Société

Orphelinat

Du bonheur à la Maison des jeunes filles

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Ph. Saouri

Ph. Saouri

Loin des clichés sur les orphelinats, les jeunes filles de l'orphelinat situé à Moulay Idriss1er, relevant de l'association «Nour» pour la protection sociale, affichent épanouissement et bonheur.

15h30, arrivant à la porte de la maison de filles de l'association «Nour», (ex Association musulmane de bienfaisance), nous ne savons pas trop à quoi s'attendre, après tout ce qui a été écrit et dit sur la situation précaire dont souffrent les pensionnaires, une certaine crainte s'installe. Une fois la porte franchie, nous nous retrouvons dans un immense hall qui conduit vers divers portes et escaliers, et la première chose qui tape à l'œil est la propreté des lieux.

En effet, un grand tour dans l'enceinte de l'établissement permet de se rendre compte de la bonne organisation et de la propreté de l'établissement, pas de mauvaise odeur, pas de filles qui trainent, un calme et une sérénité règnent dans le lieu. «Les petites sont toutes à leurs écoles, les collégiennes et les lycéennes qui n'ont pas cours, font des révisions à l'étage», explique Aziza, la directrice de la maison. La nouvelle direction de la maison préconise l'éducation, «nous sommes passés de 40% à 98% de taux de réussite scolaire entre 2006 et 2011», affirme Mohamed Saidi, directeur général de l'Association «Nour». Et d'ajouter «nous avons aussi, dans le cadre de l'INDH, ouvert une école de formation en hôtellerie, relevant de l'association, qui ouvert ses portes depuis trois ans et a déjà formé deux promotions dont les diplômés ont tous trouvé du travail». Les nouvelles arrivantes de six, sept ans, sont inscrites par le directeur automatiquement à l'école, et celles de dix ans et plus, doivent à la base être scolarisées. Les filles sont acceptées dans la maison, après une petite enquête concernant leur situation familiale et celle de leurs parents. Cet orphelinat accueille 112 filles entre six et quarante ans, d'après Saidi, qui précise que «nous avons trois catégories de filles, les orphelines avec un parent, les filles de parents divorcés, et les filles de parents anonymes», insiste-t-il. Et d'ajouter «52 d'entre elles se sont mariées au cours des six dernières années», dit-il.

C'est Mohamed Saidi lui-même, qui se charge des épousailles à la bonne manière traditionnelle, «lorsqu'un homme vient demander la main d'une orpheline, je me renseigne sur lui, je lui présente la fille qui y correspond, et si tout le monde est d'accord, je fais mes investigations concernant le futur époux, s'il travaille ou non, s'il a une maison…, afin de savoir dans quelles conditions «ma fille», va vivre», confie Saidi.
«Le directeur est très sympathique avec nous, il nous considère réellement comme ses filles, c'est lui-même qui s'occupe des préparatifs du mariage, et offre à la mariée ce qu'exactement lui aurait offert son propre père, la cérémonie, la chambre à coucher, la lune de miel…», confirme Touria, résidente à la maison depuis 20 ans. Les jeunes filles devenues femmes maintenant, continuent à visiter régulièrement la maison qui les a accueillies, «les filles sont très soudées entre elles, même celles qui se sont pas mariées continuent à nous rendre visite, surtout pendant les fêtes», certifient Saidi et Aziza.

Cependant les choses ne sont pas toujours faciles, malgré les efforts fournis pour améliorer la qualité de vie de ces jeunes. «Ce n'est pas toujours facile de gérer, on essaye de leur inculquer les bonnes manières, mais parfois dès qu'elles rentrent chez elles pour les vacances ou les weekends, elles apprennent de nouveau de mauvaises habitudes et il faut tout reprendre à zéro», assure Saidi. Aussi, elles n'acceptent pas facilement le fait d'être abandonnées par leurs familles, «Au début, c' est toujours difficile. Quand elles arrivent chez nous, elles sont déprimées , elles ne comprennent pas pourquoi leur famille les «abandonne». Il leur faut du temps pour s'habituer», explique Aziza. La maison embauche des éducatrices, des assistantes sociales, des infirmières, pour soutenir les jeunes filles et les aider dans leur quotidien, toutes diplômées d'Etat, selon le cahier des charges instauré par la loi 14-05, relative aux conditions d'ouverture et de gestion des établissements de protection sociale, et aussi des cuisiniers et des femmes de ménage, «les filles ne font pas le ménage, même pour le linge, nous avons équipé une buanderie», atteste Saidi.

«Les choses ont vraiment changé ici, avant nous souffrions beaucoup, l'endroit était sale, la nourriture horrible, en plus nous mangions chaque jour la même chose, même le personnel a changé de comportement avec nous», révèle Siham, pensionnaire depuis 15 ans.
Concernant le payement des frais et charges, la maison est entourée d'un ensemble immobilier sous forme d'appartements et de fonds de commerce, censés financer l'orphelinat, «nous avons trois sources de revenus, les loyers, la surtaxe d'abattage, et enfin les bienfaiteurs», révèle Saidi. Les loyers doivent rapporter normalement 54 millions de centimes par mois, sauf si les locataires ne payent pas ce qu'il leur est dû. Du coup l'association ne perçoit qu'entre 25 et 28 millions. Aussi, à cause de l'abattage clandestin, les revenus de la surtaxe sont de 500.000 dirhams au lieu des six millions habituels annuellement. Pour les repas, le directeur tient une comptabilité et fait un appel d'offres trimestriel pour les fournisseurs de denrées alimentaires, afin d'être à l'abri des fluctuations des prix. Ces fournisseurs assurent des repas équilibrés et diversifiés au sein de l'association, «de temps à autre, j'invite les filles à manger dans un restaurant, par groupe et par tranche d'âge.

Aussi nous avons mis à la disposition des «grandes», des petites cuisines dans leurs chambres, pour se sentir plus indépendantes», indique Saidi. «La direction répond à toutes nos demandes. Jadis nous souffrions beaucoup, mais Dieu merci, actuellement, on mange bien, on est scolarisées, on fait du sport, des sorties..., la semaine dernière, nous étions à la plage à Mohammedia», annonce Touria. «Les choses se sont beaucoup développées ici, nous nous sentons chez nous, nous n'avons plus le sentiment d'être orphelines, mais de faire partie d'une vraie famille», dit Hasna, pensionnaire depuis 10 ans.

Tout n'est pas rose aux orphelinats

Malheureusement la maison de filles de l'Association «Nour» constitue avec l'Association Lalla Hasna, des exceptions. En effet, la majeure partie des orphelinats du Royaume souffre de la mauvaise gestion et les enfants de mauvais traitement, «au niveau de l'infrastructure, les centres d'accueil ont beaucoup changé et ce, depuis l'adoption de la loi 14-05, reste la gestion qui laisse toujours à désirer. Concernant les enfants délaissés, les choses ne se sont point améliorées. Pour les responsables de ces centres un enfant : c'est manger, dormir et aller à l'école sinon le prédisposer à une future adoption. Aucun accompagnement dans le développement et l'épanouissement de cet enfant », assure Kheira Arab, membre de l'Association Lutins de Sables. Pour elle, le problème réside dans les mentalités des gens, «si on arrive à changer de mentalité, et si on arrête de prétendre que c'est toujours une question de moyens financiers, peut-être, on arrivera à voir le sourire réel de ces enfants privés de parents», estime-t-elle. Parmi les maisons en difficultés, figure l'orphelinat Aïn Chock qui relève également de l'Association «Nour». Selon Mohamed Saidi, le problème des pensionnaires réside dans le fait que leurs demandes dépassent de loin les ressources de l'Association. «Ces résidents, qui sont devenus hommes maintenant, et dont l'âge varie entre 20 et 40 ans, ne veulent pas quitter la maison, sous prétexte que l'association «est obligée», de leur assurer un travail étatique et un logement sachant que la loi 14-05 insiste sur le fait que les pensionnaires âgés de pus de18 ans doivent quitter les lieux», certifie Saidi.

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