Provinces du Sud

Dakhla à l’heure de l’intelligence territoriale

,LE MATIN
26 Novembre 2013
heureux-sahara.jpg Vue aérienne de la Ville de Dakhla, la perle du Sud marocain.

Les faits : Dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration de Dakhla, adoptée par les participants de 18 pays, appartenant aux cinq continents du monde à l’occasion de la tenue, les 21 et 22 novembre à Dakhla, de la deuxième Rencontre internationale sur le thème : «Intelligence territoriale et développement régional par l’entreprise, expériences internationales comparées», il a été décidé par les organisateurs de cette rencontre la création de l’Université ouverte de Dakhla.

La convention de partenariat pour la création de l’Université ouverte de Dakhla a été signée entre l’Association internationale francophone d’intelligence économique (AIFIE), l’Association d’études et de recherches pour le développement (AERED), la wilaya d’Oued Eddahab-Lagouira, la région d’Oued Eddahab-Lagouira, le Conseil de la ville de Dakhla et l’Agence du Sud. Cette convention a pour objectifs de contribuer à la promotion des études et des recherches sur les provinces du Sud du Maroc et d’offrir un cadre permanent favorisant l’échange et le débat entre les membres du réseau constitué des participants à la rencontre internationale de Dakhla, élargi à des étudiants, des enseignants, des chercheurs, des experts et des développeurs concernés par les thématiques identifiées par ledit réseau. Elle permet aussi d’approfondir la connaissance des réalités économiques, sociales, culturelles et géostratégiques du continent africain.

Pour rappel, la conférence inaugurale sur les nouvelles générations d’intégration régionale dans un système mondial en recomposition a été animée par Alain Juillet, président de l’Académie française d’intelligence économique, qui a insisté sur le fait qu’il fallait réussir à créer une économie suffisamment forte au niveau local, en créant de la valeur, de la richesse et en améliorant les conditions de vie des populations locales. Dans ce sens, M. Juillet a mis en exergue la pertinence de l'approche adoptée par le Maroc pour réaliser le progrès des provinces du Sud du Maroc, progrès basé notamment sur des analyses approfondies visant à trouver les meilleures solutions de développement pour cette région du Royaume.

À signaler que la rencontre internationale de Dakhla a été plus particulièrement marquée par les interventions de Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur, qui a annoncé la création d’une université ouverte et de Hamid Chabar, wali de la région Oued Eddahab-Lagouira, qui a brossé un tableau très exhaustif du degré de développement socio-économique enregistré dans les provinces Sud. La rencontre de Dakhla a également enregistré avec fierté l’annonce faite par Ahmed Hajji, directeur général de l’Agence pour la promotion et le développement des provinces et préfectures du sud du Royaume, concernant la prochaine création d’un pôle muséal de Dakhla, dédié aux arts et à la culture du Maroc saharien.

Lancé par l’Agence du Sud, en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), l’Office chérifien des phosphates (OCP), le conseil régional d'Oued Eddahab Lagouira, le conseil provincial d'Oued Eddahab et le conseil municipal de Dakhla, avec un concours international d’architecture, ce chantier d’envergure est d’une importance à la fois symbolique, scientifique, urbanistique et économique. En attendant la concrétisation du projet, l’Agence du Sud a édité, pour la circonstance, un ouvrage sur «La baie de Dakhla. Itinérance enchantée entre mer et désert». Ce livre est le dernier né de la collection à l’Agence du Sud, intitulée «Histoire et sociétés du Maroc saharien» et forte déjà de plus de 16 titres.

D’après M. Hajji, «cet ouvrage est un témoignage probant de la passion qui nous lie à Dakhla, nous tous qui sommes au service de ses territoires, de ses femmes et de ses hommes. Il raconte les paysages majestueux, les immensités de l’océan et du désert. Il raconte la baie et la fascination que l’on éprouve à sa découverte. Il raconte la profondeur historique, les temps lointains et déjà opulents du commerce caravanier. Il nous plonge au cœur du Tirs et de ses pâturages légendaires».

À l’issue des travaux, les participants à la rencontre internationale de Dakhla ont lancé la déclaration de Dakhla qui trace le cadre futur de la coopération entre les experts et les institutions en matière d'intelligence économique et territoriale, et ce, au service des entreprises et du développement régional dans leurs pays respectifs.



La déclaration de Dakhla

Les élus, les responsables locaux, régionaux et nationaux, les institutions et les agences de développement, les opérateurs, les représentants des forces vives économiques, scientifiques, culturelles et sociales, les présidents des Associations, les experts académiques et praticiens du développement originaires des cinq continents réunis à Dakhla dans les provinces du sud du Royaume du Maroc les 21 et 22 novembre 2013 ;
Rappellent qu’en 2010 à l’occasion de la Première Rencontre internationale de Dakhla, rencontre fondatrice, les organisateurs et les participants s’étaient engagés :
● à contribuer activement à l’hybridation des réseaux d’experts et de praticiens du développement économique et social, afin de répondre aux défis de la mondialisation dans les champs de l’industrie, de l’artisanat, de la culture et du social par une utilisation créative de l’intelligence prospective ;
● à créer la communauté d’experts et de praticiens réunis à Dakhla comme réseau de savoir et de connaissance susceptible de croître et de se réunir à échéances régulières, afin de poursuivre les échanges, suivre et évaluer les travaux et les projets engagés dans ce cadre.
Constatent que ces objectifs ont été atteints, que la communauté ainsi rassemblée peut être considérée comme un think tank international mobilisable pour traiter des problématiques complexes et opérationnelles selon une vision prospective ;
Reconnaissent que la deuxième édition de cette rencontre internationale, exceptionnelle par sa dimension et par la richesse des talents qu’elle a mobilisés, s’est tenue grâce l’engagement et l’hospitalité des autorités du Royaume du Maroc, rehaussés par le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et a permis :
● d’éclairer le sujet de la dynamique des intégrations régionales et de la prospective des territoires dans la mondialisation, devenu majeur pour les peuples, les sociétés civiles, les organisations et les décideurs de tous les continents ;
● de confirmer la volonté unanime des participants d’envisager un avenir fait de croissance économique nouvelle, de cohésion sociale, de sécurité et de prospérité à travers des dynamiques d’intégration régionale dans «une mondialisation gouvernée» et pensée sur le long terme ;
● de bâtir cet avenir selon une vision fondée sur le droit à un développement humain durable et à la culture, et de le garantir par l’éducation tout au long de la vie et par la gouvernance responsable, au service notamment des jeunes et des femmes, en privilégiant la dynamique d’intégration régionale, qui favorise le développement par la démocratie et la démocratie par le développement.
Soulignent que la mondialisation porte en elle un paradoxe qui s’exprime :
● à travers un accroissement des échanges et une spécialisation plus poussée des économies, notamment des pays émergents, la consolidation de sous-ensembles régionaux illustrés par «des systèmes productifs intégrés» ;
● et en même temps à travers la crise du modèle de croissance qui marque la fin du mythe «de la mondialisation heureuse» et la montée inquiétante d’inégalités sociales.
Constatent par ailleurs que la dynamique de mondialisation se caractérise par une série de «grands basculements» bouleversant les rapports de forces entre économies et modèles de développement. En témoignent le basculement du pouvoir des économies du Nord vers les économies du Sud, l’ascension des pays émergents, le basculement vers un monde «d’hommes abondants» et de «ressources rares» (terres, eau, nourriture…) comme le basculement de la création de richesse vers des productions à hautes valeurs ajoutées.
Reconnaissent que ces «grands basculements» entrainent la recomposition des intégrations et des spécialisations régionales, l’émergence de nouveaux espaces concurrentiels et créent, de ce fait, de nouvelles inégalités internationales de la croissance.
Sont convaincus que les États, du fait de ces bouleversements de dynamiques, sont réhabilités dans leur fonction d’architecte de la sécurité, de la stratégie et

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