Kénitra

La cité des marguerites en mal d’espaces de loisirs

Driss Lyakoubi,LE MATIN
20 Juillet 2017
La-cite-des-marguerites.jpg Avant sa démolition, le cinéma Fantasio a offert, des années durant, du rêve et de l’enchantement aux cinéphiles kénitris.

Jusqu’au début des années 1990, la ville de Kénitra disposait de salles de cinéma, de piscines publiques et de parcs. Aujourd’hui, le béton a rasé bien des édifices autrefois dédiés à la culture et aux loisirs.

La ville de Kénitra souffre d’un manque criant d’espaces de culture et de loisirs. Certains n’hésitent pas à lui coller l’étiquette de «ville-dortoir». Ce n’était pas le cas auparavant. Avant les années 1990, la capitale du Gharb disposait de plusieurs salles de cinéma et de piscines publiques. Aujourd’hui, on n’y trouve que des immeubles dont l’architecture laisse parfois à désirer et des cafés qui poussent comme des champignons.

Les propos de Mustapha, enseignant et père de trois enfants, traduisent une opinion largement partagée par les Kénitris. «En week-end ou lors des vacances, je trouve beaucoup de difficultés à passer un bon moment, individuellement ou en famille. Une fois en dehors de chez moi, mon souci majeur est de trouver un espace de culture ou un lieu de distraction. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de partir à Rabat pour regarder un bon film dans une salle de cinéma ou emmener mes enfants à un parc de jeux». Selon plusieurs témoignages, ce déficit d’espaces de culture et de divertissement est devenu une source de tension sociale. Les familles démunies sont encore plus touchées par cette problématique. Les jeunes n’ont plus que la rue pour dépenser leur énergie, à défaut d’infrastructures appropriées. On estime que la ville de Kénitra, qui compte actuellement près de 500.000 habitants, exerce une certaine agressivité sur la population à cause de ce «tsunami» de béton. Cet état de fait devient plus préoccupant à un moment où la ville est devenue l’une des destinations privilégiées des investisseurs nationaux et étrangers. Cette attractivité économique n’a pas été accompagnée par une politique locale visant à encourager à investir dans les domaines de la culture, des loisirs ou du tourisme. Comme l’a bien souligné l’un des résidents du centre-ville, la première gare de la ligne à grande vitesse (LGV) va être inaugurée au début de l’année prochaine, alors que Kénitra manque d’espaces adéquats pour accueillir une clientèle exigeante. Aujourd’hui, il n’y a que des immeubles qui se multiplient à une vitesse vertigineuse. Le comble de l’ironie est que la plupart de ces bâtiments disposent d’espaces commerciaux au rez-de-chaussée, qu’on n’hésite pas à qualifier abusivement de «Malls».

Comme dit l’adage, il n’est jamais trop tard pour bien faire. La cité des marguerites ne manque pas de foncier. C’est de l’aveu même des responsables de la commune. Il est temps d’atténuer l’appétit vorace des promoteurs immobiliers, dont certains ont été à l’origine de la disparition de plusieurs joyaux architecturaux. D’un autre côté, la ville de Kénitra dispose de plusieurs autres atouts pour devenir l’une des villes les plus conviviales du Royaume. Ses richesses naturelles sont multiples. L’on peut citer, à cet égard, la plage de Mehdiya, l’oued Sebou, la réserve naturelle de Sidi Boughaba et la forêt de la Maâmora.





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