25 Mai 2013 À 21:26
Les pays arabes ont besoin d'agir d'urgence pour améliorer leur compétitivité et générer davantage d'emplois pour les jeunes générations, en s'orientant en priorité vers une éducation de qualité et l'absorption du déficit d'innovation, selon un rapport du Forum économique mondial (FEM) de Davos.
Fruit d'une collaboration entre la fondation du FEM et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), le rapport sur «la compétitivité du monde arabe 2013» invite les décideurs et acteurs de la région à placer l'expansion du secteur privé et l'intégration des jeunes dans le marché du travail au premier rang des priorités à l'échelle nationale.
L'étude, présentée à l'occasion de la réunion du Forum sur le Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amman (24-26 mai), identifie un certain nombre de domaines sur lesquels les gouvernements arabes pourraient focaliser leurs stratégies de réforme, «censées remédier aux obstacles à la promotion de l'initiative privée et à la création d'emplois».
Ces obstacles diffèrent d'un pays à l'autre, constatent les auteurs du rapport, citant à cet égard l'inefficacité des instances sectorielles et des marchés du travail comme étant «deux préalables à toute réforme en Afrique du Nord». Pour les autres pays arabes, en premier lieu ceux du Golfe, «il est urgent, estiment-ils, de consacrer une politique d'innovation et de perfectionnement des compétences locales».
Ils recommandent aux pays arabes de s'engager sans réticence à surmonter le défi de la compétitivité et promouvoir la croissance du secteur privé dans une logique de «gagnant-gagnant», tout en conciliant redressement du marché de l'emploi et consolidation de la stabilité sociale.
Selon un communiqué du Forum de Davos, les conclusions de l'étude font ressortir que les Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite et le Qatar sont en tête dans la compétitivité globale, loin devant des pays comme la Jordanie qui a légèrement amélioré sa performance.
«Un leadership solide fondé du point de vue politique et économique est nécessaire pour mener à bon port les réformes dans les pays de la région. Les conclusions du présent rapport sont essentielles pour servir de fil conducteur pour les débats du FEM sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord», estime Borge Brende, directeur général du Forum.
Cette rencontre régionale, qui s'est ouverte vendredi en Jordanie, réunit plus de 900 ministres et personnalités des pays du Golfe, du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de l'Occident, ainsi que des représentants de gouvernements, de l'industrie, des médias, de la société civile et de la jeunesse.
Le Forum économique mondial (World Economic Forum) est une fondation à but non lucratif dont le siège est à Genève. Il est connu pour sa réunion annuelle à Davos, en Suisse, qui rassemble des dirigeants d'entreprises, des responsables politiques du monde entier et des intellectuels afin de débattre des questions les plus urgentes de la planète. Le Forum a été créé en 1971 par Klaus M. Schwab, professeur d'économie suisse.