Dans le cadre de son ouverture sur l’Afrique

L’Académie du Royaume rend hommage à Léopold Sédar Senghor, l’un de ses illustres membres

Yousra Amrani,LE MATIN
21 Avril 2017
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Dans le cadre de sa participation au programme d’animation culturelle «Afrique en Capitale», l’Académie du Royaume du Maroc programme, en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), la Fondation nationale des musées du Maroc, l’Agence marocaine de la coopération internationale et l’Université internationale de Rabat, une journée d’hommage à l’un de ses illustres membres, Léopold Sédar Senghor, jeudi prochain. Organisée autour du thème «Sur les traces de Léopold Sédar Senghor », cette journée sera l’occasion, comme le souligne Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l'Académie, de revenir sur le parcours, les combats et les idées toujours d’actualité de cet homme d’État et homme de lettres au destin singulier, qui a su relever le défi de l’enracinement dans les valeurs nationales et africaines tout en s’ouvrant sur les valeurs universelles. «Le choix de rendre hommage à un grand homme comme Senghor n’est pas fortuit, car cette personnalité a su marquer de son empreinte indélébile le paysage artistique et a donné l’exemple que l’on peut associer la carrière de politicien à celle d’un homme de lettre», ajoute M. Lahjomri. En effet, homme politique chevronné, feu Léopold Sédar Senghor avait plusieurs cordes à son arc. Outre sa carrière politique (il fut le premier Président de la République du Sénégal), M. Senghor était aussi le premier homme africain à siéger à l'Académie française. Au Maroc, et en tant que membre de l’Académie du Royaume, Léopold Sédar Senghor avait prononcé un discours lors de la toute première session de l’Académie, tenue en 1980 à Fès. Il y réaffirmait son attachement à la construction d’une civilisation de l’Universel privilégiant le métissage et le dialogue des cultures contre le repli identitaire. Aussi et tout au long de son mandat en tant que membre de l’Académie, Senghor s’est distingué par une série d’essais et de conférences traitant de sujets universels comme «Les crises spirituelles et le dialogue Nord-Sud», «Développement culturel, potentialités économiques et souveraineté diplomatique» ou encore «Le régime présidentiel et la démocratie en Afrique».

Pour rendre hommage à cette personnalité, des chercheurs nationaux et internationaux analyseront la portée et l’envergure de l’oeuvre poétique, philosophique et culturelle de Senghor. La pensée de Léopold Sédar Senghor sera ainsi appréhendée à partir de concepts clefs comme la négritude, la créolité ou la liberté. Les débats et les échanges porteront également sur les préoccupations et les réflexions politiques majeures de Senghor concernant la protection des droits de l’Homme, l’éducation et la culture. «Une occasion pour découvrir les différentes facettes d’un homme aux talents multiples, un sculpteur des mots qui avait développé toute une vision de la vie tout en restant humble», comme l’affirme Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées. Il convient de souligner qu’en prélude à la journée d’hommage à Léopold Sédar Senghor, l’Académie du Royaume pour la coopération culturelle organisera mercredi prochain une table ronde consacrée à la recherche scientifique sur l’Afrique. Cette rencontre réunira plus de 80 doctorants marocains travaillant sur des problématiques en lien avec le continent africain, et ce dans plusieurs domaines et disciplines scientifiques.

Ces chercheurs auront ainsi l’occasion de présenter leurs recherches et de se constituer en réseau afin de prendre part aux programmes d’échanges et de formation de l’un des partenaires majeurs de l’Académie sur le continent : l’Institut Mandela pour les études sur le développement (MINDS). Il y a lieu de noter également que l’Académie du Royaume du Maroc accueillera, en marge de cette journée d’hommage, une exposition de la Fondation Léopold Sédar Senghor. Cette exposition qui reviendra, en textes et en images, sur le parcours exceptionnel de ce grand poète et homme d’État depuis sa naissance, le 9 octobre 1906, à Joal, au Sénégal. La journée d’hommage sera clôturée enfin par un récital poétique et musical organisé autour de l’oeuvre de Léopold Sédar Senghor, avec la participation de Abdoulaye Baboulaye Cissokho, auteur-compositeur et joueur de kora et Mme Ouidad Tebbaa, titulaire de la chaire Senghor à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.





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