Kénitra

À la découverte des «Carnets de voyage» d'Eugène Delacroix

Driss Lyakoubi,LE MATIN
10 Février 2017
La-ville-de-Kenitra-.jpg «Les Fanatiques de Tanger», œuvre réalisée par Eugène Delacroix en 1838 et exposée au musée The Minneapolis Institute of Arts (États-Unis).

La ville de Kénitra a abrité, cette semaine, une rencontre culturelle consacrée aux carnets de voyage de l’artiste-peintre Eugène Delacroix qui avait accompagné en 1832 la mission diplomatique française dirigée par le Comte de Mornay auprès du Sultan Moulay Abderrahmane.

L’Institut français de Kénitra a organisé, mercredi dernier, une rencontre avec l’homme de Lettres, le professeur Mohammed Essaouri, sur le thème «Carnet de voyage, carnet d’artiste».
Le conférencier a, de prime abord, souligné que le voyage fait partie de la carrière d’un artiste, qu’il soit professionnel, pour le plaisir de découvrir des nouveautés ou dans un objectif purement artistique. Il a tenu à préciser que ces Carnets de voyage constituent une véritable mine pour les historiens et les chercheurs universitaires qui n’ont pas encore épuisé toutes les possibilités qu’offrent ces documents.
En vue d’apporter un éclairage sur un genre littéraire et plastique encore peu connu du grand public, Mohammed Essaouri a consacré son intervention sur les Carnets de voyage de l’artiste-peintre Eugène Delacroix qui a accompagné, en 1832, la mission diplomatique française dirigée par le Comte de Mornay, auprès du Sultan Moulay Abderrahmane.

Au fil du voyage, il emplit ses carnets de croquis et d'aquarelles. Un répertoire inépuisable de formes et de couleurs qui embraseront plus tard toutes ses toiles inspirées par sa passion de l'Orient. Pendant que l’envoyé du roi de France Louis-Philippe poursuivait ses négociations avec le Sultan et les dignitaires marocains, Delacroix en profitait pour se balader dans les ruelles de Meknès à la découverte d’un Orient méditerranéen qu’il confronta à l’Orient rêvé et imaginé.

La fascination qu’a exercée le Maroc sur lui, il l’avait déjà exprimée en disant : «c’est un lieu fait pour les peintres… le beau y abonde… le beau court les rues… je suis étourdi de tout ce que j’ai vu… je suis en ce moment comme un homme qui rêve». Par ces sensations et ces sentiments, Eugène Delacroix rapportait, ainsi, dans ses carnets de voyage, des observations et des témoignages accompagnés de dessins et de croquis sur le Maroc, sa culture et sur la vie ordinaire, mais ô combien colorée de ses gens.

L’assistance a, en outre, appris lors de cette rencontre culturelle aux dimensions historique et artistique, que pour Delacroix, l’art pictural est autant fait d’écriture que d’images.
À l’inverse d’autres artistes-peintres tels que Matisse, dont le travail pictural exprime l’instant, Delacroix n’a réalisé ses tableaux sur le Maroc que 20 ans plus tard. Il est à rappeler qu’à partir des années 1830, les artistes européens ont commencé à se déplacer en Orient, véritable symbole de l’ailleurs. La découverte de ces nouveaux horizons est initiée par la campagne d’Égypte de Napoléon (1798-1801), puis est renforcée par la colonisation européenne de l’Afrique du Nord. C’est certainement le voyage au Maroc de Delacroix (1832) qui incarne le mieux la fascination par l’Orient des peintres, dont les souvenirs sont conservés dans des carnets de voyage. 





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