Après 33 ans d'absence

Le Maroc rentre à l’Union africaine par la grande porte

Abdelwahed Rmiche,LE MATIN
31 Juillet 2017
Le-Maroc-rentre-a-lUnion-africaine-.jpg 31 janvier 2017 : S.M. le Roi Mohammed VI a prononcé un discours historique devant le 28e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.Ph. MAP

Soutenu par une majorité écrasante de pays frères et amis, le Maroc est rentré à l’Union africaine par la grande porte. Ce retour, attendu depuis fort longtemps, donnera incontestablement un nouvel élan à l’organisation panafricaine et injectera du sang neuf dans ses rouages. Car fort de son leadership régional, de son ouverture sur le monde, de son expertise dans de nombreux domaines, le Maroc offrira à l’Union africaine la possibilité d’avoir en son sein un membre doté d’une vision novatrice et d’un modèle avant-gardiste de développement du continent.

Le Maroc a retrouvé officiellement son siège au sein de l’Union africaine lundi 30 janvier 2017. C’était lors du 28e Sommet de l’Union tenue à Addis-Abeba. De ce fait, ce sommet a marqué un tournant historique dans la vie de l’organisation panafricaine. Ainsi, après plus de 33 ans d’absence, le Royaume a retrouvé sa place naturelle au sein de sa famille institutionnelle. Il est revenu par la grande porte, comme en témoigne l'accueil chaleureux qui lui a été réservé. En réintégrant l’Union africaine, le Maroc n’a fait que sceller juridiquement une réalité déjà existante. Car le Royaume a, certes, claqué la porte de l’OUA (Organisation de l’Unité africaine, ancêtre de l’UA) en 1984, mais il n’a jamais quitté l’Afrique. Tant s’en faut. Son engagement pour le développement du contient et son soutien pour son développement socioéconomique n’ont fait que se renforcer au fil des années. Et le Royaume, qui a érigé la coopération Sud-Sud, notamment avec les pays du continent, en axe majeur de sa diplomatie, ne pouvait rester indéfiniment en dehors de sa famille institutionnelle africaine.

Le Souverain, dans un discours prononcé devant le 28e Sommet de l'UA, qui a eu lieu dans la capitale éthiopienne, l’a si bien souligné : «Malgré les années où nous étions absents des instances de l’Union africaine, nos liens, jamais rompus, sont restés puissants, et les pays africains frères ont toujours pu compter sur nous. Des relations bilatérales fortes ont ainsi été développées de manière significative. Depuis l’an 2000, le Maroc a conclu, dans différents domaines de coopération, près d’un millier d’accords avec les pays africains. À titre de comparaison, savez-vous qu’entre 1956 et 1999, 515 accords avaient été signés, alors que depuis 2000, il y en a eu 949, c’est-à-dire près du double ? Pendant ces années, J’ai Moi-même souhaité donner une impulsion concrète à ces actions, en multipliant les visites dans les différentes sous-régions du continent. Au cours de chacune des 46 visites, que J’ai effectuées dans 25 pays africains, de nombreux accords dans les secteurs public et privé ont été signés».

Avec ce retour au sein de l’UA, le Royaume, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, apporte la pertinence de sa vision et la force de son modèle à cette organisation qui fait face aujourd’hui à des défis de taille, comme le terrorisme, la gestion des flux migratoires, la sécurité alimentaire, le développement humain et le renforcement des institutions démocratiques. Véritable percée diplomatique au sein d’une organisation qui s’est souvent montrée peu regardante quant aux intérêts du Maroc, ce retour a été aussitôt salué par les pays amis, mais aussi par les plus grandes capitales occidentales. Tous y ont vu un pas dans le bon sens et une démarche de nature à renforcer la cohésion et la stabilité en Afrique et de consolider les liens de solidarité et de coopération entre ses pays.
Les États-Unis d’Amérique ont tenu ainsi à féliciter le Royaume pour son retour au sein de l’Union africaine et ont salué, à ce propos, le «fort leadership» de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Dans sa réaction officielle, le Département d’État américain a estimé que «le fort leadership du Roi Mohammed VI et le gouvernement du Maroc ont permis au Royaume de retrouver la place qui lui revient de plein droit au sein de la famille institutionnelle du continent africain». Il a ajouté que «le retour du Maroc à l’Union africaine contribuera positivement à davantage d’intégration économique, politique et sociale en Afrique, ainsi qu’à la stabilité et la sécurité du continent». Pour sa part, la France a salué, le retour «historique» du Royaume du Maroc au sein de l’Union africaine, «où il a toute sa place». «Il s'agit d’une étape majeure dans la voie de l’unité, de la stabilité et du développement du continent africain», a souligné le Quai d'Orsay dans une déclaration rendue publique. De son côté, l’Espagne a souligné que le retour du Maroc au sein de l’Union africaine permettra au Royaume de jouer le rôle qui a toujours été le sien dans le développement de l'Afrique. Son ministre espagnol des Affaires étrangères et de la coopération, Alfonso Dastis, a affirmé que «Vu son importance, le Maroc, qui a retrouvé l’Union africaine, peut jouer le rôle qui lui incombe dans le développement du continent africain». Il a précisé que son pays «veut travailler avec le Maroc pour renforcer sa présence en Afrique, le continent de l’avenir».

Le Brésil, tout en félicitant le Royaume pour son retour à cette organisation continentale, a estimé que ce retour est à même de renforcer le dialogue et la coopération entre les pays africains. Le ministère brésilien des Affaires étrangères se dit convaincu que «la participation du Maroc au sein de l'Union africaine contribuera au renforcement du dialogue et des liens de coopération qui unissent la communauté des pays africains». Le Japon a tenu lui aussi à féliciter le Maroc, affirmant que le Royaume est un «partenaire important pour la stabilité et la prospérité de l'Afrique» et au sein de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad). Le Parlement centraméricain (Parlacen) a félicité l'Union africaine et les États membres pour le «vote historique» en faveur du retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine. «Nous félicitons les États membres de l’Union africaine pour le vote historique dans le cadre du 28e Sommet, le 30 janvier dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, qui a permis les retrouvailles du Maroc avec l’organisation panafricaine et les États membres», a indiqué le Parlacen dans un communiqué publié sur son site électronique, soulignant que le Royaume et les pays de l’Union africaine sont liés «par une histoire commune, des relations politiques fortes, des intérêts économiques solides et des liens culturels étroits». 





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