09 Septembre 2012 À 14:46
Décidément, c’est le calme qui précède la tempête. C’est du moins ce que l’on puisse dire pour qualifier la situation actuelle dans la rue marocaine. Le gouvernement aura du mal à affronter tous les mouvements de protestations prévues pour cette rentrée sociale. Si les syndicats affûtent déjà leurs armes en attendant le nouveau round de négociations pour rompre la trêve sociale et démarrer les débrayages, les diplômés chômeurs se préparent déjà à investir les grandes artères de la capitale pour faire valoir leur principale revendication, à savoir le recrutement direct et sans condition dans la fonction publique. Les diplômés sont en grogne et ce n’est certainement pas l’incident du lundi dernier qui va apaiser les esprits. Les cadres en chômage qui avaient investi de force le siège du Parti de la justice et du développement pour revendiquer leur droit à l’embauche directe ont très mal pris l’intervention musclée des services de sécurité qui a fait parmi eux d’ailleurs plusieurs blessés. Déjà, ils voyaient d’un mauvais œil les déclarations du chef du gouvernement qui avait affirmé qu’il était désormais impossible d’obtenir des postes budgétaires en exerçant la pression via la rue ou l’occupation des locaux de l’administration. Aujourd’hui, les diplômés sont décidés. Il n’y aura pas de nouveaux acquis sans pression. Les coordinations promettent au gouvernement un automne chaud et menacent de durcir encore le ton, si des négociations directes avec l’Exécutif ne sont pas engagées dans les prochains jours.
Les diplômés reprochent notamment au gouvernement de ne pas pouvoir gérer les grands problèmes structurels du pays, notamment le dossier de l’emploi. Les coordinations qui boycottent toujours les concours d’accès aux emplois de l’État appellent à une mobilisation sans précédent dans les rues de la capitale pour faire entendre leur voix. «Nous remettons en cause ces concours parce que nous n’avons pas de garantie du respect du principe de la transparence et de l’équité lors de la sélection des candidats», déclare au «Matin» Kacimi Abdellah, secrétaire général du groupe de la coordination des cadres supérieurs de 2011.
Outre leur refus de participer aux examens de sélection, les diplômés dénoncent le nombre de postes prévus dans le cadre de la nouvelle loi de Finances et qui reste très limité par rapport au nombre des cadres en chômage. «Le gouvernement avait déjà fait la promesse d’augmenter le nombre de postes, mais nous restons toujours dans l’expectative», souligne un autre diplômé chômeur qui a préféré garder l’anonymat. Pour le gouvernement, il n’est pas question de lâcher du lest. Interrogé par «Le Matin» sur la position de l’Exécutif vis-à-vis de cette nouvelle vague de protestations, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Mustapaha El Khalfi, a été on ne peut plus clair. Il ne sera pas question de passer outre les concours. «L’instauration des concours est une mesure qui vise à garantir la transparence, l’égalité des chances et la démocratie dans l’accès à ces postes. Elle vient également pour décliner le contenu de la nouvelle Constitution», indique M. El Khali..