Quelles sont les faiblesses de ce projet de loi de Finances 2008 ?
Les faiblesses sont multiples. Nous considérons que c'est une loi de Finances dont l'architecture a été confectionnée par le gouvernement sortant. Une grande partie du gouvernement actuel est un prolongement de l'ancien. Nous considérons que les éléments qui composent cette loi de Finances ne traduisent pas d'une manière effective les orientations qui sont contenues dans la déclaration gouvernementale.
Nous considérons également que les chiffres qui sont avancés ne sont pas réalistes, surtout le taux de croissance qui ne repose pas sur des données réelles. Et ce surtout en prenant en considération tous les facteurs économiques comme la facture pétrolière et le poids de la Caisse de compensation. Nous pensons que le taux avancé est un taux politique mais ne correspond pas à un réalisme politique.
Donc la réponse du ministre de l'Economie et des Finances ne vous a pas convaincu ?
Le ministre m'a convaincu peut-être sur le plan structure du discours, mais pas sur le plan de la réalité des chiffres. Je reconnais la compétence de S. Mezouar. Mais il est en position difficile pour défendre une loi de Finances qui manque de crédibilité. On ne ressent pas que c'est un texte qui prend en compte un ensemble de données fondamentales sur les plans économique et social. Nous avons attiré l'attention sur le déséquilibre que cette loi de Finances confirme en termes d'espace et de région.
On parle d'équité entre les régions. Mais cette équité n'existe pas, notamment en matière d'investissements. On a vu encore que l'investissement n'a pas pris en compte certaines régions parmi les plus dynamiques sur le plan économique. Cela nous laisse inquiets par rapport à l'avenir de ce gouvernement.
Côté agriculture, quelles sont vos principales remarques ?
Il y a des contradictions. On a arrêté une stratégie qui est restée par la suite lettre morte. Aujourd'hui, on parle d'une nouvelle étude. Nous sommes pour cette étude. Nous savons que le nouveau ministre de l'Agriculture est un homme de terrain, aguerri et compétent.
Il va se battre avec un dossier extrêmement difficile. Nous partageons le souci de transformer l'agriculture à la non-agriculture en prenant en compte la problématique de l'eau. On ne veut plus se laisser aller à des cultures qui n'ont plus de valeur ajoutée. On est d'accord pour arrêter tout le gaspillage de l'eau. Je donne l'exemple de Souss-Massa-Drâa qui a mis en place une convention modèle pour faire face à la pénurie hydrique et qui permet une gestion rationnelle de l'eau. Il faut que le gouvernement prenne en considération ce genre d'exemple.