Habib El Malki déterminé à en finir avec «le tourisme parlementaire»

Le président de la Chambre des représentants décline sa nouvelle feuille de route pour réhabiliter l’institution législative

Yousra Amrani,LE MATIN
11 Aout 2017

Le président de la Chambre des représentants a dévoilé vendredi sa nouvelle feuille de route pour réhabiliter l’institution législative. Habib El Malki s’est dit déterminé à prendre le taureau par les cornes pour corriger les insuffisances qui entachent la réputation du Parlement. Souffrant d’un déficit d’image chronique, les représentants de la Nation sont mal perçus, à juste titre, par de larges catégories de l’opinion publique (absentéisme, manque de réactivité, médiocrité de la production législative...). Pour les pousser à s’amender, M. El Malki promet que les absents seront ponctionnés et que le «tourisme parlementaire» sera banni. En matière de contrôle, il entend renforcer le rôle de la Chambre. Un mécanisme vient d’être mis en place pour suivre les engagements pris par les ministres et les hauts responsables dans l’hémicycle.

La chasse aux députés absents est désormais lancée. Le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, a annoncé son intention de prendre ce dossier à bras le corps. «Le bureau de la Chambre a déjà entamé la procédure de sanction. Les parlementaires qui s’absentent seront avertis trois fois avant que le bureau de la Chambre ne procède à des ponctions sur leurs indemnités, conformément aux dispositions du règlement intérieur et pour garantir une meilleure efficience. Le bureau collabore avec les différents groupes parlementaires dans ce sens», a affirmé M. El Malki lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier au sein de la Chambre des représentants pour présenter le bilan de la session parlementaire. Le président de la première Chambre a tenu toutefois à faire savoir que le taux de présence et d’assiduité est en nette amélioration par rapport aux sessions précédentes. «Il existe certes certaines absences, mais nous ne pouvons pas aller jusqu’à qualifier cette session de la “session des absences” comme le disent certains», a-t-il souligné.

Par ailleurs, tout en se félicitant du bilan «plutôt positif» en termes de travail législatif réalisé grâce à une bonne collaboration entre les pouvoirs exécutif et législatif, M. El Malki a rappelé quelques-uns des défis qui restent à relever, notamment l’amélioration de l’image du Parlement auprès des citoyens. Pour ce faire, l’institution législative table sur la lutte contre l’absentéisme, l’amélioration de la qualité des textes qui lui sont soumis et le renforcement du contrôle de l’action gouvernementale. Dans ce cadre, M. El Malki a annoncé la mise en place d’un instrument de suivi des engagements pris par les ministres dans l’hémicycle afin d’évaluer dans quelle mesure ils ont été respectés. «Pour améliorer l’image du Parlement, il faudra d’abord veiller à ce que les hauts responsables, qu’ils soient des ministres ou des présidents de différentes institutions, honorent leurs engagements pris au sein du Parlement», indique M. El Malki, précisant que ce nouvel instrument de suivi et d’évaluation sera créé au niveau de chaque commission permanente.

La rupture avec l’image d’un Parlement nonchalant et peu productif semble donc être une priorité pour le nouveau président de la première Chambre. Et pour commencer, M. El Malki veut s’attaquer aux pratiques qui ternissent l’image de cette prestigieuse institution, notamment «le tourisme parlementaire» (allusion aux déplacements des députés à l'étranger pour défendre les intérêts supérieurs du pays, mais qui ne servent en fin de compte qu'à effectuer des tournées touristiques). Il annonce à cet égard avoir réussi à mettre fin à ces pratiques. «Le Parlement dispose désormais d’une jeune génération de parlementaires dont 67,5% ne dépassent pas l’âge de 51 ans et 75% d'entre eux ont un niveau universitaire. Ces jeunes sont prêts à défendre la cause nationale dans les différents Parlements du monde. Je rappelle à ce titre que notre Parlement a pu créer des groupes parlementaires d’amitié dans pas moins de 140 institutions législatives. Nous avons également pu renforcer les instruments de la diplomatie parlementaire», fait remarquer le même responsable.

Sur le même registre, M. El Malki a rappelé que l’hémicycle demeure un instrument pour gérer les différences et absorber toutes les tensions de différentes natures. Il a appelé dans ce sens les parlementaires à rester à l’écoute des citoyens, à répondre à leurs attentes et à formuler des propositions de loi à même de répondre à leurs doléances. Abordant le volet relatif au renforcement des instruments de production des propositions de loi, M. El Malki a indiqué qu’une réunion s’est tenue dans ce sens avec le Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, afin d’examiner cette question. Ainsi, une commission mixte a été mise en place pour suivre les initiatives législatives et accompagner les propositions de loi les plus importantes.





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