Marrakech

Le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau ouvrira bientôt ses portes

Mokhtar Grioute,LE MATIN
14 Avril 2017
structure-museographique-.jpg Cette structure muséographique a été érigée dans l’optique de relever les dimensions spirituelles de l’eau.

Le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau au Maroc – Aman de Marrakech, inauguré en janvier dernier par S.A.R. le Prince Héritier Moulay El Hassan, ouvrira ses portes au public le 2 mai prochain.

Véritable joyau architectural niché dans la Palmeraie, cette structure muséographique se propose de faire découvrir le génie marocain dans le domaine de la gestion de l’eau et de mettre en valeur le patrimoine hydraulique national comme un référent en la matière au niveau mondial. Réalisé par le ministère des Habous et des affaires islamiques, ce musée de nouvelle génération, réalisé moyennant un montant global de 163 millions de DH, vient conforter la place de Marrakech en tant que cité qui doit son essor au savoir-faire millénaire des populations locales en matière de gestion de l’eau. Il est également de nature à renforcer la prise de conscience et le changement du comportement humain vis-à-vis de la protection et de la gestion durable des ressources en eau. Lors d’une conférence de presse organisée le 13 avril pour annoncer son ouverture, le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a souligné que ce nouveau-né illustre de la plus belle manière la relation et le rôle historique des Habous dans la régie de l’eau, dans la mesure où leurs droits sur l’eau étaient en vigueur jusqu’au début du vingtième siècle. «Cette structure muséographique a été érigée dans l’optique de relever les dimensions spirituelles de l’eau, de rendre hommage à l’œuvre grandiose de feu S.M. Hassan II, de saluer la politique hydraulique de S.M. le Roi Mohammed VI, de signaler les usages hygiéniques et rituels de l’eau et de rappeler ceux économiques et techniques traditionnels de cette denrée précieuse», a-t-il indiqué.

Symbolisant la richesse de notre civilisation et de notre culture, le musée a également pour vocation de faire connaître le patrimoine juridique et de négociation dans le domaine de l’eau et de présenter les croyances et les inspirations traditionnelles liées à cette matière rarissime, a ajouté le ministre. Outre ses dimensions historique, scientifique, civilisationnelle, spirituelle et culturelle, cette institution se veut aussi une plateforme pédagogique destinée à la communauté estudiantine, a fait observer Ahmed Toufiq. Et de faire remarquer que le grand public aura non seulement l’occasion de prendre connaissance de la thématique de l’eau dans ses différentes facettes, mais également de découvrir le génie des Marocains et d’apprécier à leur juste valeur les décors de deux fontaines miniatures que sont celles d’Al-Qaraouiyine de Fès et «Chroub ou Chouf» (Bois et regarde) de la médina de Marrakech, datant du seizième siècle et classée patrimoine mondial par l’Unesco en 1985.

Dans le même ordre d’idées, le président fondateur de la société «Couleurs Com» en charge de la gestion du projet, Youssef Mouhyi, a relevé que cette structure, considérée comme le plus grand musée traitant de la thématique de l’eau en Afrique, s’insère dans la nouvelle vision du Royaume tendant à investir l’immense gisement des industries culturelles et créatives. Couvrant une superficie de cinq hectares, le musée comporte deux parties : le bâtiment et le projet du parc. Érigé sur 2.000 m², le bâtiment comprend un auditorium, une cafeteria, une librairie-boutique et la tour de l’exposition permanente. Celle-ci est aménagée sur trois niveaux et offre quatre axes distincts que sont l’eau et la science, l’eau et l’homme à travers l’histoire, les réalisations hydrauliques contemporaines du Royaume et les défis et nouvelles technologies relatives à l’eau. S’étalant sur trois hectares, le projet du parc se veut une revitalisation du paysage de la Palmeraie de par son parcours qui invite le visiteur à découvrir les techniques ancestrales d’utilisation des terres et de l’eau, ainsi que des productions vivantes du patrimoine hydraulique. Scénographies, maquettes, cartes, photos, documents manuscrits et supports audiovisuels constituent, entre autres, la véritable ossature de cette structure muséographique.

Il convient de signaler que ce projet grandiose a bénéficié du partenariat de l’Agence allemande de coopération internationale, dans le cadre du Fonds d’appui à la bonne gouvernance dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement.





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