Spécial Marche verte

La cyberlégislation, un coup de pouce à Internet

Du 9 au 11 mai, le Centre national pour la recherche scientifique et technique de Hay Ryad a accueilli des experts du monde arabe pour discuter d’un cadre juridique harmonisé de nature à renforcer la cybersécurité dans l’espace maghrébin

Plusieurs travaux pour lutter contre la cybercriminalité sont en cours dans les pays de l’UMA.

13 Mai 2012 À 11:13

Terme nouveau, la cyberlégislation vient répondre à un besoin des années 2000 à la suite de l’invasion d’Internet. Conscient des enjeux autour de la prolifération et de l’importance qu’a connu la toile dans la vie de tous les jours, juristes, universitaires, experts en technologies de l’information et de la communication, ainsi que responsables de plusieurs départements concernés des cinq pays maghrébins se sont réunis autour de cette problématique pour mettre leur savoir-faire en commun. «Le but de l’atelier est de réunir des experts des pays membres de l’Union du Maghreb arabe (UMA) pour discuter de la cyberlégislation et la cybercriminalité», explique Mohamed Timoulali, coordinateur de La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. «Plusieurs travaux pour lutter contre la cybercriminalité sont en cours dans les pays de l’UMA, il est donc nécessaire de faire le point en vue d’une harmonisation des actions».

En effet, toutes les activités ou presque se font sur la toile et des mesures draconiennes sont mise en place pour protéger le cyber-consommateur de toute fraude, usurpation d’identité, violation de données personnelles ou d’actions terroristes. «Chaque pays, à lui seul, ne peut pas faire du bon travail et ne pas se suffire à lui-même», explique le coordinateur qui fait intervenir les experts et les incite à s’étaler sur le sujet et à parler des expériences de leurs pays. «Nous avons déjà réalisé un travail de fond avec l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale afin d’essayer de mettre sur pied une réelle convention et un guide, équivalent à celui de la CIA et du FBI», continue l’expert. Ayant parié sur le développement intégré et la croissance, les pays du Maghreb s’orientent de plus en plus vers le développement des systèmes d’information numérique et les télé-services. «L’e-gouvernement, l’e-commerce ou l’e-learning sont autant de pratiques qui commencent à percer dans la vie économique, politique et sociale de nos pays», intervient un expert de l’audience.

Enjeu de taille

«Dans ce contexte, il est devenu primordial de renforcer les instruments juridiques existants et de les adapter à l’évolution rapide que connaît ce secteur pour renforcer la confiance dans l’économie du savoir, encourager les investissements et la création d’emplois et prévenir les dérives possibles». Un enjeu de taille pour promouvoir la confiance dans les pays et encourager les investissements d’où la nécessité de mettre en place des textes réglementaires de rigueur. Un point qu’a soulevé la directrice du CEA, Karima Bounemra Bensoltane, lorsqu’elle a insisté sur l’urgence de se mettre à la tâche en vue de faire éclore une législation maghrébine, prévenant les cybercrimes en recrudescence à l’image de ce qui fût relaté par un rapport international, paru en 2011. Un atelier qui a donc permis d’échanger sur ce qui se fait dans les pays voisins. Les intervenants et les participants se sont dits ravis d’être en mesure d’avoir une idée de ce qui se faisait en Libye ou en Algérie, par exemple, dont les informations sont difficiles à trouver.

Il a aussi été question de comparaison entre pays et de classements. Cependant, la chose est rude dans le sens où chaque pays est différent et dispose d’un attirail et de dispositifs, difficiles à évaluer. «Même la Tunisie qui a toujours bien été classée doit se mettre à niveau, car les technologies avancent tout le temps et la crise dans le pays n’a pas aider es choses», précise Mohamed Timoulali. Un classement souvent difficile et approximatif puisque les chiffres ne sont pas toujours parlant entre les données révélées par les sociétés de logiciels qui veulent faire gonfler leurs chiffres d’affaires et les autorités qui se basent sur du déclaratif. Qui croire ? D’autre part, en ce qui concerne le Maroc, une loi sur les données personnelles existe, mais elle n’est pas encore appliquée comme il se doit. L’objectif serait d’incorporer les crimes sur le Code pénal dans un pays où le non déclaré bat son plein avec les temples du piratage informatique comme un certain Derb Ghalef. Ainsi, le problème est de taille et le Maghreb doit conjuguer ses efforts pour harmoniser la législation d’une cybercriminalité qui continue d’avancer et de se développer autant qu’Internet, c’est-à-dire à haut débit…

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