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Après le retrait du CPE, la droite et la gauche semblent également désemparées

author 0 LE MATIN

Après trois semaines de manifestations, le front anti-CPE crie victoire. Il y a de quoi. Une opposition bigarrée, rassemblant les mouvements étudiants et les syndicats de salariés, le parti socialiste et les groupuscules d'extrême gauche, a réussi à faire reculer Dominique de Villepin qui, face à la plaie du chômage des jeunes, avait pourtant affiché sa volonté d'en finir avec trente ans de passivité politiquement correcte.

Quand il avait préconisé la mise en place du Contrat première embauche, le Premier ministre avait pour lui la faveur des sondages, le soutien du président de la République et le vote assuré d'une confortable majorité à l'Assemblée.

Après l'adoption en souplesse du CNE (un contrat destiné à encourager les recrutements dans les PME), Villepin pouvait donc croire que l'audace serait payante. Mais il a accumulé les erreurs psychologiques. En cherchant à passer en force, il s'est aliéné aussi bien les syndicats les plus modérés que ses propres amis de l'UMP, le parti présidé par son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Surtout, ce technocrate qui n'a jamais caché son mépris pour les combinaisons électoralistes a donné l'impression d'être moins motivé par l'intérêt public que par le souci de marquer des points contre Sarkozy avant la présidentielle de 2007.

Ce dénouement met fin à l'agitation. Même si les plus radicaux parmi les adversaires du CPE s'efforcent de faire repartir l'incendie en réclamant aussi bien l'abrogation du CNE que la démission de Villepin.

Cette sortie peu glorieuse normalise le fonctionnement des institutions qui avait été secoué par un étrange compromis. Jacques Chirac avait promulgué la loi créant le CPE tout en s'engageant à ne pas l'appliquer et à la remplacer par un dispositif que devait concocter Nicolas Sarkozy associé aux présidents des groupes parlementaires de l'UMP. Autrement dit, le chef de l'Etat renonçait à ses responsabilités tandis que le Premier ministre se trouvait court-circuité par un de ses ministres et le Parlement par un parti.

On a parlé de « crise de régime». Peut-être vaudrait-il mieux s'en tenir aux termes de psychodrame ou, de façon moins charitable, d'opéra bouffe. Philippe de Villiers, le champion de la droite traditionaliste, a même ironisé sur «cette guignolade». Mais une chose est certaine : personne dans la classe politique n'a de raison de se réjouir.

A gauche, la crise du CPE a pu apparaître comme la «divine surprise» dont le PS avait besoin pour resserrer ses rangs, agité qu'il est par les ambitions présidentielles contradictoires de Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou Jack Lang, et déstabilisé par l'étonnante percée dans les sondages de Ségolène Royal. Les manifestations, qui ont donné l'occasion aux caciques socialistes de défiler avec les vrais «héros» de la contestation - communistes, verts, trotskystes et autres altermondialistes -, leur permettent aujourd'hui de s'arroger une double image.

Le PS fait figure de leader d'une gauche soudain unitaire et de porte-drapeau du «jeunisme».
Mais le parti socialiste est un parti de gouvernement. Pour revenir au pouvoir, il ne lui suffira pas d'avoir manifesté contre la majorité en place. Il lui faudra proposer une politique et, d'abord, une politique de l'emploi. Comme bien des responsables du PS le disent tout bas, il n'y pas d'autre recette que celle du réalisme.

A l'exemple de ce que les gouvernements sociaux-démocrates se sont résignés à faire un peu partout en Europe, la victoire contre le chômage suppose d'accepter la règle du jeu de la mondialisation. Donc la flexibilité du marché du travail. Cette conversion de la gauche est d'autant plus nécessaire que la dérive des finances publiques limite sérieusement le recours aux remèdes cosmétiques tels que les «emplois jeunes», subventionnés par l'Etat.

En réalité, le PS n'a fait que suivre le mouvement. Une fois de plus, à la différence de ses homologues européens, il s'est aligné sur la gauche de la gauche, qui a pu être naguère synonyme de progrès mais qui, au fil des retournements conjoncturels, est devenue le camp de l'immobilisme. Celui qui «défend», pêle-mêle, la «sécu», le contrat CDI, les service publics déficitaires, le fromage de Roquefort face à l'Union européenne, l'exception culturelle contre Hollywood, mais refuse toute réforme qui bousculerait le statu quo.

Après avoir choisi, lors de ses retours au pouvoir périodiques, de s'inspirer d'une idéologie datant du Front populaire de 1936 (nationalisations, retraite à 60 ans, 35 heures) voici que le PS est acculé à se présenter en rempart des droits acquis.

Cela peut faire une «manif'», cela ne fait pas une stratégie. Ségolène Royal l'a bien compris, qui monte dans les sondages, parce que justement elle se garde de sortir du flou. D'ici l'élection présidentielle, il faudra bien, pourtant, renoncer aux facilités de la démagogie et annoncer un vrai programme.
L'embarras de la droite est évidemment encore plus flagrant. Comme Dominique de Villepin l'a dit lui-même, le CPE a été une «épreuve». Cet échec fait de lui la première victime avec un effondrement dans les sondages que ses «amis» les moins bien intentionnés annoncent déjà impossible à rattraper.

C'est d'ailleurs du sein de la majorité elle-même qu'est montée la vague de fond qui, derrière Nicolas Sarkozy, a finalement contraint Chirac et Sarkozy à abandonner. Le désir de tourner la page est manifeste. Mais aussi celui de minimiser les dégâts : le CPE enterré, Nicolas Sarkozy rappelle qu'il reste partisan d'une politique de «rupture» et Dominique de Villepin qu'il continue à gouverner…

A droite également, il y a donc matière à réflexion. Valait-il mieux s'en tenir à un CNE élargi puisqu'il avait été accepté sans casse ? N'aurait-il pas été prudent de prendre plus de temps pour négocier, amender, transiger ? Peut-on lancer une grande réforme malgré les oppositions ou doit-on s'en tenir à des réformes partielles plus facilement acceptables ? A toutes ces questions, il y a fort à parier que la plupart des responsables de la droite feront des réponses identiques, toutes en faveur de la temporisation et de la progression par étapes.


Il reste que si, à l'exemple de Margaret Thatcher il y a trente ans en Grande-Bretagne, la droite ne trouve pas le courage d'agir, comment reprocher à la gauche d'esquiver des décisions contraires à sa culture ?

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