MAP
06 Septembre 2011
À 09:09
L'historien français Charles Saint-Prot affirme que tous les amis du Maroc ont ressenti «avec beaucoup de tristesse» l'annonce du décès, dimanche soir, de SAR la Princesse Lalla Aïcha, «l'une des figures de proue de la lutte pour l'émancipation de la femme marocaine».
Feue SAR la Princesse Lalla Aïcha «est véritablement entrée dans l'Histoire lors de la visite historique du Sultan Mohammed V à Tanger en avril 1947», rappelle le Pr. Saint-Prot, dans une déclaration lundi à la MAP.
«Alors que le Sultan avait tenu son fameux discours réclamant l'indépendance du Maroc dans les jardins de la Mendoubia, la jeune princesse de 17 ans, qui était également une ardente nationaliste, prononça, tête nue, sur la place du grand Socco, une allocution invitant les femmes à évoluer et à prendre toute leur part dans la construction du Maroc moderne», ajoute ce directeur de l'Observatoire d'études géopolitiques (OEG), basé à Paris.
Preuve de ce rôle d'avant-garde dans l'émancipation de la femme marocaine «en novembre 1957, le magazine ‘Time' lui consacrait sa couverture comme symbole de l'émancipation de la femme musulmane», relève-t-il.
La défunte «Princesse qui avait également été la première femme dans le monde arabe à exercer des fonctions diplomatiques, était un brillant symbole de l'aspect réformiste d'une monarchie marocaine tournée vers le progrès», ajoute l'historien spécialiste du Maroc et auteur de l'ouvrage «Mohammed V ou la monarchie populaire» (à paraitre aux éditions du Rocher, fin 2011).