25 Mai 2013 À 08:07
L'ambassadeur du Maroc à l'Onu, Mohamed Loulichlki, a mis en relief, vendredi à New York, la centralité du facteur humain dans toute politique de lutte contre le terrorisme.
«Au-delà des moyens technologiques utilisés pour combattre le terrorisme, l'être humain, son éducation aux valeurs du respect de la différence, du dialogue et de la tolérance demeure au centre de toute politique qu'elle soit curative ou préventive de ce fléau des temps modernes», a-t-il souligné lors d'une réunion consacrée à la lutte contre le terrorisme à travers l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC).
Cette réunion s'inscrit dans le cadre la mise en œuvre programme de travail proposé par la présidence marocaine du Comité contre le terrorisme (CTC) relevant du Conseil de sécurité de l'Onu, précise-t-on.
Intervenant en début de séance devant une audience composée de représentants d'Etats membres de l'Onu et d'experts spécialisés en télécommunications, en finances, en aviation civile, en renseignements et en logiciels de sécurité informatique, Loulichki a souligné le lien intrinsèque entre maîtrise des NTIC et efforts de lutte contre le terrorisme.
«Au vu du développement effréné des NTIC, il devient de plus en plus nécessaire pour les Etats d'élaborer une réponse multiforme et efficace pour contrecarrer cette menace», a constaté le diplomate.
Selon lui, le recours des groupes terroristes «aux modes de communications de la téléphonie mobile pose un défi particulier», d'où la nécessité de fournir plus d'efforts afin d'éviter que ces technologies «ne tombent entre de mauvaises mains».
Le représentant du Royaume a, en outre, estimé que tous les Etats «sont appelés à se doter des moyens technologiques leur permettant d'anticiper et de devancer les nouvelles méthodes utilisées par les groupes terroristes et de prévenir les nouvelles formes d'actes terroristes».
Le diplomate a, également, recommandé que «les cadres juridiques de chaque Etat soient adaptés au développement des NTIC», appelant, toutefois, à veiller à ce que «les mesures de lutte contre le terrorisme soient prises dans le respect des droits de l'Homme et de l'état de droit».
«Il ne suffit pas d'élaborer des solutions à court terme traitant uniquement de l'aspect sécuritaire, encore faut-il les placer dans un cadre plus large, inscrit dans la durabilité et sur le long terme», a estimé Loulichki, en exprimant la «détermination claire» de la communauté internationale à relever le défi de la maîtrise des NTIC.
Cette réunion, repartie en trois sessions thématiques consacrées aux différents aspects relatifs à l'utilisation de la téléphonie mobile et de l'internet dans la surveillance et la localisation des activités suspectes et aux meilleures pratiques internationales en matière de traitement du mouvement des personnes au niveau des postes frontières, a été sanctionnée par une déclaration finale du président du CTC.
Dans cette déclaration, Loulichki a souligné la nécessité de poursuivre le dialogue sur les questions examinées au niveau des Etats membres des organisations internationales spécialisées, du secteur privé et de la société civile.
Il a, également, mis en exergue l'importance d'une coopération internationale effective dans le domaine des NTIC et la nécessité de développer une cadre favorable à une assistance technique et un transfert de technologies au profit des pays en développement.
Et d'ajouter que de telles initiatives «permettront de renforcer les capacités de ces pays pour faire face de manière efficace à la nature globale et aux méthodes sophistiquées utilisées par les groupes terroristes».
Placée sous le thème de «La prévention de la menace terroriste à travers l'usage des NTIC», la réunion avait pour objectif de lancer un dialogue autour des moyens à mettre en oeuvre pour renforcer la réponse internationale au terrorisme à la lumière de l'émergence de nouveaux défis relatifs à l'utilisation de ces technologies, rappelle-t-on.