Après avoir été considéré dans plusieurs pays comme une espèce noble, le sanglier a réussi ces dernières années à faire l’unanimité contre lui. Les effectifs du sanglier ont connu une augmentation importante causant ainsi des dégâts significatifs aux récoltes, aux plantations agricoles et aux peuplements forestiers. Face à ce danger, il est devenu urgent de réagir. «Dans notre stratégie de régulation des densités de sanglier, nous avons identifié plus de 300 zones comme points noirs, dont la régulation nécessitera l’organisation de plus de 800 battues pour un budget de près de 4 090 000 DH. Il faut signaler qu’en 2012, il a été procédé à l’abattage de 8 800 sangliers comparativement à
2 011 où 5 100 sangliers ont été abattus, soit une augmentation de 71%», a souligné Mohamed Saïdi, chef du service de la chasse au Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), lors du coup d’envoi officiel des battues de sangliers, lancées samedi 8 décembre. Pour préparer cette campagne, un travail en amont a été effectué par le HCEFLCD, notamment en ce qui concerne l’identification des zones de concentration appelées aussi zone à risque ou «points noirs», et qui correspondent à une zone géographique sur laquelle sont constatés des dégâts agricoles importants ou des dégradations dans les habitations. La campagne de battues du sanglier devra durer toute l’année sur l’ensemble du territoire et sans limitations de quota dans les «points noirs». Elle concernera le Sud-Ouest, le nord de l’Oriental, le Haut et le Moyen-Atlas où ont été identifiés 62% des «points noirs». La prolifération du sanglier est un phénomène qui concerne tous les pays du pourtour méditerranéen, aux conditions écologiques et climatiques similaires à celles du Maroc. Cet accroissement est le résultat d’un déséquilibre écologique dû à la nature prolifique de cette espèce qui peut donner naissance à quatre jusqu’à dix marcassins en une portée avec possibilité de deux portées par an, mais aussi à sa capacité d’adaptation aux différents milieux. La prolifération de cet animal est due également à la disparition des prédateurs naturels notamment de la panthère. Lors du débat, il a été question de sauvegarder le chacal, qui est aussi un grand prédateur du sanglier. Mais ce prédateur se trouve actuellement menacé par la horde de chiens errants et sauvages qui vivent dans la forêt.
Pour sa part, Jilali Chafik, président délégué de la Fédération royale marocaine de chasse (FRMC), a rappelé les mesures d’accompagnement à entreprendre pour la réussite de ces battues en pensant à l’enterrement des sangliers abattus. «Sans cela, les chasseurs seront réticents à toute éventuelle battue», a ajouté M. Chafik. Ce dernier a aussi interpellé les responsables de la chasse sur les autorisations administratives pour lancer des battues de sangliers. «Ces autorisations ne sont plus nécessaires dans les “points noirs”. Il faut seulement éviter d’avoir dans ces zones des problèmes entre chasseurs et agriculteurs», lui ont répondu des responsables de cette campagne.
Surtout ne pas oublier de penser à la sécurité du trafic routier. «Il faut mettre une signalisation de limitation de vitesse pour alerter les automobilistes sur les zones où se déroulent ces battues de sangliers», ont indiqué des gendarmes présents à cette rencontre. «Nous allons penser à la mise en place des panneaux de signalisation pour éviter des accidents. En France, par exemple, le sanglier a été à l’origine de plus de 20 000 accidents en 2009», a souligné Abdeladim El-Hafi, Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD). Pour informer les conducteurs sur les zones où se dérouleront ces battues de sangliers, l’agenda de ces opérations sera mis ultérieurement sur le site du HCEFLCD, nous a indiqué un responsable proche de ce dossier.
