Fête du Trône 2006

Vers une présidence d'honneur confiée à Ahmed Osman

La course des candidats commence

05 Mars 2007 À 17:48

La course à la présidence du Rassemblement national des indépendants (RNI) est engagée depuis plusieurs semaines. Mais elle s'accélère ces temps-ci à l'approche du congrès de cette formation, prévu les 30 et 31 mars, à Bouznika, avec la participation de pas moins de 4.000 délégués.
Depuis la réunion, à Rabat le 3 février dernier du comité central, les préparatifs vont bon train chez les uns et les autres, en vue de ces assises.

Rien de bien définitif ne peut encore être arrêté, tant de nombreux paramètres ne sont pas encore maîtrisés. Pour l'heure, du côté du président fondateur du RNI, rien n'a vraiment filtré, tant le « flou » est entretenu.

Pour certains de ses proches, Ahmed Osman, ovationné à chaque congrès régional ces temps-ci, ne compte pas évidemment décrocher du jour au lendemain d'une formation qu'il a créée et dirigée depuis près de trois décennies.

Le congrès constitutif, qui avait eu lieu en octobre 1978, à Casablanca, avait donné une articulation organique et politique au courant dit des « Indépendants » qui s'était situé au premier plan aux élections de 1976-1977, dans la foulée de la Marche Verte.

Est-il interessé par un nouveau mandat ? Non, semble-t-il, parce qu'il souhaite que la gestion du parti soit assurée par une nouvelle équipe. Mais en même temps, l'idée d'un statut ad hoc de président fondateur n'est pas écartée par l'ex-Premier ministre qui entend continuer à superviser, d'une manière ou d'une autre, la vie et les positionnements de cette formation se situant au centre de l'échiquier politique.

Contacts et déplacements

Sur ces bases-là, pas forcément lisibles pour tous, les candidats multiplient les contacts et les déplacements pour être éligibles le 31 mars prochain. Le premier d'entre eux, Mustapha Oukacha, actuel président de la Chambre des conseillers, voit son nom souvent cité. Mais l'intéressé n'a jamais dit de manière explicite qu'il comptait postuler pour la succession du président Osman.

D'un côté, il invoque «quarante ans d'amitié avec Ahmed Osman », la charge prenante de ses fonctions à la tête de la deuxième Chambre du Parlement, son âge -il a 73 ans- et sa santé fragile. Mais de l'autre côté, ses soutiens -notamment dans la région de Casablanca et la Chaouia- ne se ménagent pas pour faire campagne en son nom et même avec lui.

La réunion qui vient d'avoir lieu à Marrakech, le week-end dernier, avec le concours actif de Abdelhadi Alami -promoteur touristique et ex-coordinateur régional du RNI limogé par Ahmed Osman- et de Mohamed Ben Taleb, illustre bien les ambiguïtés de cette situation.
D'autres candidats de la nouvelle génération sont aussi en lice. Ainsi, Mustapha Mansouri, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, bénéficie de la faveur du président du RNI et s'est engagé dans un processus lui permettant de postuler au premier rang. Il bénéficie du soutien de la majorité des deux groupes parlementaires, des élus et des cadres du Nord.

Il jouit d'une bonne cote de l'opinion publique et des notables du RNI, lesquels louent sa compétence, son cursus et son intégrité.
Mohamed Aujjar, député de Rabat et ex-ministre des Droits de l'Homme, ne cache pas ses ambitions.

Il se situe volontiers dans le camp des «réformateurs» et il explique que l'équation actuelle n'est pas de remplacer Osman par Oukacha mais de mettre en œuvre un autre processus de direction du RNI à la mesure des enjeux actuels de la société. Il entend, lors du prochain congrès, ne pas se contenter d'une candidature de témoignage comme celle de quelques autres comme Abdelaziz Hafidi Alaoui.

Tout ce remue-ménage témoigne des potentialités du RNI mais il est sûr qu'il doit y mettre fin au plus tôt pour éviter de pénaliser ce parti alors qu'il doit se mobiliser, en rangs unis, pour les élections législatives du 7 septembre 2007. Sur quelles bases pourrait se faire le consensus ?
L'idée d'un partage des responsabilités avance et paraît rallier de plus en plus de suffrages. Ahmed Osman serait élu comme président d'honneur ; il serait aussi membre -suivant le schéma du Parti de l'Istiqlal- d'un conseil de la présidence dont les autres membres restent à préciser ; les fonctions de secrétaire général -avec des attributions importantes- seraient créées et tout le monde y trouverait au final son compte.

Une formule qui doit transcender la susceptibilité des uns et les contentieux qui traînent depuis des années tout en ménageant les ambitions de tous et en gérant au mieux l'équation fédératrice d'un rassemblement assumée par Ahmed Osman depuis trois décennies.
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Un tournant décisif

Le congrès national du Rassemblement national des indépendants (RNI), prévu les 30 et 31 mars prochains, constituera un tournant décisif et permettra d'avoir une vision plus claire des choix à opérer à l'avenir, a estimé le président de cette formation, Ahmed Osman.

Intervenant récemment lors du congrès régional du parti au niveau de la Chaouia-Ourdigha, tenu à Settat, M. Osman a indiqué que le prochain congrès devra «nous permettre de concevoir les options à suivre pour mieux aborder le futur et ce, après avoir procédé à notre autocritique et à l'évaluation de notre action politique et organisationnelle». Le parti est en phase d'ouvrir la voie devant les jeunes cadres qui poursuivront le chemin et assumeront la responsabilité à l'avenir, a affirmé M. Osman.

Il a fait état de sa détermination à «consolider la position du RNI en tant que force politique en perpétuelle interaction avec les composantes de la société civile et l'élite consciente du rôle qui lui échoit dans les différents domaines».
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