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Un même thème, deux visions plastiques

● Khalid El Bekay et Père de Ribot exposent, jusqu’au 10 juin prochain, leurs œuvres à Jad Art Galerie à Casablanca.
● «Pays-âge» est le thème choisi pour exprimer leurs visions respectives.

15 Mai 2012 À 15:50

Une exposition plutôt exceptionnelle réunissant deux peintres qui se sont connus en Espagne, pays où réside, également, Khalid El Bekay à Barcelone. Leur amitié s’est de plus en plus consolidée, car leurs ateliers se trouvent côte à côte. Donc, ils ont eu tout le temps de se connaître et de s’apprécier l’un et l’autre.Cette prestation, qui les réunit, vient à temps pour renforcer ce lien d’amitié qui s’est créé spontanément entre eux.

Leurs points de rencontre en matière d’arts plastiques sont la terre et les couleurs que leur inspirent les paysages naturels. D’où leur thème d’exposition «Pays-âge» pour immortaliser ce lien et mettre en relief leur créativité respective.Une riche idée qu’a eue Khalid El Bekay pour faire voir, au Maroc, les travaux de son ami Père de Ribot, en compagnie des siens.

«Cette exposition est un projet que j´ai voulu montrer au Maroc avec mon voisin et ami de Barcelone, Père de Ribot, sur le thème du paysage. Chacun le présentant à sa manière : moi les champs de blé et lui la nature. Avec le terme paysage, on a fait le jeu de mots pays-âge qu’on peut expliquer par entourage et temps», précise l’artiste.K. El Bekay, dont la nouvelle démarche en peinture a été présentée pour la première fois lors de la 2e édition de Marrakech Art Fair, a toujours pris le monde et la terre comme sujets de ses travaux. Mais la vision et la façon d’agir diffèrent.

«En effet, dans son expérience picturale qu’on lui connaît, El Bekay fragmentait le monde, la terre, la réduisait à des éléments naturels (prune, poire, courgette, théière…), lesquels, par cet isolement et cette mise en exergue, prennent une essence symbolique. Son approche heuristique et euphorique met en scène les choses et les éléments afin de leur donner une âme, une personnalité. Son penchant pour les couleurs vives attise cet attachement à la terre et à ses avatars», souligne le critique d’art, Farid Zahi. Et d’ajouter que «son travail actuel devient plus complexe et plus composite. Il se détache de l’approche simple pour créer une multitude de dimensions dans la même œuvre. Cela se traduit par une surface multiple dont l’agencement évoque la vision aérienne de la terre, des champs et de leur symphonie chromatique. Fervent adepte du collage et de ses diverses techniques, l’artiste compartimente le tableau pour jouer sur la rythmique que lui confèrent et la couleur et les procédés».

Ce changement de vision chez l’artiste a donné naissance à une autre forme plastique, dont l’origine est restée la même chez le peintre.«J´ai toujours été fasciné par les couleurs qui sortent de la terre sous forme de végétation et surtout de fruit et de légumes. Donc, de la terre marron, on trouve l’aubergine noire, la poire jaune et la pomme rouge. Un jour, de retour de Barcelone, en cherchant l’emplacement de mon atelier, installé à Casablanca près de l´Aéroport Mohammed V, je découvre les couleurs (jaune, vert, rouge et marron) et les formes géométriques des champs du blé qui entourent mon atelier. A partir de ce moment, mon dialogue s’est concentré sur la terre elle-même et non plus sur ce qui sort de cette terre», explique Khalid El Bekay.Ce dernier ayant opté auparavant pour la théière et la tasse de café, dans le but d’un échange interculturel, c’est-à-dire un dialogue entre Khalid le Marocain avec son thé et Khalid dans la nostalgie avec son café à Barcelone. «Puisque maintenant j´ai un pied au Maroc, je n´ai plus besoin de cette référence dans ma peinture».

Dans cette prestation, Khalid nous offre, donc, la terre dans toute sa géométrie et sa beauté féerique dotée d’un foisonnement de couleurs. «Cette démarche est, pour moi, un pas très important dans ma trajectoire artistique. C´est une synthèse de mon discours plastique tendant vers le plus essentiel, vers la purification de ma peinture. J’utilise dans ce travail toutes les techniques que j´ai apprises au Maroc et en Espagne, c’est-à-dire peinture, gravure, dessin et sculpture», renchérit l’artiste El Bekay.Une belle collection qui rentre en parfaite symbiose avec les œuvres de Père de Ribot, dont les œuvres sont inspirées des richesses des paysages naturelles dans leurs infimes détails. Ces sources de vie que De Ribot capte avec beaucoup d’attention et de passion pour offrir des créativités rarissimes.

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