Santé

Marche contre la stigmatisation des maladies mentales

,LE MATIN
07 Octobre 2013
Sante.jpg L'association Amali a décidé par cette marche d'aller cette fois au-devant des citoyens pour les sensibiliser aux maladies mentales.

Les faits : C’est une première pour Amali, l’Association marocaine pour l’appui, le lien et l’initiation des familles des personnes souffrant de troubles psychiques. Cette dernière a organisé une marche dimanche pour faire connaître les problèmes de santé mentale

Sortant des sentiers battus, l'association a décidé, cette fois-ci, d’aller chez les gens en pleine voie publique, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale. En ce sens, une marche a été organisée dimanche dernier sur la Corniche, en partenariat avec l’Association marocaine des usagers de la psychiatrie (AMUP). Cette nouvelle approche a porté ses fruits puisque l’association a connu l’affiliation de 70 nouveaux membres, Aïn Diab étant connu pour être un pôle d’attraction des adeptes de la marche dominicale.

Objectif : lever le tabou qui pèse sur les maladies mentales, sensibiliser le public sur le combat de la stigmatisation et appeler à l’amélioration de la prise en charge de la santé mentale. «La santé mentale est une question marginalisée, occultée de la part de la société et des responsables. Cette manifestation est une réussite du point de vue du nombre des participants et des slogans brandis. Cela dénote d’une certaine prise de conscience de la part des familles des personnes malades sur le mode de conduite à adopter en perspective d’une maladie qu’ils vont affronter à vie. C’est aussi un appel à tout un chacun d’assumer ses responsabilités, que ce soit la société ou l’État, car c’est d’une maladie sociétale dont il s’agit, et non d’une maladie individuelle», indique Abdellah Kadari, époux et père de deux enfants malades, respectivement souffrant de trouble dépressif majeur, de schizophrénie et de troubles bipolaires.

L’accent est ainsi mis sur l’environnement de la personne atteinte d’une quelconque maladie mentale. Car, c’est l’entourage familial qui souffre le plus de la maladie, plus que n’en souffre le patient lui-même. Pour les parents, la vie s’arrête le jour de la déclaration de la maladie de leur enfant : plus de temps pour soi, plus de célébration de fêtes, plus de vacances et, pour nombre d’entre eux, l’abandon du travail reste l’unique solution pour s’occuper pleinement de son enfant, à défaut de l’abandonner dans un centre psychiatrique. Il est à souligner, à ce propos, le manque flagrant en lits psychiatriques dont souffre Casablanca.

Sachant que 1% de la population est atteint de schizophrénie selon les statistiques mondiales, la métropole ne dispose que d’un peu plus de 200 lits au total, alors que le besoin réel est de plus de 2 000 lits. Ils sont répartis entre le Centre psychiatrique universitaire Ibn Rochd, communément appelé «Pavillon 36», et l’hôpital de Tit Mellil, avec une centaine de lits chacun, en plus d’une vingtaine de lits dans un service intégré au niveau de l’hôpital Bouafi, destinée aux maladies mentales légères. À cela s’ajoute une cinquantaine de lits dans le secteur privé, facturés rubis sur ongle et moyennant plus de 2000 DH par jour. 



Pénurie médicamenteuse

Durant cette marche, la disponibilité des médicaments au niveau du Grand Casablanca a été mise à l’index. «L’État doit assumer ses responsabilités car la Constitution marocaine et différents Dahirs datant des années 50 mentionnent clairement la gratuité des produits destinés aux maladies mentales dans les centres publics de santé, chose qui n’est pas toujours le cas», explique Abdellah Kadari.

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