15 Mai 2012 À 18:47
C’est bien de montrer les points noirs en matière de gestion de la chose publique. Mais c’est encore mieux d’agir en conséquence pour rectifier le tir. Certes, les rapports de la Cour des comptes mettent le doigt sur les dysfonctionnements au sein des différentes institutions publiques et semi-publiques. Quand bien même les recommandations de la Cour sont généralement respectées par les organismes examinés, ces derniers mettent du temps pour s’y conformer. Leur mise en œuvre traîne le pas jusqu’à ce que les failles deviennent criantes. Le contrôle des finances publiques devient dès lors un exercice certes régulier mais sans effet immédiat sur l’amélioration de la gouvernance des recettes et dépenses. Application des recommandations Pour remédier à cette nonchalance, le chef du gouvernement vient d’envoyer une circulaire aux membres du gouvernement, les hauts commissaires, le délégué général et le délégué ministériel. Elle vise la mise en application des recommandations du dernier rapport 2010 de la Cour des comptes. Fait marquant, Abdelilah Benkirane a enjoint à ses ministres de relever tous les cas de conflits d’intérêts entre les institutions et organismes publics et de les stopper en urgence. Efficacité de l’audit interneLa missive du chef du gouvernement a mis en exergue les grands traits du rapport 2010. Il s’agit, principalement, du faible rendement de la dépense publique, de l’inefficacité de l’audit interne des établissements publics, l’absence de la culture de gestion liée au résultat et le peu de coordination entre les gestionnaires de la chose publique. Ce n’est pas tout. Le document reproche aux entreprises publiques et aux collectivités territoriales leur manque de concertation. Même verdict pour ce qui est de la faiblesse de la gouvernance des projets. Principalement en ce qui concerne la définition des besoins, l’efficience des solutions proposées et la compétence des RH auxquelles incombe la gestion des investissements et le respect du principe de transparence en matière d’appels d’offres. Pour remédier à ces carences, il devient impératif de réagir positivement et dans les délais aux recommandations des rapports de la Cour des comptes.
Il y va de l’application du principe constitutionnel de reddition des comptes. Mais surtout d’une meilleure utilisation des deniers publics entourée des garanties de rationalisation des dépenses. Toutes ces options versent dans le principe de moralisation de la vie publique à tous les niveaux de gouvernance. Un objectif que l’actuel gouvernement a mis en avant dans sa déclaration devant le Parlement avant de l’ériger en ligne de conduite que ses membres sont appelés à observer. Enfin, et pour lever toute équivoque quant au caractère formel de sa circulaire, Benkirane a expliqué que l’application des recommandations de la Cour des comptes n’exclut pas la poursuite judiciaire dans les cas où c’est nécessaire.