Politique de la ville

Lancement des concertations régionales

,LE MATIN
02 Mai 2012
La-ville-tamansourt.jpg Objectif : pallier aux déséquilibres existants et assurer une croissance harmonieuse des grandes villes, des villes moyennes et des centres émergents.

Comme annoncé auparavant par Nabil Benabdellah, la concertation autour de la politique de la ville et de sa mise en œuvre vient d’être lancée. Elle se décline sous forme de forums régionaux s’articulant autour du thème «La politique de la ville: une concertation et une co-construction participative pour une mise en œuvre durable». Une étape a eu lieu hier mercredi 2 mai à Béni Mellal, réunissant les différents intervenants de la région du Tadla-Azilal.

 C’était une occasion pour ces acteurs de donner leur point de vue permettant de mettre en place une vision globale de la stratégie de la politique de la ville et de sa mise en œuvre. A cette occasion, les acteurs ont pointé du doigt les dysfonctionnements et ont présenté les pistes d’amélioration.

A noter que cette manifestation entre dans le cadre des rencontres régionales de concertation, qui sont initiées par le Département de Nabil Benabdellah et qui devront réunir les différents acteurs et parties prenantes (acteurs publics institutionnels, élus, opérateurs privés et société civile). Ces derniers seront amenés à contribuer, par leurs opinions et suggestions, à enrichir la plate-forme du projet de la «Stratégie nationale pour la politique de la ville» qui sera présenté, pour approbation, lors du forum national sur la politique de la ville prévue en juin 2012. Selon le ministère, «ces concertations régionales sur la politique de la ville, qui prendront en considération les différents chantiers et réformes institutionnelles ouverts dans notre pays, en particulier le projet de la régionalisation avancée, visent à mettre à la disposition des acteurs régionaux une vision globale et intégrée de la politique de la ville, en mesure de pallier aux déséquilibres existants et d’assurer une croissance harmonieuse des grandes villes, des villes moyennes et des centres émergents, vu leur rôle central dans le développement humain global et durable».

A noter que cette initiative n’est que la mise en œuvre du programme gouvernemental, dans sa partie concernant le secteur de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, qui a insisté sur la nécessité d’action pour la mise en place d’une approche publique, volontariste et participative de la politique de la ville. «Basée sur la convergence des interventions, cette approche devrait renforcer la capacité d’accueil des zones urbaines et rurales et les rendre beaucoup plus capables, à la fois de produire la richesse et la croissance, ainsi que de garantir l’intégration spatiale et la cohésion sociale, pour un développement humain durable et équitable», précise le ministère de tutelle dans un communiqué.

Mécanismes d’intervention

Pour ce faire, des mécanismes d’intervention et de contrôle seront mis en place pour combiner les programmes et accélérer leur mise en œuvre. Le but est de soutenir le rôle des villes comme centres de création de richesse et de développement de la croissance.
Pour rappel, les villes marocaines, jusqu’à présent, souffrent de plusieurs dysfonctionnements qui freinent leur développement. A ce jour, 25 % à 30 % des citadins habitent dans des quartiers pauvres et sous-équipés, de même que près de 13 % des familles urbaines vivent dans des logements insalubres, soit un total de 556.000 ménages dont 170.000 habitent des bidonvilles, 242.000 résident dans des habitations clandestines et 144.000 sont installés dans des unités menaçant ruine. C’est dire qu’un grand nombre des Marocains vivent dans la précarité. 



Rôle des agences urbaines

Le Maroc veut se doter d’une nouvelle stratégie de la politique de la ville où les agences urbaines devront jouer un rôle primordial. A ce titre, le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville, Mohamed Nabil Benabdellah, a affirmé que la nouvelle action et la méthodologie des Agences urbaines se basent désormais sur l’approche intégrée et participative et la liaison entre la responsabilité et la reddition des comptes, avec les principes de la bonne gouvernance et la consécration de la transparence. C’était à l’occasion de la 4e session du Conseil d’administration de l’Agence urbaine d’Essaouira qui s’est tenue dans cette ville vendredi dernier. Le ministre a, d’ailleurs, souligné que les Agences urbaines doivent aussi adhérer à la mise en œuvre des orientations gouvernementales dans le domaine de l’urbanisme et de la politique de la ville, portant sur la consécration de la politique de proximité et de l’approche participative, outre l’accompagnement des attentes locales et l’adoption du partenariat stratégique dans l’élaboration et la mise en application des projets. Cité par la MAP, Nabil Benabdellah a également relevé que les Agences urbaines sont appelées à promouvoir leur rôle en tant que partenaires privilégiés des collectivités territoriales, dans le cadre de la régionalisation avancée et à capitaliser leurs expériences en vue d’asseoir une harmonisation entre les différentes interventions sectorielles relevant de leur domaine de compétences territoriales, tout en conférant à la dimension spatiale locale la place qui lui échoit dans l’élaboration du plan d’action envisagé par toute Agence. Il a également estimé que la promotion du rôle des Agences et la consécration du choix stratégique inhérent à leurs nouveaux rôles figurent parmi les grandes orientations du plan d’action du ministère, ajoutant que ces Agences doivent mettre en application de manière efficiente de nouveaux projets, dans le cadre la stratégie nationale de la politique de la ville et de la loi relative à l’intégration urbaine et à la cohésion sociale.

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