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Comment Aziz Akhannouch a défendu le bilan des cent premiers jours du gouvernement

Hicham Oukerzaz Hicham Oukerzaz,

Comment Aziz Akhannouch a défendu le bilan des cent premiers jours du gouvernement

On le dit peu enclin à communiquer et encore moins face aux caméras, le Chef du gouvernement vient de le confirmer. Mercredi, invité d’une émission spéciale à l’occasion des 100 jours de l’Exécutif, il a été tantôt convaincant, tantôt moins. Mais une chose est sûre, sa prestation suintait un certain inconfort et le bilan du gouvernement aurait pu être défendu avec plus de verve et de conviction, tant il est vrai que sur pas mal de dossiers, le progrès est palpable.

Force est de constater en effet que les réponses de Aziz Akhannouch péchaient parfois par leur caractère général et approximatif, laissant le public sur sa faim. Même si sur certains dossiers, il a fait montre d’une maîtrise qui force l’admiration et d’une capacité remarquable à invoquer les chiffres. Ceci étant, ce peu de propension à communiquer ne semble pas incommoder M. Akhannouch, qui déclare que lui et son gouvernement préfèrent se consacrer au travail. Il a même lancé un appel aux citoyens (à la fin de l'émission) pour qu'ils les jugent, non pas sur la base des impressions, mais sur les résultats atteints. En tout cas, on ne peut que saluer la bonne disposition du Chef du gouvernement à se prêter à cet exercice médiatique quand il aurait pu tout bonnement le décliner.

Gestion de la vague du variant Omicron et ouverture des frontières : pas de visibilité

Les précisions apportées sur cette question ont été pour le moins étonnantes. «Les gens se posent des questions, et nous, au gouvernement, nous nous posons aussi des questions. Mais derrière nous, il y a un Comité scientifique et une commission ministérielle qui prend des décisions que moi, Chef du gouvernement, je suis tenu d'appliquer et d'accompagner sans explication !» Cette réponse témoigne à elle seule de la grande difficulté du Chef du gouvernement à faire valoir le bien-fondé de cette décision de fermeture des frontières qui a plombé le secteur touristique et toute une myriade d’activités connexes.

M. Akhannouch, qui avait souligné que cette décision était tout à fait opportune au moment de l'apparition de ce nouveau variant qui se caractérise par sa forte propagation, s'est contenté de dire qu'il était optimiste quant à la réouverture des frontières, surtout qu'on s'est aperçu qu'Omicron ne présentait pas une grande dangerosité et qu'il est aujourd'hui présent dans la quasi-totalité des foyers marocains (on ignore sur quelles données le Chef du gouvernement s’est basé pour avancer cela). «Au gouvernement, nous savons que le secteur du tourisme est sérieusement touché. Et moi, je sais que cette question est sur la table et qu'il y a une étude et j'espère que dans les semaines à venir... En tout état de cause, les frontières ne peuvent pas rester fermées éternellement et nous espérons qu'elles seront rouvertes dès que possible». Voilà des propos qui ne font que confirmer le sentiment que le gouvernement navigue à vue sur cette question.

Akhannouch plus à l'aise avec les chiffres

Lorsqu'il s'agit de communiquer au moyen de chiffres, la performance de M. Akhannouch est plutôt bonne. Ainsi, le Chef du gouvernement semble à l'aise pour avancer des chiffres précis, de tête, comme le taux d'inflation de 1,8% (contre 7% aux États-Unis et 6% en Espagne, deux exemples avancés également par M. Akhannouch) pour répondre aux questions portant sur le pouvoir d’achat des citoyens et la cherté de certains produits de base. Et c'est même avec un grand sourire que le Chef du gouvernement a réagi pour corriger le chiffre de 16 milliards avancé par le journaliste, en précisant que ce sont 17 milliards de DH qui ont été alloués cette année à la Caisse de compensation. Des chiffres évoqués pour dire que l’inflation est maîtrisée, que les prix des produits subventionnés n'ont pas changé (malgré une augmentation à I’échelle internationale) et que les prix de nombreux produits (tels que les fruits et légumes) restent stables, mis à part la hausse des prix de certains produits, due à la perturbation de la chaîne d'approvisionnement mondiale, prix qui devraient revenir à la normale vers mars ou avril.

État social : Akhannouch enfourche son dada

Quant à la généralisation de la protection sociale et à la capacité de l'État à honorer son engagement à y contribuer à hauteur de 23 milliards de dirhams, M. Akhannouch s'est montré confiant quant au respect de ses promesses, grâce à la contribution sociale des entreprises, qui avoisinera les 6 à 7 milliards de dirhams, à la convergence de plusieurs caisses et à l'augmentation des recettes du Trésor public. Et toujours dans le cadre de la généralisation de la couverture sociale, le Chef du gouvernement a avancé, à titre d'exemple, un chiffre assez éloquent pour les personnes ayant à suivre un traitement de dialyse. Grâce à cette couverture sociale, ils vont débourser 8,5 dirhams au lieu de 850 dirhams, indique-t-il. Là encore, le sens de la précision du Chef du gouvernement ne sera pas passé inaperçu.
Concernant l'État social, c'est un Akhannouch fier et serein, maniant toujours les chiffres et toujours de tête, qui a passé en revue les divers budgets alloués à ce projet : 9 milliards de dirhams pour les secteurs de la santé et de l'éducation pour mettre à niveau, par exemple, 1.500 dispensaires, 30 hôpitaux au niveau des régions, la mise à niveau du CHU Avicenne de Rabat, la construction d'un CHU dans la région de Drâa-Tafilalet, etc.

En réponse à une question sur la loi de Finances 2022 et ses prévisions basées sur une production céréalière de 80 millions de quintaux, M. Akhannouch s'est montré confiant grâce à la mutation substantielle du secteur agricole marocain qui fait montre désormais de résilience, malgré le retard ou l’insuffisance des précipitations, grâce à l’extension du périmètre irrigué. Un secteur agricole à propos duquel le Chef du gouvernement prend plaisir à étaler ses connaissances et à entrer dans le détail en évoquant le taux de remplissage de certains barrages à Doukkala ou dans l'Oriental ou en évoquant des chiffres précis de 18% qui correspond au taux de croissance du PIB agricole cette année, et de 15, 34, 19 et 16% qui correspondent respectivement aux taux de croissance des exportations des fruits, des agrumes, des olives et des oranges.

«J’ai souffert avec les anciens gouvernements»

Interpellé sur la cohésion de la majorité gouvernementale, parfois mise à l'épreuve, le Chef du gouvernement a balayé d'un revers de main les allégations selon lesquelles il y aurait des divergences, affirmant que seuls certains journaux le disent, mais cela reste leur affaire. Mais en réalité, dit-il, la majorité est tout à fait cohérente et n'a pas attendu un an pour signer sa charte. M. Akhannouch n'a pas manqué au passage d’asséner un coup aux anciennes coalitions gouvernementales dirigées par le Parti de la justice et du développement (PJD), affirmant qu'il veillera à maintenir l'équilibre entre les trois composantes de la majorité gouvernementale pour éviter de reproduire l'expérience où il y avait «un parti... et les autres». Et de lancer : «J'ai souffert de cela plusieurs années lorsque j'étais ministre et chef de parti», faisant probablement allusion à un penchant hégémonique du PJD.

Questionné également sur la question du cumul des mandats de Chef du gouvernement et de maire d'Agadir, M. Akhannouch a sereinement répliqué qu'il s’est porté candidat aux élections communales et non législatives et que ce débat ne s'était posé qu'après la victoire de son parti le RNI aux élections législatives. Et de rétorquer qu'il veut servir les habitants d'Agadir qui lui ont accordé leur confiance et qu'il avait déjà cumulé les mandats de président de région et de ministre sans aucun problème, précisant qu'il est entouré d’une équipe compétente au niveau de la municipalité d'Agadir.

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Les journalistes-animateurs trop conciliants ?
Pour beaucoup d’observateurs, la prestation des deux journalistes Abdellah Tourabi (2M) et Yassine Idrissi (Al Aoula) qui ont interviewé le Chef du gouvernement est assez discutable. Sans remettre en question leur professionnalisme, qui n‘est pas à prouver d’ailleurs, les deux animateurs se sont montrés plutôt dociles envers le Chef du gouvernement et ont manqué pour ainsi dire de belles occasions de rebondir sur certaines de ses réponses. Mais avaient-ils les coudées franches ? Pire, ils ont même enrichi certaines réponses de Aziz Akhannouch par des commentaires confortant ses propos, ce qui va à l’encontre de leur rôle, puisque les téléspectateurs attendaient d’eux qu’ils le «poussent dans ses retranchements» plutôt que de lui tendre la perche. Cette «complaisance», volontaire ou involontaire, a fait dire à certains qu’il s’agissait plutôt d’un publireportage et non d’une interview avec le Chef du gouvernement. Les auteurs de certains commentaires enjoués ont même écrit que c’était M. Akhannouch qui devait interviewer les deux journalistes.

 

Timing, contenance, écart de langage... les réactions à chaud sur les réseaux sociaux
Les réactions sur les réseaux sociaux ont été partagées à l’égard de la sortie médiatique du Chef du gouvernement. Si certains ont soutenu les propos de M. Akhannouch et sont convaincus que le gouvernement est sur la bonne voie et qu’il faut le laisser travailler, d’autres ont été critiques à son égard, notamment en ce qui concerne la question de la fermeture des frontières et son impact sur le secteur du tourisme, et sur certains des concitoyens qui veulent soit retourner au Maroc, soit regagner leurs pays de résidence. Certains internautes ont par ailleurs vivement critiqué le fait qu’il désigne les «personnes à besoins spécifiques» par le terme «handicapés». Pour eux, cet «écart de langage est indigne d’un haut responsable». D’autres ont trouvé sa contenance plutôt «guindée» voire «embarrassée». S’agissant du taux d’audience, c’est la grande inconnue, même si beaucoup d’internautes ont déploré sur les réseaux sociaux le timing choisi pour la diffusion de la rencontre. «22 heures c’est trop tard pour suivre une émission appelée à durer plus d’une heure», regrette un commentateur.
 

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