08 Octobre 2012 À 20:07
Né en 1946 à Ouled Frej (El-Jadida), le défunt était l’une des figures emblématiques de l’État, qui avait mis, dès son jeune âge, l’intérêt national avant toute autre considération au service du grand chantier de feu S.M. le Roi Hassan II, celui de la construction des institutions de l’État, et de l’ambitieux projet de S.M. le Roi Mohammed VI pour la consolidation de l’État de droit. Abnégation, dévouement et intérêt national étaient les maîtres mots qui ont guidé la vie de ce haut fonctionnaire et serviteur de l’État que fut El Mostapha Sahel.
Il compta à son actif plusieurs postes de hautes responsabilités, dont celui de directeur général du Fonds d’équipement communal (FEC) et de membre du conseil d’administration du Fonds arabe pour le développement économique et social, ministre des Pêches maritimes et de la marine marchande (1995-2001), puis wali de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer de 2001 à 2002. Ce parcours remarquable lui a permis de s’imposer comme l’une des figures importantes au sein de l’administration territoriale, parcours qui a été couronné par sa nomination en tant que ministre de l’Intérieur entre 2002 et 2006. À ce poste, Sahel s’était distingué à nouveau par sa capacité à se placer au-dessus des clivages, à mettre en œuvre le nouveau concept d’autorité et à œuvrer dans le sens de l’intérêt général afin de conférer davantage de crédibilité et de neutralité les institutions de l’État. Fidèle à ses principes, Sahel a vite fait de s’imposer aussi comme l’une des figures importantes de la diplomatie marocaine.
Son charisme et sa capacité d’analyse le conduiront ainsi à occuper le prestigieux poste d’ambassadeur représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations unies. Il a été ensuite nommé ambassadeur du Royaume en France, avant d’être rattrapé par la maladie. Tout au long de sa carrière, il n’aura eu de cesse de gravir les échelons avec une seule obsession, servir sa patrie et son Roi. La carrière atypique et unique de ce grand commis de l’État l’aura prouvé : il a su composer avec les soubresauts et les méandres de la vie politique. Ce caractère ancré dans la nature calme du défunt en a fait sans conteste le grand leader de l’ombre. D’ailleurs, sa nomination le 5 octobre 2011 par le Souverain, conseiller de S.M. le Roi au Cabinet royal, illustre, à elle seule, la qualité de ce grand homme qui a frayé son chemin avec brio dans les rouages de l’État.Son parcours recèle de précieuses leçons de gestion, de leadership et de constance dans l’action publique, lui permettant de servir de modèle pour les jeunes générations.