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Mardi 09 Juin 2026
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De la patience avant tout

Avoir un enfant propre est le souhait de tous les parents et surtout les mamans. Cependant, il n’est pas toujours facile d’atteindre cet objectif. L’essentiel est de rester zen et ne pas lui mettre la pression.

De la patience avant tout
Se laver les mains plusieurs fois par jour devrait être un automatisme pour tous, a fortiori pour les parents, dont les enfants imitent les moindres gestes.

L’apprentissage de la propreté n’est pas chose simple. Quels parents n’ont pas galéré avant que leur enfant puisse apprendre toutes les règles d’hygiène ? Il faut donc se mettre dans la tête que cette étape est un long processus où le choix du bon moment et l’accompagnement parental sont décisifs.

De la couche au pot
Pour en finir avec les couches par exemple, il faut s’armer de beaucoup de patience et de compréhension.
La réceptivité à devenir propre ne devrait pas être dictée par l’âge de l’enfant. Celui-ci doit avoir franchi certaines étapes de développement avant d’être prêt à passer cette phase importante. On doit tenir compte de ses capacités motrices, langagières et sociales, de même que du comportement et de la relation de l’enfant avec ses parents. En effet, pour être propre, un enfant doit d’abord savoir contrôler ses sphincters – les muscles qui maintiennent fermés les orifices de la vessie et de l’anus. Cela correspond à un stade de maturation neurologique qui se situe vers l’âge de 18-20 mois environ pour la vessie, un peu plus tard pour le sphincter anal. Inutile donc de présenter le pot à votre petit avant cet âge, car ce qu’il veut bien y déposer n’est que le produit d’un réflexe et non d’une commande volontaire. Il y a cependant certains signes qui peuvent aider les parents à savoir si leur enfant est prêt comme quand l’enfant arrive à rester sec dans sa couche plusieurs heures d’affilée ou quand il est stable et équilibré une fois assis sur le petit pot ou encore quand il veut être indépendant. Il est recommandé d’utiliser le petit pot plutôt que la grande toilette pendant les premières étapes, parce que l’enfant s’y sent plus en sécurité et plus stable. Le petit pot permet également à l’enfant d’adopter la meilleure posture, ce qui aide à son sentiment de sécurité et le met en confiance. Enfin, il faut prendre en considération que chaque enfant évolue à son rythme. Pas question de focaliser coûte que coûte sur cette date et de le forcer à aller sur le pot s’il ne veut pas, cela reviendrait à faire du «dressage».

Brossage des dents
Bien se laver les dents est une chose à apprendre dès le plus jeune âge. C’est indispensable pour avoir plus tard de belles dents. Malheureusement, ce n’est pas toujours facile. Encore une fois, il faut s’armer de patience. En principe, le brossage doit commencer dès l’apparition des premières dents, les incisives, vers l’âge de un an. Mais alors on ne parle pas véritablement de brossage, comme on l’entend, mais plutôt de familiarisation avec l’hygiène bucco-dentaire. En matière d’apprentissage, une règle prédomine : il faut montrer l’exemple ! C’est en regardant ses parents en train de se brosser les dents que l’enfant aura envie de les imiter. C’est ce qui se passe généralement durant les quatre premières années. Ce passage est important, car c’est avant tout l’acquisition d’un bon geste. Entre 4 et 6 ans, l’enfant peut commencer à apprendre à se brosser les dents avec l’aide de ses parents. Les mouvements de la brosse, l’importance de laver les côtés ainsi que le dessus des dents… tous ces gestes s’apprendront petit à petit. Au-delà de 6 ans, l’enfant avance dans son apprentissage. Il faudra lui expliquer, par exemple, l’importance du brossage rotatif sur les dents antérieures, le brossage de l’arrière des dents…

Hygiène corporelle
Faire sa toilette, prendre son bain, se laver les mains... sont des gestes quotidiens que l’enfant doit apprendre à faire seul. Souvent, les parents se demandent comment transformer ces obligations en un moment de détente agréable pour les enfants. Généralement, enfant et toilette semblent inconciliables et l’heure du bain ou de la douche devient pour bon nombre de parents une réelle corvée et un motif d’altercation avec les enfants. Avant quatre ans, l’enfant a du mal à se laver tout seul. On peut donc lui apprendre très tôt les différentes parties de son corps au fur et à mesure qu’on les lui lave. La tâche peut se compliquer pour les cheveux, car nombre d’enfants ne supportent pas d’avoir de l’eau dans les yeux. Mais un gant posé dessus permettra de les protéger de l’eau qui s’écoule et d’éviter de faire de ce moment un véritable calvaire pour tous… Passé 4-5 ans, il faut le laisser se laver le corps tout seul, notamment ses parties intimes, mais toujours sous la surveillance des parents pour vérifier qu’il se lave correctement et pour éviter tout accident. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les mains et les ongles sont les cibles privilégiées de la contamination microbienne, et ceux des enfants n’y échappent pas puisqu’ils leur
servent à explorer le monde qui les
entoure. Se laver les mains plusieurs fois par jour devrait être un automatisme pour tous, a fortiori pour les parents, dont les enfants imitent les moindres gestes. Ils doivent apprendre à leur bambin à se laver les mains en comptant jusqu’à 30, à chaque fois qu’il rentre à la maison, qu’il revient des toilettes ou qu’il a touché un animal. Idem avant et après chaque repas, et ce, dès qu’il commence à attraper ce qu’il a dans son assiette.


Explications : Ghizlane Benjelloun, pédopsychiatre

«Il faut convaincre l’enfant du bien-fondé de la propreté sans l’angoisser»

❶A partir de quel âge faut-il initier son enfant à la propreté ?
L’apprentissage de la propreté est une étape éducative importante et relativement génératrice de stress maternel avec une obligation de résultat. C’est une des multiples façons de démontrer les talents d’une «bonne maman» sauf que... justement à trop vouloir bien faire on fait mal parfois et la propreté est une excellente application de cet adage. Je m’explique : quand on s’acharne à apprendre à un bébé la propreté avant l’âge physiologique où son corps et notamment ses sphincters sont prêts et/ou psychologiquement il veut bien accorder ce cadeau à sa mère, on risque de créer de la pathologie et d’empêcher le développement des autres sphères. En ce qui concerne l’âge, il n’y a pas d’urgence, mais on peut l’initier aux bonnes habitudes dès qu’il devient autonome dans le lavage des mains et commence à manger seul.

❷Comment apprendre à ses enfants les bonnes règles d’hygiène
et de propreté ?
En donnant l’exemple, en répétant régulièrement sans relâche, sans s’énerver, et en effectuant les mêmes gestes avec l’enfant.

❸Faut-il obliger son enfant à bien suivre les règles de propreté, quitte à se montrer sévère ?
Il ne faut pas baisser les bras tant que ce n’est pas acquis. Ceci dit, les parents doivent toujours faire des concessions entre ce qu’ils voudraient dans l’idéal (brossage des dents 3 fois, lavage des mains 6 fois...) et ce qu’ils obtiennent souvent (1 et 2 fois). Mais c’est sur le principe général qu’il ne faut pas céder. La meilleure manière reste le langage et la communication... Convaincre l’enfant du bien-fondé de la propreté sans l’angoisser ou lui faire peur pour qu’il ne développe pas d’obsessions ou de rituels pathologiques.

❹Est-ce aussi facile d’inculquer ces règles aux filles qu’aux garçons ?
Il n’y a pas de règles quoique les filles aient la réputation d’être plus propres et plus dociles, mais on voit souvent des garçons présentant des traits obsessionnels à la suite d’une éducation trop sévère en matière de propreté dans la prime enfance avec une transmission des angoisses maternelles et paternelles.

❺Concernant l’apprentissage du pot, à quel âge faut-il commencer
à y initier son bébé et comment s’y prendre ?
L’âge de l’apprentissage de la propreté (urinaire et fécale) pour les pédopsychiatres est plus tardif que ne le veut la tradition et l’exemple des autres mamans… il se situe entre 18 mois et 3 ans, mais on peut commencer cet apprentissage à 2 ou 2 ans et demi, cela dépend des acquisitions de l’enfant au niveau moteur (monter et descendre les escaliers seul), de la reconnaissance des moments où il salit habituellement (il le dit ou l’indique) et de son développement psychoaffectif parfois encore décalé (moments de régression, pouce, biberon…).





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