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Moulay Abdellah Amghar s’enlise dans la pauvreté

En dépit des promesses, la commune de Moulay Abdellah Amghar, ou Tit, ne semble pas susciter l’intérêt du conseil communal et des pouvoirs publics.

16 Mai 2012 À 11:28

À environ 10 km d’El-Jadida, le village de Moulay Abdellah Amghar offre une vue panoramique sur l’Atlantique. Mais cette vue ne fait pas oublier les difficultés quotidiennes et le dénuement dans lequel vivent les 6 000 habitants. Actuellement, et en dépit de sa situation géographique, le village de Moulay Abdellah Amghar connaît une certaine léthargie et son développement est négligé depuis bien longtemps.

Et même si la commune de Moulay Abdellah Amghar est l’une des plus riches du Maroc avec un excédent de plusieurs milliards, le conseil communal et les pouvoirs publics semblent peu empressés de rendre son lustre au village de Moulay Abdellah, qui est pourtant un lieu mythique, mais qui manque cruellement d’espaces de loisirs et souffre de la dégradation des infrastructures. Quelques mois avant les dernières élections et à la suite des promesses des candidats aux législatives et aux communales, les habitants du village Moulay Abdellah Amghar ont voulu croire aux promesses de ces candidats. Finalement, la situation est restée inchangée. Les rues et les ruelles sont toujours en piteux état.

Les trous béants, les nids de poule, les voies défoncées constituent une préoccupation quotidienne de la population, même pour ceux qui n’effectuent qu’une brève escale dans cette localité. Pire encore, même les nouveaux lotissements n’ont pas de chaussées goudronnées, à tel point qu’on se croit revenu un ou deux siècles en arrière. D’où la question sur le vrai rôle des élus et sur le mutisme des autorités locales. La cité est également connue pour ses bâtisses historiques qui malheureusement se délabrent avec le temps. Les maisons s’effritent dans la plus grande indifférence. Mais ce ne sont pas seulement les monuments historiques de Moulay Abdellah Amghar qui sont en voie de disparition, c’est plutôt l’âme, l’histoire et le patrimoine de cette pauvre commune qui se perdent. D’autre part, le moussem de Moulay Abdellah Amghar, de renommée nationale, n’a été doté d’aucune infrastructure hôtelière par les responsables concernés, alors qu’il draine beaucoup de monde durant l’été.

À cela s’ajoute le fait que l’environnement ne se prête pas au maintien de la propreté : des ordures s’amoncellent partout, dégageant des odeurs nauséabondes. En fait, les décharges sauvages constituent une véritable plaie qui enlaidit cette localité et représente un danger pour la santé du citoyen. Des mendiants en guenilles ou des enfants fouillent dans des décharges à ciel ouvert dans l’espoir de trouver de quoi manger. Cet état de sous-développement aigu a provoqué un chômage massif parmi les jeunes qui errent entre oisiveté et débauche.

«Quelques-uns ont pu avoir des emplois d’ouvriers de seconde zone à Jorf Lasfar», se désole un villageois qui y voit une preuve supplémentaire de la marginalisation de la localité. La majorité des jeunes ont toujours vécu de la pêche ou de la cueillette des algues, leurs seules activités et leurs principales ressources, voient aujourd’hui celles-ci de plus en plus compromises. La plupart des habitants attribuent cet état de fait aux élus. «Notre commune est très mal gérée», déclarent-ils. Depuis des décennies, on ne cesse de répéter qu’il y a des fiches techniques élaborées et des milliards pour l’aménagement et la requalification urbaine à Moulay Abdellah. Évidemment, tout le monde sait que le budget annuel de la commune est très conséquent. Mais où va tout cet argent ? En tout cas, ni le président de la commune ni les autorités locales n’ont daigné s’intéresser à Moulay Abdellah. Le malheur c’est que tous les maires, qui se sont succédé depuis les années 80 jusqu’à nos jours, ont fait des promesses qu’ils n’ont jamais tenues. Et la paupérisation qui avance à pas de géant suscite un sentiment de rejet dans les rangs de la population.

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