Spécial Elections 2007

Tirs croisés à la Fédération

Le climat au sein de la Fédération royale marocaine des sports automobiles est délétère. L'Association nationale des pilotes marocains a ouvert le feu sur la Fédération et son président. Ce dernier riposte en annonçant qu'il portera l'affaire devant la justice.

05 Août 2011 À 18:49

Décidément, rien ne va plus à la Fédération royale marocaine de sports automobiles. Une guerre virulente oppose l'aile contestataire de la fédération et le bureau fédéral. En témoigne la lettre ouverte adressée par Youssef Alaoui, président de l'Association nationale des pilotes marocains, à la Fédération royale marocaine des sports automobiles. Une lettre d'une rare violence qui révèle la crise que traverse cette institution.
«... Cela fait six mois que nous tentons d'arranger les choses pour ne plus vous subir ! Vous êtes le pire bureau directeur que l'on ait eu dans l'histoire de cette FRMSA », lit-on dans cette lettre ouverte. L'auteur de cette missive est allé plus loin jusqu'à endosser la responsabilité de la mort d'un membre de l'équipe d'organisation sur le circuit d'Agadir. «Vous êtes personnellement responsable de la mort d'un pilote, de la mise en danger de la vie des autres pilotes, de la décrédibilisation de cette fédération et de ses valeurs, de la mort de notre championnat national par l'annulation successive des dates du calendrier; de l'échec du WTC, de la non-tenue des engagements signés avec le MJS et pire encore de la faillite de nos finances par des dépenses injustifiées telles que des notes de frais de pseudo-voyages à la FIA pour soi-disant nous représenter alors que vous êtes une honte pour nous et pour votre pays car vous savez très bien que vous ne servez que vos vils intérêts personnels ! ».
Contacté, Youssef Alaoui, auteur de cette lettre ouverte, a maintenu toutes les accusations proférées contre la Fédération. «Je ne peux pas me permettre de porter des accusations de manière légère si aujourd'hui je n'ai pas un minimum de 57 pilotes marocains qui peuvent attester de la véracité de ce que j'exprime en tant que porte-parole de notre association».
Et d'ajouter que cette association a été créée parce qu'il y a un malaise profond qui rend les pilotes las de tout ce qui se passe au niveau de la gestion de la fédération. «Nous sommes décidés à faire en sorte que la Fédération évolue. Au niveau mondial, le sport automobile occupe une place primordiale.
C'est un sport qui exprime des valeurs : le dépassement de soi, la performance, etc. Malheureusement au Maroc, nous avons des gens qui sont là depuis plus de 30 ans et qui ne servent que leurs propres intérêts», a-t-il indiqué.
Youssef Alaoui assure que l'aile contestataire de la Fédération dispose de la majorité des adhérents qui leur permet de provoquer une assemblée générale extraordinaire pour former un nouveau bureau. (L'assemblée en question s'est déroulée le samedi 30 juillet).

El Bekkali porte l'affaire devant la justice
Estomaqué par la gravité des accusations proférées par le président de l'Association nationale des pilotes marocains, le président de la Fédération royale marocaine des sports automobiles, Mohamed El Bekkali, a décidé de porter plainte contre Youssef Alaoui, qui, selon El Bekkali, a dépassé les bornes. «Les opposants ont le droit d'émettre des jugements, mais ne pas porter des accusations graves à l'encontre de la Fédération. On va porter plainte contre l'auteur de ses accusations», a-t-il indiqué.
El Bekkali a démenti également les accusations selon lesquelles la Fédération actuelle a décrédibilisé le championnat. «Contrairement à ce qui se dit à propos du championnat, la Fédération effectue un formidable travail. Nous sommes déjà à la 5e épreuve du championnat.
Et toutes épreuves organisées ont été bien organisées. Ces soi-disant opposants essayent tout simplement de saboter le travail que nous sommes en train d'effectuer», a-t-il précisé. En réponse à ceux qui accusent la fédé d'être responsable de la mort d'un membre de l'équipe d'organisation sur le circuit d'Agadir, El Bekkali a indiqué que la Fédération ne restera pas les bras croisés face à une telle accusation infondée.
«Il s'agissait d'un incident regrettable qui nous a bouleversés. On a notre assurance. Et je ne vois pas pour quelle raison ces gens essayent d'exploiter un incident regrettable».

Quant à la faillite des finances de la fédé, le président a répondu par l'infirmatif tout en soutenant que la gestion de la Fédération est transparente. «Notre Fédération est gérée par un comité directeur et toutes les décisions sont votées», a-t-il souligné. Et d'ajouter que tout vient du fait que la FRMSA a réussi à placer quatre membres à la FIA et que l'article 33 donne à la fédé le droit de leur rembourser une partie de leurs frais de déplacement.
On leur paye un billet low-cost chaque fois qu'il y a une réunion de la FIA et 150 euros. Je ne vois aucune dilapidation du fait que ses remboursements sont prévus par l'article précité.
El Bekkali a, en outre, assuré que l'aile contestataire ne représente aucune majorité contrairement à ce qu'elle prétend et que l'assemblée générale extraordinaire est nulle et non avenue parce que la composition de la Fédération c'est 10 associations.
Le reste, il y a deux associations qui ont demandé le droit à la filiation sans plus. Et pour être affilié, il faut faire une activité sportive et c'est l'assemblée générale qui entraîne le droit à la filiation.

Un autodrome en projet

L'annonce de la fédération royale marocaine de sport automobile (FRMSA) de vouloir réaliser un autodrome pour la promotion des sports mécaniques au Maroc est-t-il réellement une volonté de développer ce sport ou juste une manœuvre de la fédé pour faire taire les contestataires. Difficile de répondre à cette question surtout que cette annonce a été faite alors qu'une querelle intestine oppose certaines associations à la fédération. Soulignons qu'en février 2010, le FRMSA a signé une convention avec le ministère de la jeunesse, avec notamment, pour objet de développer le karting, en tant que moyen de vulgarisation des sports automobiles parmi les jeunes, de créer une école nationale, d'atteindre 200 pratiquants licenciés en 2012 (contre 100 actuellement), de créer un autodrome à l'horizon 2015 et d'organiser des événements internationaux au Maroc, notamment une manche du championnat du monde de Rallye (WRC).
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