Festival Mawazine, rythmes du monde

Site du Chellah : Le Maloya dans la peau de Saodaj’ de la Réunion

,LE MATIN
21 Mai 2017
Site-du-Chellah.jpg Ph. Kartouch

Le projet «D’île en île» du Chellah a célébré plusieurs îles, notamment celle de La Réunion d’où est venu le groupe Saodaj’. Un beau métissage de chants et de sons qui ont séduit le public fidèle du site du Chellah. En langue créole et parfois en français, ils forment une fusion vocale des plus magnifiques, tout en jouant, à tour de rôle, avec des instruments traditionnels locaux qu’ils maîtrisent parfaitement malgré leur jeune âge. Même en langue créole qu’on ne comprenait pas, on sent que leurs chansons sont d’une grande sensibilité poétique, dégageant une émotion incroyable. Une manière de sauvegarder ce patrimoine ancestral pour ce groupe né en 2011 à l’initiative de Marie Lanfroy. «À un moment donné, j’avais envie de faire de la musique. Au conservatoire, je faisais des chants lyriques qui ne me convenaient pas parce que je les trouvais très classiques. Après quelques essais avec d’autres musiciens, le groupe Saodaj’ a tenu.

On a décidé de travailler le Maloya qui est une chanson traditionnelle de La Réunion racontant son histoire. Bien sûr, il y a de grands emblèmes du Maloya. Mais nous, on fait du Maloya qui s’émancipe, tout en interprétant d’autres styles. Nous avons un groupe diversifié et chacun apporte sa petite connaissance et son talent. Nous avons déjà un premier Album paru en 2014 et nous sommes en train de réaliser un autre pour 2018», souligne Marie Lanfroy, chanteuse et percussionniste, qui, aux côtés de ses collègues, a animé un beau concert, avec des voix des plus perfectionnées, en offrant au public plusieurs chansons des maîtres du Maloya, racontant la vie, tout en faisant passer des messages. Une belle surprise a été aussi la chanson très réputée qu’ils ont interprétée en arabe «Lamma Bada Yatassanna». Un moment très fort de communion que le public a énormément apprécié. «Je connais ce groupe depuis un bout de temps, puisque nous sommes musiciens dans l’île de La Réunion. C’est une chance de l’intégrer, puisqu’on est d’abord des amis et nous avons beaucoup d’affinités musicales.

On a des facilités à créer ensemble et des thématiques de chansons qui se croisent. J’aime la musique qu’on chante, je sens qu’elle me parle et qu’elle fait partie de moi. Elle ressemble à celle des Gospels, elle est très profonde et puissante ; avec les tambours, elle peut mener à la transe», précise la chanteuse et percussionniste Mélanie Bourire qui fait partie de ce groupe emblématique de la nouvelle génération d’artistes ayant repris le flambeau du brûlant Maloya. Cette formation qui place les voix cristallines de ses membres et l’impétueux rythme ternaire ilien dans le grand concert des musiques mondiales. Le jeune quintet voyageur, nourri d’influences australes, ouest-africaines et européennes, surprend par la maturité de sa fusion acoustique, fidèle à son histoire et à ses ancêtres, tout en étant ouvert aux hybridations. Le groupe a été lauréat des Voix de l’océan Indien, catégorie «meilleur groupe musiques du monde 2015». Il n’arrête pas de tourner dans le monde. Cet été, il a un agenda très chargé à travers la France en plusieurs dates, la Suisse, l’Italie et bien d’autres pays. 





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