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Statistiques macroéconomiques : un Arabstat pour bientôt

● Un Congrès régional sur les statistiques macroéconomiques et financières dans les pays arabes a démarré hier.
● Objectif : créer une instance régionale officielle chargée des statistiques.

L’initiative du FMI tombe à point nommé.

15 Mai 2012 À 16:40

À l’instar des pays européens et africains, les pays arabes comptent créer une instance officielle régionale chargée des statistiques macroéconomiques et financières. C’est dans cet esprit-là qu’une pléiade de responsables gouvernementaux et institutionnels nationaux et étrangers a fait le déplacement lundi à Rabat pour prendre part aux travaux du Congrès régional de haut niveau organisé conjointement par le Royaume et le Fonds monétaire international (FMI). Placée sous le thème «les statistiques macroéconomiques et financières dans les pays arabes et leur importance dans la mise en œuvre des politiques économiques», cette rencontre s’est assignée comme objectif principal d’élaborer une feuille de route pour créer une instance chargée des statistiques. Celle-ci prendra la dénomination «Arabstat».

À l’ouverture des travaux de cette réunion, coprésidée par Nizar Baraka, ministre des Finances et de l’Économie et Nemat Shafik, directrice générale adjointe du FMI, le ministre a affirmé que «cette instance est désormais une nécessité pour les pays arabes dont l’objectif est notamment de veiller au renforcement de la coopération entre les instances nationales des statistiques». Une nécessité qui s’explique par l’argentier du Royaume par les expériences très modestes des pays arabes en matière de capacités statistiques ainsi que la faible implication dans les normes internationales en vigueur, à savoir le SDDS et le GDDS.

De son côté, Nemat Shafik a tenu au début de son intervention à féliciter le Maroc pour ses réalisations dans ce domaine. Pour elle, «le Royaume est un exemple excellent». Elle a également mis l’accent sur l’importance des statistiques pour soutenir le développement et la nécessité de coordonner les actions et de promouvoir l’échange entre les pays arabes pour aider les systèmes à se rapprocher. Et ce, conformément aux meilleures pratiques régionales en la matière. Citant l’exemple d’Eurostat, cette responsable a tenu à exprimer l’appui du FMI pour la concrétisation de cette idée et l’accompagnement des parties prenantes dans cette approche.

Sur un autre registre, l’initiative du FMI tombe à point nommé. La crise internationale, dont les répercussions étaient inéluctables pour tous les pays, oblige ces derniers à concevoir de nouveaux systèmes de statistiques plus solides et plus fiables. Sur ce chapitre, Nizar Baraka a tenu à mettre en exergue l’importance des statistiques macroéconomiques dans tout ce qui concerne le suivi et l’évaluation des politiques économiques et financières. D’après lui, «dans une conjoncture caractérisée par des mutations socioéconomiques et financières rapides, les statistiques macroéconomiques demeurent un référentiel pour les décideurs leur permettant ainsi d’arrêter les priorités et les programmes de développement durable». Même son de cloche auprès de Nemat Shafik qui estimait que la crise pouvait être évitable, s’il y avait des données précises. «Si nous avions des données et des prévisions prudentielles, nous aurions pu éviter la crise», pour reprendre son expression.

Toujours dans le même ordre d’idées, l’adjointe de Christine Lagarde a souligné que «dans un contexte marqué par des interconnexions importantes, les données restent primordiales pour atténuer les risques». Ainsi, combler le fossé en matière des données s’avère plus que jamais nécessaire. Afin d’y parvenir, il faut promouvoir le cadre juridique pour renforcer davantage la notion de transparence, ainsi que mettre en place des régulateurs au niveau des réseaux de financement. D’ailleurs, la responsable a annoncé que le FMI lancerait bientôt une nouvelle norme NSDD+, une initiative pour améliorer les portefeuilles d’investissements. En tout cas, ces indicateurs restent indispensables pour aider les gouvernements à évaluer les progrès de leurs stratégies de développement ainsi que pour identifier les résultats enregistrés et à atteindre. Ils constituent une base solide pour arrêter les politiques. Idem pour les bailleurs de fonds. Les statistiques sont de véritables mécanismes de suivi de l’utilisation des fonds alloués et de l’évaluation des interventions.

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