Formation

L’enseignement privé entre la qualité de l’offre et l’exigence de la demande

Mounia Senhaji,LE MATIN
06 Juillet 2017
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Même si l’enseignement privé au Maroc est souvent accusé de renforcer les inégalités, il n’en constitue pas moins une béquille sur laquelle s’appuie le système éducatif national et qui soulage la pression qui pèse sur les établissements du secteur public. Il faut dire que l’offre s’est considérablement renforcée au fil des années et que les établissements couvrent désormais tous les domaines de la formation. Comment faire son choix ?

Il est vrai que l’accès à l’enseignement privé reste largement corollé aux revenus des parents. Mais, fort heureusement, il existe diverses possibilités de règlement des frais de scolarité qui ouvrent des voies devant les moins nantis, telles que les bourses d’études offertes par les établissements ou encore les crédits bancaires. Reste à trouver l’établissement indiqué.

Bien plus que la question de l’orientation, le foisonnement de l’offre du supérieur privée est devenu un véritable casse-tête pour les bacheliers. Et dans l’autre sens, les établissements cherchent par tous les moyens à se distinguer de la concurrence et à mettre toutes les chances de leur côté afin d’attirer un maximum d’étudiants. Pour cela, ils n’hésitent pas à mettre en avant certains atouts, notamment ceux en relation avec la qualité de la formation et l’excellence académique. «Il est plus facile aujourd’hui d’évaluer la qualité des enseignements à travers des critères objectifs et transparents», indique Thami Ghorfi, président de ESCA École de management. Il avance comme premier critère la reconnaissance de l’État qui témoigne de la qualité de l’offre des formations de par sa conformité au cahier des charges très strict de l’État. On peut également se référer, ajoute-t-il, aux classements internationaux «qui intègrent des aspects tels que l’insertion professionnelle, l’internationalisation des programmes, la qualification des enseignants, la recherche académique, les méthodes pédagogiques utilisées, la capacité d’innovation pédagogique et l’évolution professionnelle des lauréats».

Les accréditations internationales sont également présentées comme le plus qui fait la différence. «Pour s’orienter dans l’offre large de l’environnement de l’enseignement supérieur privé au Maroc, il est important de rappeler aux étudiants que certaines institutions se distinguent par des labels de qualité : les accréditations internationales», assure Mohamed Derrabi, directeur Campus Toulouse Business School Casablanca. «C’est un système de contrôle de la qualité et d’amélioration permanente. Il en existe 3 dans le monde : EQUIS, AACSB et AMBA et sont des labels indépendants délivrés par des organismes internationaux», a-t-il expliqué. Il a ajouté qu’il s’agit pour l’étudiant d’un gage de qualité constante de par l’évaluation et l’amélioration permanente des programmes, mais aussi d’une reconnaissance de leur diplôme partout dans le monde.

Les partenariats avec de prestigieux établissements internationaux et l’ouverture sur le continent africain font également partie des cartes jouées par les établissements du privé. «Le principal défi que doit relever l’école est son internationalisation : attirer des étudiants et des professeurs étrangers», note Mohamed Derrabi. «La volonté de TBS de continuer à s’ouvrir à l’international et en particulier se développer davantage sur le continent africain fait partie de la stratégie des années à venir», a-t-il indiqué. De son côté, Wafaa Bouab Bennani, PDG de l’ESTEM, fait savoir que l’intérêt de son école pour l’Afrique subsaharienne ne date pas d’aujourd’hui. «Nos premiers étudiants subsahariens se sont inscrits en 1996. Depuis cette période, nous avons cru en l’avenir africain du Maroc en matière de formation. Nos lauréats sont aujourd’hui de hauts cadres dans leurs pays d’origine». «Une importante banque de la place, présente dans plus de 18 pays africains, vient de nous solliciter pour recruter nos lauréats dans le cadre de sa stratégie de déploiement international et notamment africain», a-t-elle ajouté non sans fierté.

Pour sa part, Thami Ghorfi a signalé que l’engagement de son école pour le soutien de l’excellence académique a vocation à servir également le continent. «Nous avons initié depuis plusieurs années des partenariats en Afrique, dans l’objectif de mettre en valeur les modèles d’éducation réussis et de soutenir la qualité de l’enseignement en management», a-t-il expliqué. Ces initiatives sont déployées notamment à travers le réseau INSEAM «Institut euro-africain de management» fondé avec Grenoble École de management et qui rassemble des Business Schools d’une quinzaine de pays africains et européens, et l’AAAE «African Academic Association on Entrepreneurship» lancé avec les cinq meilleures business schools en Afrique.

Tous ces éléments et d’autres aident à séparer le bon grain de l’ivraie, sachant qu’une opération de contrôle et d’évaluation des performances pédagogiques et administratives menée récemment par l’inspection générale de l’éducation et de la formation sur un échantillon d’établissements d’enseignement privé a fait ressortir que 26% d’entre eux souffrent de problèmes de gestion, 48% connaissent de moyens dysfonctionnements et 11% ont violé une série de dispositions réglementaires. 





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