Exposition

Saâd Ben Cheffaj, un vétéran de l’art contemporain

,LE MATIN
26 Novembre 2012
Exposition.jpg Loin de toute nostalgie, l’artiste a toujours soutenu que ce qu’il peignait puise ses racines dans le présent.

Jusqu’au 29 novembre, l’artiste-peintre Saâd Ben Cheffaj sera exposé au sein de la galerie d’art l’Atelier 21, et ce, pour le plus grand plaisir des aficionados de l’art contemporain atypique. Une exposition qui intervient dans le cadre de la parution récente d’une monographie de cet artiste incontournable. Une valeur sûre de l’art contemporain marocain et du monde arabe.

L’exposition rend hommage à une figure incontournable de l’art moderne au Maroc et à l’un des plus prestigieux représentants de la peinture dans le monde arabe. En plus d’un demi-siècle ininterrompu de pratique de la peinture, Saâd Ben Cheffaj a acquis une maîtrise, rarement égalée, de son art. Sa première exposition remonte à 1956 et, depuis, il n’a jamais cessé de peindre des tableaux. «Il a connu plusieurs périodes (figuration, expressionnisme, néoréalisme, abstraction), avant d’aboutir à cette peinture terreuse, à l’éclat sombre, qui caractérise ses derniers travaux. Un peintre, fort d’un demi-siècle d’intimité avec la peinture, peut presque peindre les yeux fermés. Il va, en tout cas, au-delà de la seule perception par la rétine», expliquent les responsables de cette exposition.

C’est donc un artiste à la capacité de renouvellement éblouissante qui est révélé, encore une fois, au public, et qui continue d’émerveiller l’œil et l’esprit par une œuvre qui occupe une place à part dans l’histoire de la peinture au Maroc. Imprégnées de mythologie gréco-romaine, les peintures de cet artiste laissent toujours voir des figures de personnages fruit de son imagination entre rêves et réalité. C’est d’ailleurs le seul peintre marocain qui a ce penchant pour faire valoir la mythologie au cœur de ce qu’il peint. Saâd Ben Cheffaj est à ce titre inimitable dans sa façon de voir l’art, à la fois originale et en même temps profondément ancrée dans l’histoire. Loin de toute nostalgie, l’artiste a toujours soutenu que ce qu’il peignait puise ses racines dans le présent, «ce n’est pas du passé, c’est au contraire très actuel». Il maintient que la mythologie est partout dans la rue et rêve toujours d’Europe, d’Athéna, de danses crétoises… des thèmes qu’il reprend, d’ailleurs, sans cesse dans ses toiles, nous apprend le critique d’art Aziz Daki sur ce vétéran de la peinture marocaine. Né le 16 janvier 1939 à Tétouan, Ben Cheffaj fait partie des premiers Marocains qui ont reçu une formation académique en peinture.

Après des études, en 1957, à l’École des beaux-arts de Séville, il a suivi des cours d’histoire de l’art à l’École du Louvre à Paris. Il est ensuite revenu en Espagne pour décrocher, en 1962, le diplôme de professeur à l’École supérieure des beaux-arts «Santa Isabel de Hungria» de Séville. En 1965, Ben Cheffaj est rentré au Maroc pour enseigner l’histoire de l’art, le dessin et la peinture à l’École des beaux-arts de Tétouan.



Un équilibre entre le geste et la peinture…

C’est ce qu’on peut voir dans les créations artistiques de l’artiste-peintre Saâd Ben Cheffaj. À travers les différents titres de ces tableaux, que ce soit «Le Rapt d’Europe», «La Déesse de la fertilité»… autant de titres révélateurs nous renvoient vers un passé très lointain revisité par l’inspiration actuelle de l’artiste. Il nous rappelle néanmoins qu’il n’est pas que «le peintre de la mythologie». Cette dernière n’est, en effet, qu’un prétexte pour porter (sa) peinture marocaine au-delà des frontières. Un grand peintre, bien de chez nous, qui n’a pas peur d’aller redécouvrir le passé tout en restant dans un présent bien réel…

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