Nation

Editorial

Les conditions d'une introuvable paix en Palestine

author 0 LE MATIN

Cela fait presque vingt mois qu'une rupture est consommée entre le Fatah palestinien et son « frère ennemi » le Hamas. Sur fond de cette rupture, plusieurs événements d'une rare gravité se sont produits, dont la guerre de Gaza déclenchée du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 par Israël et qui a fait plus de 3000 morts, dont la quasi majorité sont des civils innocents, des femmes et des enfants. L'agression israélienne contre Gaza, disproportionnée et à but électoral,  avait pour objectif de répondre aux attaques des roquettes « kassam » , lancées par le Hamas sur les villes d'Israël. 

Elle a cependant révélé de très graves divergences entre les composantes palestiniennes, le Hamas et le Fatah, le premier radicalisé dans sa posture, le second marginalisé et reclus dans la Cisjordanie. Ces divergences qui traduisent à l'évidence un jeu d'influences régional, une sorte de redistribution de cartes politiques reflètent, on ne l'a que trop constaté et répété, une rivalité avérée de puissances qui mènent une guerre par Etats ou groupes interposés dans la région. Il s'agit en l'occurrence de l'Iran qui soutient politiquement, financièrement et militairement le Hamas et le Hezbollah libanais. Ensuite de la Syrie qui, plus discrètement, apporte son soutien au Hamas et abrite son leader Khalid Michaal à Damas.

De l'autre côté, notamment en Cisjordanie, le Fatah bénéficie du soutien sans nuances de la communauté internationale parce qu'il incarne à la fois la légitimité historique et la force de modération dans un inextricable conflit. Alors que plus 90 délégations, représentant autant d'Etats et de gouvernements du monde, sont réunies depuis hier à Charm El-Cheikh, en Egypte, sur le thème de la reconstruction de Gaza en présence de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, une autre réunion se déroule au Caire, en Egypte même et qui est aussi significative pour ne pas dire plus importante : elle s'efforce de trouver un terrain d'entente entre le Hamas et le Fatah pour la mise en œuvre d'une réconciliation plus ou moins définitive qui, le cas échéant, pourrait  conduire à la formation d'un gouvernement d'unité nationale dans une Palestine réunifiée.

Est-il possible, dans les conditions actuelles, d'espérer une normalisation inter-palestinienne, faute de réconciliation définitive ? Il reste que celle-ci constitue la condition sine qua non pour toute reconstruction et l'élaboration d'un plan de paix. Tant que les forces palestiniennes du Hamas et du Fatah n'arrivent pas à trouver une paix entre elles, l'autre chemin de la paix avec Israël restera toujours difficile à trouver ou à tracer. Et, au-delà, la paix dans la région du Moyen-Orient continuera à faire l'objet de chantages et de manipulations en arrière-plan.

La réunion de Charm el-Cheikh à laquelle participent les Etats-Unis, les pays arabes, l'Union européenne, les pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine se propose, en principe, de recueillir les fonds internationaux pour reconstruire la bande de Gaza, dévastée par les armées israéliennes. Elle n'a pas vocation, non plus, à débattre officiellement de la paix. Plus de 2 milliards de dollars – dont 9.000 millions de dollars fournis par les seuls Américains - ont été d'emblée débloqués pour cette entreprise de reconstruction sur les presque 3 milliards réclamés par Mahmoud Abbas. Or, et ce n'est pas la moindre complication « juridique », la somme convenue et accordée à Charm el-Cheikh, serait vraisemblablement – et Mme Clinton l'a clairement précisé -  remise au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Cette aide à la reconstruction semble, en revanche, conditionnée à la réconciliation inter-palestinienne et à l'acceptation, autrement dit plus que l'acquiescement, à la « feuille de route » pour une paix dans la région par le mouvement Hamas.
 
En somme, les Palestiniens de toutes factions doivent se réconcilier entre eux pour bénéficier du soutien financier international, qui est sans doute l'objectif de la réunion de Charm el-cheikh, mais aussi l'une des pierres angulaires de la mise en œuvre d'une paix avec l'Etat hébreu. Celui-ci est expressément interpellé à participer au processus en cours, d'une part en s'y inscrivant de manière volontariste – c'est l'objet de la visite de Mme Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, en Israël et à Ramallah – et d'autre part, dans l'immédiat, en ouvrant les points de passage pour permettre l'acheminement de l'aide aux populations de Gaza. Israël est obligé de mettre un arrêt net et inconditionnel au programme de colonisation de territoires palestiniens en Cisjordanie. Et les Etats-Unis semblent de nouveau entrer sur la scène proche-orientale proprement dite par la grande porte. Le projet d'un Etat palestinien figure, en même temps que la sécurité d'Israël, comme l'incontournable diptyque qu'ils entendent mettre en œuvre.
 
Une telle ambition à double détente repose sur des critères essentiels aux yeux des dirigeants américains qui réaffirment ainsi solennellement leur volonté de favoriser l'émergence d'un « Etat palestinien indépendant et responsable » (Dixit Hillary Clinton à Charm el-Cheikh). Ils réaffirment aussi, et ce n'est pas le moindre nouveau  trait significatif,  leur attachement à l'Initiative de paix arabe. Présentée le 28 mars 2003 au Sommet arabe de Beyrouth par le Roi Abdallah Ibn Abdelaziz, alors Prince héritier, elle exige du gouvernement d'Israël de se « retirer intégralement des territoires arabes occupés, y compris le Golan syrien, jusqu'à la ligne du 4 juin 1967 et des territoires du sud Liban », conformément aux résolutions des Nations unies, 242 votée en novembre 1967, ensuite 338 votée en 1973. Ces résolutions ont été confirmées par la Conférence de Madrid de 1991 et du principe « terres contre paix ». Israël doit accepter l'avènement d'un Etat palestinien indépendant et souverain avec pour capitale Al Qods est ».
 
Si par la bouche même d'Ehud Olmert, ancien premier ministre qui a lancé l'agression contre Gaza, Israël a officiellement accepté « l'initiative de paix arabe », il n'en reste pas moins hostile, d'autant plus que l'arrivée d'un Benjamin Netanyahu au pouvoir risque de raidir – comme en 2002-2003 – la position israélienne et de compromettre les efforts des grandes puissances. De Nicolas Sarkozy à Hillary Clinton, en passant par les responsables arabes et Ban Ki-moon, l'impératif d'un Etat palestinien indépendant émerge. Et le plan arabe de Beyrouth, avalisé, n'a pas encore été accepté par le Hamas qui, reclus dans son total refus, risque d'être encore isolé et s'enfermer davantage dans son isolationnisme et de jeter les populations de Gaza dans le désespoir.

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