Avec l'ambition de ne rejeter ni carbone ni liquides industriels, l'activité du fleuron de la cité du Détroit débutera début 2012 avec une production de 30 véhicules par heure.
LE MATIN
27 Décembre 2011
À 17:50
Renault Tanger passe à la vitesse supérieure. Comme prévu, l'activité de ce complexe débutera début 2012 et aura pour ambition de ne rejeter ni carbone ni liquides industriels. Le site de la cité du Détroit disposera d'une production dédiée aux véhicules développés à partir de plateforme B0 (plateforme Logan) sur une ligne de production. Le complexe aura au départ une capacité de production annuelle de 170 000 véhicules. Cette capacité de production sera doublée en 2013 et devrait atteindre à terme 400 000 véhicules par an.
Ces voitures produites au Maroc serviront l'Europe, mais aussi l'Afrique ou le Moyen-Orient. Des travaux d'agrandissement devraient laisser place, mi-2013, à 120 000 mètres carrés couverts supplémentaires. Les perspectives portent sur l'accompagnement des fournisseurs de Renault dans leur démarche d'implantation au Maroc et le développement des partenariats entre les équipementiers locaux et les fournisseurs de Renault. Ainsi, dès le mois de janvier, la production en série devrait démarrer à une cadence de 30 unités par heure avec 2 000 ouvriers marocains qui seront temporairement épaulés par 230 salariés venus d'autres sites de Renault. 4 mois plus tard, le Lodgy sera rejoint sur les lignes de production par un véhicule utilitaire dérivé du même véhicule.
L'usine implantée dans la zone industrielle de Melloussa est l'une des plus importantes de la région du nord. D'un montant de 600 millions d'euros, le complexe qui devrait permettre la création de près de 6 000 emplois directs et 30 000 indirects deviendrait l'un des plus importants sites au niveau du pourtour méditerranéen. Dans cette même foulée, le projet du constructeur français a dopé les investissements des équipementiers et des futurs fournisseurs de la marque au losange. Ainsi, le groupe français FSD, spécialisé dans l'industrie et l'équipement automobile, a pris option pour la Zone franche de Tanger (TFZ), en implantant une usine de production de pièces automobiles avec un investissement de 300 MDH. Considéré comme l'un des principaux fournisseurs de Renault, le groupe vise à se positionner sur les marchés émergents de la zone méditerranéenne, puisqu'une partie de la production de cette usine sera destinée aux clients du groupe en Espagne et au Portugal. Autre équipementier français à jeter son dévolu sur Tanger, le Groupe mécanique découpage (GMD) qui compte drainer un investissement de quelque 278 MDH, pour la création de 120 nouveaux emplois directs.
Dans ce sillage et tout récemment Cofely, filiale du groupe GDF Suez, a été retenue pour assurer la maintenance multitechnique et multiservices dans le cadre du «Facility Management» (FM) de la nouvelle usine de Renault à Tanger dans la zone de Melloussa. Acteur automobile de référence depuis son implantation, Renault a intensifié sa stratégie dans le pays depuis le début des années 2000. C'est ainsi que le Groupe a introduit avec succès la marque Dacia en s'appuyant sur les modèles Logan et Logan MCV, puis depuis 2009 sur Sandero. De plus, Renault a accentué son offensive en 2008 et 2009 avec les lancements de Nouvelle Laguna et Laguna Coupé, Clio RS, Koleos et Koleos Diesel, Symbol, Nouveau Kangoo, Mégane berline et coupé et Scénic. En 2010, cette gamme est complétée par la berline Fluence. Le secteur a enregistré au cours de ces dernières années une croissance soutenue, bénéficiant du renouveau de la Somaca avec le projet Logan, de l'implantation d'équipementiers mondiaux et de la perspective du grand projet Renault à Tanger.
Somaca, qui appartient à 80 % au groupe Renault, est une unité de production qui bénéficie à la fois de la norme de qualité EAQF A et de la certification environnementale ISO 14001. Avec 1 200 salariés et deux lignes de production, l'usine fabrique Kangoo, Kangoo Express pour le marché local et Logan (Dacia) pour l'exportation vers les marchés français et espagnol. Par l'entremise du site de Tanger, l'industrie automobile marocaine se trouve ainsi bien positionnée pour capter la fabrication locale de 250 à 300 équipements, pour lesquels les facteurs de production et de logistique du Maroc sont adaptés. A travers cette démarche, le Maroc vise un marché de 14 milliards d'euros en première monte sur les 54 milliards d'euros consommés. Le chiffre d'affaires additionnel à réaliser à l'intérieur du Maroc est estimé à 7 MMDH et les emplois à créer sont évalués à 40 000 emplois à l'horizon 2015.
Une usine propre à zéro carbone
Les émissions de CO2 de l'usine de Tanger seront réduites de 98% (par rapport à une usine équivalente d'une production de 400 000 véhicules), ce qui correspond à 135 000 tonnes de CO2 évitées par an, grâce à l'optimisation des consommations d'énergie et l'utilisation des énergies renouvelables. Les quelques tonnes restantes seront compensées soit par l'achat de crédit carbone, soit par la production d'énergie renouvelable in situ. L'usine de Tanger n'émettra aucun rejet industriel liquide et réduira de 70 % ses prélèvements en eau pour les process industriels par rapport à une usine équivalente en capacité de production.