27 Mars 2012 À 18:13
Une rencontre prévue par les organisateurs afin de mettre la lumière sur le patrimoine anthropologique de la région, dont la culture millénaire est riche en traditions, coutumes, mœurs et arts populaires. L’enjeu est de mettre le volet culturel au service du développement durable.
«Nous avons opté pour ce thème, car nous sommes conscients de l’intérêt de la culture et ses profondes spécificités dans la région de Drâa. Sans oublier que de nombreux grands changements de l’Histoire du Maroc ont eu lieu dans cette région. Celle-ci n’ayant pas encore dévoilé tous ses secrets, du fait qu’une grande partie de sa culture se base sur la transmission orale et non écrite, notre appel à la sauvegarde du patrimoine immatériel de cette région est une invitation à la mise en valeur de l’une des composantes du Maroc constituant sa personnalité civilisationnelle et humaine. Sachant que les meilleurs représentants d’une nation ou d’un pays sont bien sa culture et sa civilisation, fruit de l’expérience de l’être humain», souligne l’écrivain Abdelaziz Errachidi qui présidera le déroulement de la table ronde.
Ainsi, chercheurs et passionnés de gravures rupestres, de modes gastronomiques, de modes de vie ancestraux, d’arts populaires et leurs symboliques sont conviés à suivre de près les présentations des universitaires et académiciens, notamment Abdelkarim Alfazani, Mohamed al-Bouzidi, Mustapha Eddafali, Idriss Ennakouri, Maherzi Khalifa et Philippe Voisenet, vice-président du Tourisme sans frontières-France. L’objectif est d’exploiter le produit culturel et de le mettre au profit du tourisme. «Le concept du tourisme a changé mondialement. Actuellement, il est beaucoup plus lié à l’exploration et à la découverte de la population avant le lieu, et ce, à travers sa culture, son patrimoine, sa poésie populaire et son dialogue. Le soleil et la mer sont présents partout. Le touriste, de nos jours, ne vient pas uniquement pour ces deux conditions, mais pour des choses plus importantes pour lui, dont le mode de vie des gens et leur culture.
Plusieurs pays vivent de ce tourisme culturel. À mon avis, beaucoup de touristes visitent Paris ou Le Caire pour la promotion culturelle de ces villes, car ils y trouvent des musées, des salles d’exposition, des représentations théâtrales et autres lieux où sont passés de grands écrivains et peintres. C’est pour cela qu’il faut reconnaître l’ampleur de ce tourisme culturel à travers deux visions : d’une part, par rapport à la ville et ses habitants, d’autre part, par la promotion du produit culturel et sa sauvegarde en donnant la vraie image du pays. Ce qui pourra, avec cette initiative, reléguer le Maroc parmi les pays qui exploitent intelligemment leur produit culturel en contribuant au développement et à l’évolution du citoyen, puis à la conservation du lieu», explique Abdelaziz Errachidi. Et d’ajouter que «l’intérêt que je porte à la culture de cette ville et ses oasis me laisse optimiste quant à une dynamique future de toute la région pour la conservation de son legs ancestral, civilisationnel et humain. Notre souhait est que cet héritage, matériel ou patrimoine culturel immatériel, soit sauvegardé. Donc, ce Forum est un grand pas dans ce sens surtout s’il laisse derrière lui une mémoire pour l’Histoire et un point de repère pour la continuité».
Dans le volet culturel, les organisateurs envisagent de lancer un Concours artistique et littéraire dédié aux jeunes talents littéraires de la région. Une compétition qui permettra aux écrivains et créateurs en herbe de s’exprimer et de faire valoir leur créativité. Une soirée poétique figure, également, parmi les activités du Forum avec la participation de Abdelkrim Tabbal, Fatiha Morchid, Kamal Akhlaqi, Abderrahim Al Khassar, Widad Benmoussa et Mohamed el-Annaz.