15 Novembre 2012 À 18:16
«Mobilisons-nous tous pour un avenir meilleur de l’amazighité !». C’est ce qu’a tenu à souligner Leïla Mezian Benjelloun, lors de la cérémonie de son hommage mercredi à l’IRCAM. L’institut lui a décerné le grand prix de la culture amazighe. Et ce, en reconnaissance symbolique des services qu’elle a rendus à cette culture.
Le recteur de l’Institut royal de la culture amazighe, Ahmed Boukous, ainsi que Mahjoubi Aherdane ont tenu à énumérer les qualités de cette femme qui préside aux destinées de la Fondation BMCE Bank pour l’éducation et l’environnement. À travers cet organisme, elle a participé activement à la promotion de l’enseignement de l’amazighe. En effet, les écoles communautaires affiliées au programme Medersat.com sont parmi les premières qui ont promu l’apprentissage de cette langue «avant même l’intégration de l’amazighe dans l’école publique en 2003/2004. La fondation a été la première institution à créer un pôle amazigh qui a contribué à concevoir un curriculum de l’enseignement de l’amazighe, avec ses finalités stratégiques, ses objectifs opérationnels, sa méthodologie de travail, sa pédagogie et didactique, son manuel de l’élève, son guide de l’enseignant, son dispositif de formation des maîtres…», a souligné M. Boukous. Depuis l’an 2000, la fondation a veillé à l’enseignement de la langue amazighe à tous les niveaux dès le préscolaire.
Les efforts déployés par la fondation depuis des années ont commencé à donner leur fruit. La première cohorte d’élèves sortis des écoles medersat.com a obtenu le baccalauréat. Certains d’entre eux ont décroché ce sésame précieux avec mention. Ce qui témoigne de la qualité de l’enseignement dispensé dans ces écoles.
À cela s’ajoute une grande performance : le premier et le troisième prix des olympiades nationales de Tifinaghe 2012 ont été décernés à deux élèves des écoles medersat.com. Laila Meziane Benjelloun qui était membre du conseil d’administration de l’IRCAM entre 2002 et 2010 a affiché son optimisme quant à l’avenir de la culture et de la langue amazighes au Maroc. Elle a estimé que certes pendant des siècles, la langue, la culture et la civilisation amazighes ont été victimes de diverses formes d’injustice, mais «nous pouvons tous aujourd’hui nous féliciter d’avoir enfin trouvé le chemin qui nous mènera vers un avenir meilleur. Désormais, tous les Marocains pourront apprendre la langue amazighe, comme ils apprennent la langue arabe, et s’approprier l’histoire, la civilisation et la culture amazighes».
Tout le monde est appelé à s’engager dans la voie de la promotion de la langue amazighe qui a été rehaussée, constitutionnellement, au rang de langue officielle à côté de l’arabe. Selon les différents intervenants, un travail de fond devra être déployé, chacun selon ses responsabilités et ses moyens. Sur le plan de l’enseignement, cette année, l’effectif des élèves qui bénéficient des cours d’amazighe dans les écoles publiques a doublé passant de 500 000 à un million. Les activistes amazighs espèrent pouvoir dépasser tous les obstacles pour la généralisation de cet enseignement le plus tôt possible. Mahjoubi Aherdane pense que tous les Marocains sont appelés à parler l’amazighe au même titre que l’arabe et qu’il est, ainsi, temps de s’atteler à la tâche.