de Marrakech, du premier Sommet africain de l’action, «Africa Action Summit», à l’Initiative de S.M. le Roi. Ce Sommet, auquel ont pris part de nombreux Chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que les dirigeants de pays et organisations internationales partenaires du continent, a été couronné par l’adoption d’une Déclaration consacrant une vision commune pour renforcer la résilience du continent face aux effets néfastes du changement climatique et favoriser l’émergence durable africaine. Dans cette déclaration, les Chefs d’État africains et chefs de gouvernement ont appelé les partenaires stratégiques de l’Afrique pour renforcer la coopération «dans le sens de l’ambition africaine pour un développement durable et inclusif».
Ce mini-sommet a également été sanctionné par la création de trois commissions dédiées à la région du Sahel, la région du bassin du Congo et aux États insulaires, ainsi que par une série de décisions visant à combattre efficacement les effets néfastes des changements climatiques sur le continent.

Dans ce cadre, inutile de rappeler que le Maroc a fait de la résilience des zones les plus vulnérables au réchauffement planétaire, particulièrement en Afrique, l’une des priorités de la COP 22. Pour le président de la COP 22, cette Conférence de l’ONU sur le climat a été une réussite «grâce à la mobilisation de femmes et d’hommes qui travaillent jour et nuit pour que tout se déroule dans de bonnes conditions».
La COP 22, qui a connu la présence de plus de 70 Chefs d'États et de gouvernements lors de la Séance solennelle de Haut Niveau, est allée «au-delà des attentes», a encore déclaré M. Mezouar, lors d’une conférence de presse conjointe avec des membres du comité de pilotage marocain de  la COP 22, organisée le 18 novembre à l’issue de la séance de clôture. Plus grand évènement jamais accueilli par le Maroc, la 22e Conférence des parties a été l’occasion pour tous de faire sien le sujet de la lutte contre le réchauffement climatique et de prendre part activement à la COP de l’action. Chacun, à son échelle, a pu développer son esprit écologique et ses actions écoresponsables, en agissant aux  côtés du Maroc, contre le réchauffement climatique. La présidence marocaine de la COP 22 a permis de poursuivre la dynamique enclenchée en 2015 par l’Accord de Paris sur le climat. Elle n’a eu de cesse d’encourager les parties prenantes à concrétiser les priorités contenues dans l’Accord de Paris, à savoir le financement, le transfert de la technologie et le renforcement des capacités des pays en développement face à un climat rebelle.

Dans ce sens, la proclamation de Marrakech, qui met en évidence le caractère irréversible de l’engagement de la communauté internationale pour l’application de l’Accord de Paris, a été l’occasion de réitérer l’engagement des décideurs à poursuivre leur action en faveur de la lutte contre les effets du changement climatique. Dans cette proclamation, les parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, réunies dans le cadre de la COP 22/ CMP 12/CMA 1, se sont réjouies de l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, jugeant nécessaire de favoriser et d’appuyer l’Agenda pour le Développement durable de 2030 et ses Objectifs de développement durable. «Nous appelons à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et nous tenons à souligner la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité», lit-on sur la proclamation. La proclamation a souligné que la Conférence de Marrakech marque un «point d’inflexion important dans l’engagement des pays à rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps». Elle a notamment appelé à davantage d’action climatique et d’appui, bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.







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