Spécial Elections 2007

Au service des jeunes ...démunis

L'Union Yacoub El Mansour, un mouchoir de poche situé au rez-de-chaussée d'une maison économique, au cœur du plus grand quartier populaire de la capitale, vient de démontrer qu'il ne faudrait que sur … soi -même.

05 Janvier 2002 À 17:42

Durant des années, toutes les portes se refermaient devant le président, Maître Bouanani Abdenbi qui enfourchait sa vieille moto pour faire le tour des mécènes potentiels. Et dire que ses judokas filles écrasaient tout sur leur passage. Elles ont remporté onze fois le titre de champion du Maroc d'affilée et dix fois la Coupe du Trône. L'USYM s'est érigée en réservoir pour l'équipe nationale avec des championnes d'Afrique, comme Chhab Samira (lourd), mère d'un enfant demeurant dans un bidonville.
Face à la sourdine et à l'esquive, Maître Bouanani eut l'idée d'aller dénicher un sponsor à l'étranger. C'était 1999, après son retour d'un stage de 45 jours à l'Université de Tusuba de Tokyo. En octobre 2001, il passa le mois d'octobre en France et regagna le pays avec sous le bras une convention de jumelage avec l'un des prestigieux clubs français : l'Union Sportive Judo 86 ((USJ86). Un club de 1re division, 507 affiliés, 129 podiums, 61 ceintures noires et 11 titres de champion de France.
L'Union Yacoub El Mansour se joint ainsi au groupe de Vienne et ajoute un «J» à sa dénomination. Il devient USJYM. Il est désormais le 5e frère aux côtés des clubs St Julien l'ARS, Gency, Fontaine Le Comte et Pays Musilien.
Bernard Moreau, le président de l'USJ86, déclarait à un journal français : «Pour un club de haut niveau comme le nôtre, il est important de ne pas vivre en autarcie. Ce jumelage avec Rabat est une nouveauté et un challenge supplémentaire». Le club est épaulé par une agora d'expert parmi lesquels Bernard Foireau, 6e Dan, diplômé d'Etat, responsable départemental de formation d'arbitres. Un quart de siècle de compétition (1963-1986).
Cette convention de jumelage, la première du genre au Maroc, a été possible, explique Maître Bouanani, grâce à la nouvelle politique d'ouverture de la FRAJMA qui bannit le clientélisme. Il ajouta que les vertus de cette politique peuvent être appréhendées à travers les résultats de notre Equipe nationale. Pour la première fois dans l'histoire de notre judo, le Maroc a enlevé 10 médailles lors des derniers Championnats d'Afrique avec comme cerise sur le gâteau, le trophée de meilleur combattant de la compétition. Au mois de décembre, nos juniors ont empoché
4 médailles dont 3 en or à l'issue du Championnat arabe abrité par le Caire.
Les atouts de ce contrat de jumelage sont indéniables. Outre l'aide de logistique et de savoir, il occasionnera une opportunité pour les athlètes marocains afin de se confronter à plus fort qu'eux.
Une délégation de judokas et de membres du comité départemental de Poitiers est attendue à Rabat, le 2 février. Elle évaluera les conditions d'entraînement et d'hébergement dans la perspective d'un séjour de l'équipe de l'USJ 86 en août.
Parmi les membres de la délégation, figure Francis Vergnou, un militaire est très connu par les Casablancais des années folles. Il avait remporté le titre du champion du Maroc, toutes catégories. Son seul souhait, rencontrer les anciens camarades et amis marocains. Dans l'ombre, nous trouvons également Youssef Dine Jacques (Fr), l'initiateur de ce jumelage, conseiller bénévole de l'USJYM, et le Japonais Mutsukazu Ono, qui encadre au club, sans contrepartie.
En paraphant la convention, l'USJYM vise deux actions : se donner les moyens pour améliorer les performances de ses judokas et réaliser un projet éminemment social. Il s'agit de l'insertion des jeunes par le biais du judo. Clairement, cela consistera à accueillir les jeunes démunis de Rabat pour les initier au judo sans contrepartie. L'USJYM aura ainsi fait fi de l'esprit mercantile qui guide malheureusement cette activité. Cela a séduit nos amis français qui n'ont pas caché leur satisfaction concernant ce jumelage de cœur et de … raison.
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