Journée mondiale de la femme

Une pensée aux séropositives

,LE MATIN
02 Mars 2012
sante.jpg 500 nouveaux cas détectés en 2011.

L’Organisation panafricaine pour la lutte contre le sida (OPALS) célèbre cette année la Journée mondiale de la femme sur le thème «Préservatif féminin, un moyen de prévention et de planification familiale».

La journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année est une occasion pour rendre hommage à la gent féminine, promouvoir leurs droits, rappeler leurs exploits… Toutefois, il ne faut pas oublier les femmes qui souffrent de maladie en particulier celles qui souffrent de maladies graves telles que le sida.  Dans ce cadre, l’Organisation panafricaine pour la lutte contre le sida (OPALS) célèbre cette journée sur le thème « Préservatif féminin, un moyen de prévention et de planification familiale », lundi prochain à Rabat.

Ce sera l’occasion de révéler une étude faite par l’OPALS sur l’utilisation du préservatif féminin chez les travailleuses de sexe dans le but de sensibiliser le public sur ce moyen de protection et le commercialiser au Maroc. « Parmi les raisons qui nous ont poussés à faire cette étude est que nous avons constaté que plus de la moitié des travailleuses de sexe ne se protègent pas. Elles ne peuvent exiger le préservatif masculin à leurs clients qui le refusent catégoriquement. Pourtant, la femme marocaine a le droit à la prévention», affirme Azzouz Etoutssi, psychosociologue de l’OPALS. « Le préservatif féminin constitue un moyen de protection majeur contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le Sida. Malheureusement, peu de Marocains connaissent ce moyen de prévention. La communication est insuffisante et même si cela fait longtemps qu’il existe, il n’est toujours pas commercialisé dans les pharmacies dans notre pays », ajoute-t-il.


Rappelons que selon les derniers chiffres communiqués par la direction de l’épidémiologie du ministère de la Santé, 6.194 personnes portant le virus VIH (48 % de femmes) ont été recensées depuis 1986 jusqu’à fin octobre 2011 au Maroc, dont 500 nouveaux cas ont été déclarés rien qu’entre le 1er janvier et le 31 octobre 2011. Selon la même source, la transmission sexuelle du sida est largement prédominante à 84 %, ce qui explique la tendance à la concentration du sida parmi les groupes les plus exposés tels que les professionnelles du sexe. Et c’est dans le milieu urbain qu’on a enregistré le taux le plus élevé de transmission, soit 78 % entre janvier 2007 et 31 octobre 2011. Durant la même période, le ministère de la Santé a noté que Souss-Massa-Drâa, Marrakech-Tensift-Al Haouz et le Grand Casablanca sont les régions les plus touchées par l’épidémie avec 27, 19 et 11 % respectivement.


Azzouz Etoutssi, Psychosociologue de l’OPALS

«Au Maroc, une personne vivant avec le VIH doit, en plus de sa maladie, faire face à la discrimination et la stigmatisation de son entourage. Elle se retrouve tout le temps dans la crainte que sa maladie soit révélée, car cette révélation peut engendrer son rejet de la part de son entourage famille, amis, au travail... Une femme séropositive est doublement discriminée, d’abord parce que c’est une personne portant le virus VIH mais aussi parce que c’est une femme.  Elle n’est presque jamais soutenue. Bien au contraire, elle est souvent traitée de prostituée par sa famille et même par son mari qui peut être le responsable de sa contamination. En effet, selon une étude du ministère de la Santé, 24 % des femmes atteintes de sida ont été contaminées par leur mari.De plus, ces femmes vulnérables qui se retrouvent seules et marginalisées sont souvent issues de milieux défavorisés et leur état de santé précaire ne leur permet pas de travailler.





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