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La longue marche de l'Iran vers l'arme nucléaire

author 0 LE MATIN

Contrairement à ce que pense George W. Bush, il ne suffit pas de répéter que l'Iran reste un des piliers de «l'axe du mal» pour justifier la mise hors la loi du projet nucléaire de Téhéran. Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU qui, comme la Russie et la Chine, craignent les retombées négatives d'éventuelles sanctions, savent bien, eux, que la politique internationale ne peut pas se résumer au scénario d'un film de cow boys avec des gentils en chapeau blanc et des méchants en chapeau noir.

Les experts rappellent que c'est le Chah d'Iran qui rêva le premier de faire entrer son pays dans le club atomique. Alors, grand allié des Etats-Unis, il put acheter des réacteurs français et allemands, sans objection de Washington. Officiellement, il s'agissait de produire de l'électricité afin de faire durer les réserves pétrolières. Mais le chah, bénéficiant de l'indulgence des Américains parce qu'il jouait le rôle de gendarme du Golfe, cachait à peine ses arrière-pensées militaires. Pour faire de son pays la puissance dominante du Proche Orient, il était bien décidé à se doter de la Bombe.

Même si George W. Bush semble l'avoir oublié, le paradoxe iranien ne s'arrête pas là. Prenant systématiquement le contre-pied de l'ancien régime, l'Ayatollah Khomeyni, à peine arrivé au pouvoir en 1979, se détourna en effet d'un programme «diabolique» qu'il jugeait trop inspiré par l'exemple des alliés nucléaires de Téhéran, le «Grand Satan» américain et le «Petit Satan» israélien. C'est la guerre avec l'Irak, déclenchée par Bagdad en 1980 avec les encouragements des Américains, qui refit du nucléaire la priorité de l'Iran.
Saddam Hussein s'étant lancé dans la construction d'un arsenal d'armes de destruction massive, Téhéran se trouva soudain pressé d'organiser la dissuasion.

La guerre du Golfe en 1990 puis l'invasion de l'Irak en 2003, n'ont fait que renforcer cette analyse : les navires américains qui croisent dans le Golfe sont chargés d'engins nucléaires de même que les chasseurs-bombardiers en patrouille pour l'US Air Force. L'Iran se juge totalement encerclé par des puissances nucléaires : Israël est tout près ; le Pakistan, musulman mais sunnite et habile à manipuler certaines minorités ethniques, tient la frontière sud; l'Inde et la Chine ne sont pas loin. Dans une stratégie du faible au fort, calcule Téhéran, seul le nucléaire peut rétablir l'égalité.

L'énorme centrale de Bouchehr, aujourd'hui surveillée de près par la CIA et le Mossad, fut d'abord équipée par Siemens. C'est bien après la Révolution que le gouvernement iranien, brouillé avec les Etats-Unis pour avoir pris en otages les diplomates de l'ambassade américaine, s'adressèrent à la concurrence de l'Occident, donc aux Soviétiques. Notamment lorsqu'il fallut réparer les lourds dégâts infligés à Bouchehr par huit années de bombardements irakiens.

Le souci de prolonger les réserves pétrolières reste l'explication avancée par le nouveau président Mahmoud Amadinejad. Dans une tribune publiée il y a deux ans par le Herald Tribune, trois universitaires iraniens exilés aux Etats-Unis, autrement dit peu susceptibles d'indulgence à l'égard de Téhéran, soutenaient que l'Iran risque de devenir importateur de pétrole d'ici à 2010. Comme les géants pétroliers que sont les Etats-Unis et la Russie, il est donc logique, affirme le président Amadinejad, que l'Iran veuille ajouter aux quatre millions de barils pompés chaque jour une électricité d'origine nucléaire.

Vus de Washington et d'Israël, l'escalade iranienne est devenue une vraie menace le jour où le père de la bombe pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, a activé son réseau clandestin de fournitures technologiques. C'est ainsi que le 12 février 2003, l'AIEA annonçait avoir découvert des équipements bien plus sophistiqués que ceux avoués par l'Iran. Il s'agissait de centrifugeuses en acier qui, tournant beaucoup plus vite que les modèles en aluminium, permettent de mieux enrichir l'uranium aux niveaux très élevés qui sont nécessaires pour un usage militaire : une centrale fonctionne avec un enrichissement à 5 % alors que, pour une arme nucléaire, il faut pousser jusqu'à 93,5%.

La contrebande est ancienne. En 1993, des hommes d'affaires iraniens n'hésitèrent pas à acheter le petit aéroport de Hartenholm, à 50 kilomètres au nord de Hambourg. Sa piste unique n'était longue que de 3 000 mètres, trop courte pour des avions qui auraient volé jusqu'à Téhéran mais suffisante pour de petits avions allant se poser en Europe centrale. Là où attendent les gros porteurs iraniens. Pour des appareils inférieurs à 7,5 tonnes, la réglementation européenne du moment n'exigeait même pas que les plans de vols précisent la destination. Du coup, il était facile d'évacuer vers l'Iran des pièces détachées dont souvent l'usage militaire ne pouvait être compris qu'une fois assemblée la mosaïque finale.

A la recherche de compétences, les services de sécurité iraniens agissent tous azimuts. Dans son numéro de l'automne 2003, la revue russe «Contrôle nucléaire» s'inquiétait : « Des ingénieurs russes, condamnés au chômage par la faillite de leurs usines aéronautiques, partent comme touristes en Iran où ils sont aussitôt engagés pour construire des missiles. » La revue ajoutait : « La fusée Chehab- 3, issue du Scud-C soviétique, a une portée de 1 300 kilomètres. Tirée depuis Ispahan, elle atteindrait non seulement Israël mais aussi tout le sud de la Russie où vivent 20 millions d'habitants.»

Aujourd'hui, l'AIEA conclut que l'Iran veut maîtriser la totalité du cycle nucléaire. D'abord, les mines d'uranium: depuis l'ouverture du premier site, près de Yazd, en 1985, des experts chinois, russes, allemands, tchèques et même argentins, se sont succédé pour chercher d'autres gisements. Viennent ensuite les usines de traitement du minerai : par exemple, l'installation construite, avec l'aide de la Chine, non loin de la ville d'Ardakan et dont la mise en marche était prévue pour 2005. Troisième étape, l'enrichissement de l'uranium.

A Natanz, les inspecteurs de l'AIEA s'aperçoivent, lors de leur enquête de février 2003 que 160 centrifugeuses fonctionnent effectivement et que 1000 autres sont sur le point d'être assemblées. A ce rythme, l'année 2005 se serait soldée par la mise en ligne de 5.000 centrifugeuses et, si la communauté internationale n'avait pas réussi à freiner, l'Iran aurait peut-être réussi à disposer de deux engins nucléaires en 2006.

Autre fait alarmant: le choix de la ville d'Arak pour l'édification d'un centre de production d'eau lourde. Les réacteurs alimentés par ce carburant sont en effet les plus efficaces pour fournir du plutonium, la matière première de la bombe.

Et puis, au bout de la chaîne, Téhéran entend se doter, à l'horizon 2010, de toute une panoplie de missiles susceptibles d'être dotés d'ogives nucléaires: les engins tactiques Okhab et Nazeat, déjà déployés grâce à la Chine mais ne frappant qu'à 200 kilomètres ; les Chehab- 4 d'un rayon d'action dix fois supérieur ; les Taepodong- 2 qui, utilisant la technologie nord-coréenne, pourraient balancer une charge de 2 000 kilos à 4 000 kilomètres de distance.

Enfin, l'acte d'accusation de Washington veut voir comme une preuve de la vocation militaire du projet iranien, la dispersion délibérée des sites nucléaires. Téhéran a retenu la leçon du raid de l'aviation israélienne contre l'Irak en 1981. En perdant alors son seul réacteur, Saddam dut renoncer à la bombe.

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