Miguel Angel Moratinos : «Je fais une lecture très positive de l'initiative concrète prise par S.M. le Roi compte tenu du contenu de la Constitution et la réponse que le gouvernement et le peuple marocain a donné à cette Constitution».
Le Maroc est une grande nation avec une histoire très riche, il y a toujours eu des points d'inflexion, des rendez-vous historiques. Cette réforme constitutionnelle marque une nouvelle étape. (Photo : www.lepetitcelinien.com)
MAP
26 Décembre 2011
À 09:18
Miguel Angel Moratinos, ex-ministre espagnol des Affaires étrangères et de la coopération, a plaidé pour une refonte des relations entre son pays et le Maroc, estimant que la profondeur et la diversité des liens séculaires entre Rabat et Madrid ne peuvent être désormais réduites au seul secteur «stratégique» de la pêche.
L'ex-chef de la diplomatie espagnole, qui était l'invité de l'émission «Mais Encore», diffusée par la deuxième chaîne de télévision «2M» lors du vote du Parlement européen rejetant la prorogation de l'accord de pêche Maroc-Union européenne, a qualifié de «mauvaise nouvelle» la décision des députés du Parlement de Strasbourg.
«Nous comprenons la position du Maroc vis-à-vis d'une telle décision», a-t-il noté, ajoutant que «nous attendons de voir plus clair ce qui s'était réellement passé du côté des eurodéputés qui ont voté pour la non-prorogation» de cet accord.
Le «plus surprenant», a-t-il relevé, c'est que le vote contre la reconduction de l'accord de pêche Maroc-UE était de la part des députés anglo-saxons au Parlement européen.
Le Maroc a demandé aux bateaux de pêche européens de quitter, mercredi dernier, ses eaux territoriales suite au vote du Parlement européen que le Royaume a jugé «regrettable».
Angel Moratinos, dont le pays compte la plus importante flotte de l'Union européenne autorisée à pêcher dans les eaux territoriales du Maroc en vertu dudit accord et partant, la plus lésée à cause de sa non-reconduction, a appelé à une révision et une «désardinisation» des relations existant entre Rabat et Madrid dans le sens de leur diversification et leur renforcement dans divers domaines.
«Les liens maroco-espagnols sont historiques et traditionnels. Mais, nous plaidons pour qu'il y ait de nouvelles relations équitables basées sur les intérêts communs et avantageuses pour les deux pays», a-t-il signalé.
L'Espagne est appelée plus que jamais à entretenir des relations «privilégiées» avec son partenaire du sud de la Méditerranée, dans le cadre d'une compréhension mutuelle et d'une coopération avantageuse, a-t-il souligné, ajoutant qu'il existe «beaucoup d'histoire entre les deux pays».
Moratinos, ministre des AE de 2004 à 2010, a déploré que les Espagnols «ne connaissent pas bien» le Maroc, contrairement aux Marocains qui «connaissent mieux l'Espagne».
Evoquant, par ailleurs, les élections législatives au Maroc du 25 novembre remportées par le Parti de la justice et du développement (PJD), l'ex-chef de la diplomatie espagnole a qualifié ce scrutin de «transparent», affirmant que c'est S.M. le Roi Mohammed VI qui a lancé les premiers jalons du processus démocratique et de modernité dans le Royaume.
Le Maroc constitue un partenaire idéal et un modèle en termes de modernité dans le monde arabe où règne la stabilité, dit-il.
En ce qui concerne la question du Sahara, Moratinos a émis l'espoir de voir ce problème se résoudre dans les meilleurs délais, appelant d'abord à une intégration maghrébine. «Dans cette nouvelle conjoncture régionale (printemps arabe : NDLR), j'espère que les deux pays parviennent à une entente et à la concrétisation de l'Union du Maghreb arabe», a affirmé Moratinos.
Il s'est félicité du «printemps arabe» qui, selon lui, a permis aux peuples de la région de s'élever contre des régimes autoritaires et de réclamer davantage de démocratie, déplorant dans ce sens, le «peu d¿intérêt» accordé par l'Union européenne aux changements qui interviennent dans cette partie du globe.
Lors de cette émission, Angel Moratinos s'est également attardé sur plusieurs questions d'actualité, entre autres, le conflit israélo-palestinien, la situation en Syrie, la montée de l'influence de la Turquie dans la région et la menace du nucléaire iranien.