Afin de promouvoir l’entrepreneuriat féminin

L’accompagnement par les incubateurs

,LE MATIN
08 Mars 2012
entrepreneuriat-feminin.jpg 3 entreprises sur 5 meurent 3 ans après leur création, d’où les incubateurs. Ici celui de Casablanca.

● Ce mardi 6 mars a vu la signature d’une convention entre l’Association des femmes-chefs d’entreprise du Maroc (AFEM) et la fondation «Création d’Entreprise» du groupe Banque populaire visant la création d’un nouvel incubateur pour les femmes-chefs d’entreprises.
● Ce dernier offre à ces futures «entrepreneuses» une assistance technique et vient s’ajouter à ceux de Casablanca, d’El-Jadida et de Fès.

«Créer un environnement favorable pour la création d’entreprise au Maroc en intégrant l’approche Genre» telle est l’objectif d’un incubateur pour les femmes-chefs d’entreprise. «Les statistiques montrent que la création au féminine est infime, et que le taux de mortalité des jeunes firmes est trop élevé. De plus, les femmes subissent également, des contraintes pour l’accès au marché. D’après les statistiques, 3 entreprises sur 5 meurent trois ans après leur création», affirme l’AFEM sur son site Internet. Afin de surmonter cet obstacle, l’idée est née de créer un incubateur pour mettre un terme à la solitude de l’entrepreneur, lui permettre de créer des réseaux et de partager son expérience avec les autres.

Le dernier en date a été mis sur pied à la suite de la convention entre l’AFEM et la fondation «Création d’Entreprise» du groupe Banque populaire, signée mardi 6 mars, par le secrétaire général de la fondation «Création d’Entreprise» du groupe Banque populaire, Abdelhaq El Marsli, et la présidente nationale de l’AFEM, Souraya Fatma-Badraoui. Cette convention a pour objectif d’assurer l’accompagnement et la mise en place d’entreprises dirigées par des femmes porteuses de projets innovants, promouvoir l’incubateur de l’AFEM à Rabat et offrir conjointement aux jeunes femmes porteuses de projets l’appui et l’accompagnement pour la création de leurs entreprises pendant 18 mois.

«Concrètement un incubateur est un espace équipé en matériels informatiques, qui met à la disposition des femmes sélectionnées un assistant», explique Rachida El Jaâfari, coordinatrice régionale de l’AFEM qui souligne que c’est l’Université de Rabat-Souissi qui met à la disposition de l’Association un local pour les femmes-chefs d’entreprise. Les candidates sont sélectionnées, après un appel à candidature auprès des universités et écoles. L’étude des projets est assurée par un jury composé des membres de l’AFEM et différents partenaires comme le Centre régional de l’investissement, Maroc Entreprendre ou encore l’ANPE.

55 entreprises créées grâce aux incubateurs

Ce nouvel incubateur comporte une logistique matérielle adaptée aux besoins des sociétés incubées et offre un accompagnement personnalisé, des cycles de formation spécifiques et génériques dans les différentes techniques managériales afin de renforcer les capacités de gestion, du Networking ainsi qu’un programme de Mentoring par lequel des femmes, chefs d’entreprises seniors prennent sous leurs ailes des femmes-chefs d’entreprises juniors. Soutenue par la fondation «Création d’Entreprise», l’AFEM, fidèle à son credo «développer l’entrepreneuriat féminin», met à disposition des créatrices de projets innovants un appui et un accompagnement technique avec une équipe d’experts et de conseillers techniques qui les assisteront dans les phases de pré-création et post-création de leurs entreprises.

De ce fait, «ces femmes bénéficient des bases de données des anciennes bénéficiaires, des clients et des fournisseurs. Après les 18 mois de formation, ces femmes créent leurs entreprises et deviennent membres à leur tour de l’AFEM», poursuit la même source. L’incubateur de Rabat vient s’ajouter à celui de Casablanca, crée en 2006, qui a donné l’occasion à plus de 55 femmes de créer leurs entreprises. Celui d’El-Jadida a été crée en 2011 et celui de Fès il y a seulement une quinzaine de jours. Un encouragement à la création qui ne s’arrête pas là puisque le projet de créations de telles structures est d’ores et déjà lancé à Tanger et un autre à Marrakech. 


Avis du spécialiste : Abdelhaq El Marsli, SG de la fondation «Création d’Entreprise»

«La place de la femme prend de l’envergure»

Comment est né le partenariat entre la fondation «Création d’entreprise» et l’AFEM ?
Le partenariat ne date pas d’aujourd’hui, mais de 2005, année lors de laquelle nous avons décidé de constituer un Comité régional pour la création d’entreprises à Casablanca. À l’époque, l’AFEM n’existait qu’à Casablanca par des appels à projets à travers les régions du Maroc. L’occasion se présenta quelques années plus tard et on a mis nos moyens en commun pour le lancement de la pépinière de Casablanca inspirée du concept parisien.

Les incubateurs de Casablanca et El-Jadida ont-ils donné les résultats escomptés ?
Bien entendu, il y a un certain nombre d’incubées qui ont pu concrétiser leurs projets. Mais le résultat est satisfaisant et ce n’est pas parce que des projets naissent dans une région qu’ils doivent y rester confinés. Je peux citer comme exemple Chaibia Belghzioui qui a rayonné en matière de sécurité et surveillance. Aujourd’hui, elle est en train d’œuvrer au niveau des collectivités locales de Tanger-Tétouan après avoir suivi sa formation à Casablanca. Dans un souci d’amélioration, nous avons profité d’une offre internationale à travers l’agence ACIM (Agence internationale de développement local en Méditerranée) qui fait bénéficier les formateurs des incubateurs d’une formation pointue. Plus de 55 femmes ont créé leur entreprise à Casablanca depuis 2007, une dizaine à El-Jadida. C’est prometteur.

Est-ce que les femmes sont présentes en force dans le monde de la création d’entreprise au Maroc ?
Sur les 1400 entreprises, nous avons remarqué que la part d’entrepreneuriat féminin est de plus en plus croissante. Il y a, certes, quelques disparités entre les régions puisqu’au niveau d’El-Jadida et Souss Massa-Draa, le taux est important contrairement à certaines régions comme Oujda ou Nador où le conservatisme fait que cette part est moins importante. Mais en règle générale, la place de la femme dans la création d’entreprises tend à évoluer et à prendre de l’envergure.





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