Le site abrite le plus ancien représentant connu de notre espèce

Le Maroc pour le classement de Jbel Irhoud parmi les sites archéologiques mondiaux

Samir Benmalek,LE MATIN
07 Aout 2017
Jbel-Irhoud-.jpg En 1968 déjà, le site Irhoud avait livré le fossile d'un jeune enfant, appelé «Irhoud 3», daté initialement de 40.000 ans puis de 160.000 ans. Ph. DR

Le ministère de la Culture et de la communication œuvre actuellement à classer Jbel Irhoud parmi les sites archéologiques et historiques mondiaux. C'est dans ce site qu'en juin de cette année des restes d'un homo sapiens avaient été découverts et qui avaient fait reculer d’au moins 100.000 ans l’âge connu de l'espèce humaine.

Le ministère de la Culture et de la communication œuvre actuellement à classer Jbel Irhoud parmi les sites archéologiques et historiques mondiaux, a souligné vendredi à Youssoufia, le ministre de la Culture et de la communication, Mohamed Laâraj. «Actuellement, le ministère œuvre à classer Jbel Irhoud parmi les sites historiques nationaux et mondiaux vu sa valeur archéologique certaine pour l'humanité entière», a-t-il indiqué dans une déclaration à la MAP à l’occasion d’une visite effectuée à ce site.

Cette région est susceptible de révéler aux chercheurs d’autres découvertes archéologiques à caractère international, ce qui incite le ministère à prendre en considération ces données pour rendre Jbel Irdhoud un site archéologique et historique à même d'attirer les chercheurs de par le monde. En juin dernier, les restes d'un homo sapiens, une face humaine et une mandibule découvertes dans la région de Safi, font reculer d’au moins 100.000 ans l’âge de l’espèce et plaident pour son origine «panafricaine». Avant cette découverte, l’essentiel des fouilles se faisait en l'Afrique du Sud et en Afrique de l’Est. Désormais, le berceau de l'humanité englobe aussi le Maghreb. «Le plus ancien représentant connu de notre espèce, homo sapiens, vivait il y a environ 315.000 ans au Maroc».
C’est la conclusion à laquelle est arrivée une équipe internationale dirigée par Jean-Jacques Hublin de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig et par Abdelouahed Ben-Ncer de l’Institut national d’archéologie et du patrimoine à Rabat. Pour pouvoir bénéficier d'un tel classement, l'Unesco a défini un certain nombre de critères. Le site doit apporter des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l'histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d'éléments géomorphiques ou physiographiques.

Le site d'Irhoud est bien connu des archéologues. En 1968 déjà, il avait livré le fossile d'un jeune enfant, appelé «Irhoud 3», daté initialement de 40.000 ans puis de 160.000 ans, mais qui semble pourtant plus archaïque que les homo sapiens contemporains. «On a alors émis des hypothèses assez extravagantes», rappelle Jean-Jacques Hublin. 





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