Refonte du Code des assurances

Pas de salut sans la révolution digitale !

Lahcen Oudoud,LE MATIN
19 Avril 2017
Refonte-du-Code-des-assurances.jpg Hassan Boubrik provoque les professionnels, en évoquant le scénario où l’on aura des services de l’assurance, sans assureurs ! Ph. Seddik

Le marché des assurances fait face à une invasion du digital qui risque de le bouleverser profondément et de faire bouger les positions bien établies. Cette menace peut, toutefois, être transformée en opportunité de développement. Le régulateur du secteur pousse les professionnels à se mettre au digital, en leur faisant miroiter tous ses bienfaits. Mais attention aux périls encourus !

Le digital frappe à la porte des assureurs. Il s’annonce comme une réelle menace, que les professionnels peuvent toutefois apprivoiser et transformer en opportunité pour permettre au secteur d’accéder à un nouveau palier de développement. C’est le message qui revenait tout au long de la matinée d’hier lors de la première série des travaux de la 4e édition du Rendez-vous de Casablanca de l'assurance, tenue autour du thème «Réinventer l’expérience client à l’ère du digital». L’enjeu est tel pour l’avenir du secteur que son régulateur a annoncé son intention de prendre en charge cette question, en programmant une réflexion profonde avec la profession pour une refonte du Code des assurances qui prenne en compte ce défi digital.

Et pour cause ! «Le Code des assurances a été pensé dans les années 1990 et est imprégné de la période d’assainissement où le secteur connaissait des difficultés. Depuis, plus de 20 années se sont écoulées et je pense que le monde a radicalement changé», a déclaré au «Matin-Éco» Hassan Boubrik, président de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS). «Nous devons revoir ce code et essayer d’imaginer un nouveau cadre réglementaire qui nous permettra de vraiment profiter du potentiel de développement du secteur sur les 15 ou 20 prochaines années», ajoute-t-il, en citant, entre autres défis à relever, le digital.

D’ailleurs, le président de l’ACAPS dit préférer parler de révolution numérique pour ressortir l’ampleur de cette transformation en cours qui induira plusieurs conséquences. Il s’agit, entre autres, selon le régulateur du secteur, de «changements majeurs» en termes de gain de productivité, «reconfiguration» ou carrément «éclatement» de la chaine de valeur et d'un impact sur les conditions du marché et les marges.
Cette invasion du digital pose aussi des problèmes au niveau de la responsabilité (comme pour le cas des voitures connectées), du cyber-risque, la désintermédiation avec la blockchain et les smart contracts (programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés).

Pour sensibiliser les professionnels au sérieux de cette menace, Hassan Boubrik a évoqué le scénario où l’on aura des services de l’assurance, sans assureurs ! (à l’instar de ce qu’avançait Bill Gates à propos des services bancaires sans banquiers). Tout en affirmant qu’il ne voit pas ce scénario venir, il leur suggère de s’inspirer des modèles réussis d’intégration du digital, dont celui du Kenya.

La profession semble avoir commencé à prendre conscience de la nécessité de ce virage, avec des offres qui permettent au client de signer un contrat d’assurance en ligne. Mais, encore faut-il consentir davantage d’efforts notamment en termes de simplification, de communication et de pédagogie, selon Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR).





4e édition du Rendez-vous de Casablanca de l'assurance : déclaration de Hassan Boubrik

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