Conjoncture

La consommation des ménages en hausse

,LE MATIN
26 Mars 2012
La-consommation-des-menages.jpg La consommation des ménages est dopée par l’amélioration des revenus.

● Malgré un certain ralentissement de l’activité économique, la consommation des ménages repart de plus belle.

Les Marocains consomment toujours bien et continuent à avoir recours au crédit pour financer leurs achats, même pendant des périodes économiquement peu florissantes. En effet, quoiqu’on décèle de temps en temps des petites fluctuations ponctuelles dans les chiffres relatifs à l’octroi des crédits aux ménages, la tendance sur une période plus longue est toujours à la hausse. Ainsi, malgré un certain ralentissement de l’activité économique, notamment organisée, la consommation des ménages repart de plus belle, comme le mettent en évidence les derniers chiffres à ce sujet.

D’après le ministère des Finances, au moment où les autres catégories de crédits bancaires ralentissent ou carrément baissent, les crédits à la consommation ont augmenté de 11,5% au cours du premier mois de cette année, alors qu’ils n’avaient évolué que de 7,9% à fin janvier 2011. Cette dynamique de la consommation des ménages est également mise en relief par l’accroissement des recettes de la TVA intérieure ce qui fait de la consommation des ménages le principal moteur de la croissance économique. D’après le ministère des Finances, «dans ce contexte peu porteur, la demande intérieure continue d’être le principal pilier de la croissance économique nationale». La consommation des ménages s’est bien accrue, tirant profit d’une maîtrise de l’inflation et d’une amélioration des revenus des ménages, en rapport, notamment, avec l’évolution positive de l’encours des crédits à la consommation et des recettes des MRE en plus de l’effet positif des augmentations salariales entreprises dans le cadre du dialogue social, a-t-on expliqué.

S’agissant de l’inflation, selon le Haut commissariat au Plan (HCP), l’Indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré une augmentation mensuelle de 0,3% en février 2012, après celle de 0,2% observée un mois auparavant. Cette évolution émane essentiellement de la hausse de 2,1% des prix des produits alimentaires volatils, en particulier les poissons frais et les volailles.
Les hausses des produits alimentaires observées entre janvier et février 2012 concernent principalement les céréales, les poissons et fruits de mer, le café, le thé, le cacao, les fruits et les viandes. En revanche, les prix des légumes ont baissé.

Les hausses les plus importantes de l’IPC ont été enregistrées à Béni Mellal, Casablanca et à Dakhla. Par contre, des baisses ont été observées dans certaines villes notamment à Marrakech, Laâyoune, Agadir et Al-Hoceima.
Dans ces conditions, l’indicateur d’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatiles et les produits à tarifs publics, a connu au cours du mois de février dernier une hausse de 0,4% par rapport au mois précédent et de 1,3% par rapport au mois de février de l’année dernière. Pour l’inflation sous-jacente calculée par Bank Al-Maghrib, elle s’est établie à 0% après 0,1% au cours du mois précédent.

Cette hausse mensuelle de l’IPC n’a toutefois pas empêché l’inflation de ralentir sur un rythme annuel. Cette dernière est passée de 0,9% en janvier à 0,4% en février, ramenant sa moyenne à 0,6% sur les deux premiers mois de l’année, selon la banque centrale. Par principales composantes, cette évolution récente s’explique par la baisse plus accentuée des prix des produits alimentaires volatils et le léger ralentissement de l’inflation sous-jacente. 



La demande intérieure en hausse

Selon le HCP, la demande intérieure devrait continuer de tirer la croissance économique nationale vers le haut cette année. La consommation des ménages progresserait de 5% en volume, celle des administrations publiques de 2% et la Formation brute de capital fixe (FBCF), qui reflète les investissements des entreprises, de 6%. Ce qui permettrait à la demande intérieure de renforcer sa contribution, devant passer de 4,8 points en 2011 à 5,4 points de croissance en 2012, en continuant à mettre à profit le soutien budgétaire des prix à la consommation. Pour l’inflation, elle devrait se situer à près de 2,1% au lieu de 1,3% en 2011.

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