28e Sommet de l’Union africaine

Comment le Maroc a neutralisé les manœuvres hostiles de ses adversaires

,LE MATIN
02 Février 2017
Siege-du-ministere-des-Affaires-etrangeres.jpg Siège du ministère des Affaires étrangères et de la coopération à Rabat.

Le Maroc est rentré à l’Union africaine par la grande porte. En dépit des manœuvres ourdies par quelques pays hostiles à ses intérêts, le Royaume a pu, à la faveur d’une diplomatie dynamique et proactive, conduite par S.M. le Roi Mohammed VI, surmonter les écueils dressés sur son chemin et retrouver sa place légitime au sein de l’Organisation panafricaine.

Dès l’annonce officielle de son intention de reprendre place au sein de l’Union africaine (UA), le Maroc a dû faire face à des hostilités somme toute attendues. C’est que la décision du Royaume de réintégrer sa famille institutionnelle n’a pas fait que des heureux. Certes plus des deux tiers des États du continent ont appuyé sa demande, mais certains pays ont vu dans ce retour la fin imminente de leur hégémonie sur l’UA. Outre l’Algérie et ses actions sournoises visant à tout prix à contrer les projets légitimes du Maroc, c’est l’Afrique du Sud en la personne de la présidente sortante de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma qui s’est illustrée en ourdissant toutes sortes de manœuvres contre le Royaume. Une sortie de la responsable sud-africaine, datant du mercredi 25 janvier à Addis-Abeba, est venue confirmer sa position agressive envers le Royaume. Prononçant un discours devant le Conseil exécutif de l’Union africaine, la présidente, au bilan contesté, n’a pas hésité à revenir sur la polémique ayant opposé le Maroc à l’ex-secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Dans une dernière tentative de détourner le débat, Mme Dlamini-Zuma s'est substituée à l'ONU en appelant à un «retour immédiat de la composante civile de la Minurso».

Mme Zuma n’est d’ailleurs pas à sa première tentative pour compliquer le processus d’adhésion du Maroc à l’Organisation panafricaine. La responsable avait abusé de son pouvoir pour retarder la distribution, à l’ensemble des États membres de l’organisation, de la demande d’adhésion du Royaume du Maroc, qui lui a été remise le 22 septembre dernier. Une manœuvre qui avait nécessité une intervention de S.M. le roi Mohammed VI auprès du Président du Tchad, Idriss Déby Itno, en sa qualité de Président de l’UA. Un communiqué du Cabinet royal avait rappelé que Mme Dlamini-Zuma «aurait dû, conformément à l’acte constitutif et à la pratique de l’organisation, procéder à la prompte distribution de cette demande». Le même communiqué, publié fin octobre dernier, avait mentionné que «le Président tchadien a réagi positivement à la demande de Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, et fera le nécessaire à cet égard».

Forcée de remettre la demande marocaine aux pays membres de l’Organisation et surprise par le grand soutien dont bénéficie le Royaume dans sa quête, Mme Dlamini-Zuma n’a pas renoncé à ses hostilités. La dernière de ses trouvailles était d’imposer au Maroc de nouvelles règles d’adhésion. La réponse du ministère des Affaires étrangères à ces manœuvres n’avait pas tardée. Le 30 novembre 2016, un communiqué du département présidé par Salaheddine Mezouar soulignait que «Mme Nkosazana Dlamini-Zuma poursuit son élan d’obstruction, en improvisant une nouvelle exigence procédurale, inédite et sans fondement ni dans les textes ni dans la pratique de l’Organisation, et par laquelle elle rejetterait arbitrairement les lettres de soutien au Maroc émanant des ministères des Affaires étrangères des États membres de l’UA». Ce même communiqué rappelait à la présidente sortante de la commission de l’UA qu’elle se mettait «en contradiction avec son devoir de neutralité, les règles et les normes de l’Organisation et la volonté de ses États membres».

Ainsi, Nkosazana Dlamini-Zuma a fait le choix de terminer son mandat de quatre ans à la tête de la Commission de l’UA avec un nouvel échec. Celui d’empêcher le Maroc de regagner sa place naturelle et légitime au sein de sa famille institutionnelle panafricaine. Selon une analyse intitulée «Comment Madame Dlamini-Zuma a plombé l’Union africaine», publiée le 9 juin 2016 sur le site du journal «Le Monde», «le mandat de quatre ans de Nkosazana Dlamini-Zuma a accéléré le déclin de l’UA». Décrivant les limites de gestion de Mme Dlamini-Zuma, l’article évoque une femme «dépourvue de vision, taiseuse et pas assez présente à Addis-Abeba, au goût des ambassadeurs africains auprès de l’UA».





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