Le Matin : Votre nom revient avec insistance ces derniers jours en tant qu’adjoint du futur entraîneur de l’équipe nationale, qu’en est-il réellement de cette information ?
Walid Regragui : Écoutez, j’ai eu aussi écho de cette information. J’ai été contacté par plusieurs personnes qui effectivement me demandaient si on m’a confié le poste d’entraîneur adjoint. Mais je vous informe que je n’ai pas été contacté par personne et que moi-même je ne sais pas d’où venait cette information. Ça fait plaisir qu’on pense à moi. C’est une fierté de servir l’équipe nationale. Ça sera bien pour moi et pour l’équipe nationale.
Vous ne fermez donc pas la porte ?
Absolument pas. Je suis à la disposition de l’équipe nationale. Ça sera une fierté de la servir à nouveau.
La FRMF a décidé de confier les rênes de l’équipe nationale à un entraîneur marocain en cette période de crise, est-ce que vous pensez que c’est une bonne décision ?
Sincèrement, ce qu’il nous faut c’est un entraîneur qui fasse gagner l’équipe et qui la fasse jouer. Le football n’a pas d’identité donc l’origine de l’entraîneur n’a pas d’importance du moment qu’il aide l’équipe à progresser. C’est vrai que maintenant avec la crise des résultats, l’équipe a plus besoin d’un entraîneur marocain en mesure de motiver les joueurs et de les regonfler à bloc afin de tirer le meilleur d’eux. Il faut que le futur entraîneur arrive à réhabiliter le onze national auprès de son public afin que ce dernier se reconnaisse dans cette équipe.
Dans un entretien accordé à un média français, vous avez déclaré que Gerets n’était pas responsable à lui tout seul des résultats négatifs de la sélection nationale, quels sont les autres responsables de ce déclin ?
J’ai passé mes diplômes, j’ai été un ancien joueur, je calcule bien le travail de l’entraîneur. Tout entraîneur quel qu’il soit reste toujours dépendant des joueurs. S’il n’y a pas d’adhésion au discours de l’entraîneur et s’il n’y a pas de cohésion au sein du groupe, forcément les résultats ne seront pas là. Effectivement, il n’y a pas que Gerets qui assume cet échec, les joueurs aussi sont responsables. Gerets endosse plus de responsabilité puisqu’il n’a pas su corriger les dysfonctionnements. Quand on perd contre la Guinée Conakry ou avant contre l’Ouganda en LG CUP, les joueurs devraient, eux aussi, se remettre en question et l’entraîneur devrait adopter un nouveau discours.
Est-ce que vous avez été convaincu des choix de Gerets ?
Il faut être au sein de la sélection pour comprendre certains choix de l’entraîneur qui apparaissent de l’extérieur insensés. Il y a des joueurs qui sont en difficulté dans leurs clubs, mais qui sont indispensables pour la sélection dans la mesure où ils sont importants pour la vie du groupe. Ce sont des choix qui ne faisaient pas l’unanimité de l’extérieur, mais ce sont généralement des choix mûrement réfléchis parce que ces joueurs apportent quelque chose au groupe. Quand l’équipe gagne, ce genre de choix ne pose pas de problème, mais quand elle ne gagne pas ces choix ne passent pas aux yeux du public.
Vous êtes hyper apprécié du public marocain parce que vous avez toujours mouillé le maillot, pourquoi n’y a-t-il pas autant d’envie et de détermination chez les joueurs actuels de la sélection nationale ?
C’est une autre génération qui évolue en équipe nationale. Je pense qu’il y a un travail pédagogique à faire auprès des joueurs pour les inciter à s’impliquer davantage. Il faut leur tenir un nouveau discours. Ces joueurs aiment beaucoup le Maroc. Je suis sûr qu’ils ne trichent pas sur le terrain, il faut seulement savoir leur parler, les motiver. Je suis optimiste concernant l’avenir de l’équipe nationale parce que le Maroc n’a jamais eu autant de joueurs talentueux comme maintenant.
Il faut juste changer de discours.
Si demain vous faites partie du staff technique de l’équipe nationale, quel sera le discours qu’il faudra tenir aux joueurs pour remonter les deux buts face au Mozambique ?
Je ne peux pas répondre à cette question pour la simple raison que je ne suis pas l’entraîneur. C’est au sélectionneur de prendre la parole pour les remotiver. Ce que je peux dire c’est que le public marocain doit être derrière son équipe à 100%. Il faut aussi être positif parce qu’on avait déjà vu des retournements de situation.
Et l’équipe nationale peut effectivement remonter cet obstacle de deux zéro et se qualifier. Mais pour cela, il faut que tout le monde soit derrière l’équipe.
«Il nous faut un entraîneur qui fasse gagner l’équipe»
Annoncé comme adjoint du futur entraîneur de l’équipe nationale, Walid Regragui affirme n’être contacté par personne, mais se dit prêt à servir les Lions de l’Atlas si on fait appel à ses services. Regragui affirme également qu’il faut un entraîneur qui fasse gagner l’équipe nationale, abstraction faite de son identité.
LE MATIN
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21 Septembre 2012
À 17:06
