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Mardi 09 Juin 2026
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Le Maroc a connu «un miracle de l’emploi» durant les trente dernières années

● Dans son dernier rapport, la Banque mondiale propose quelques solutions pour s’attaquer au problème du chômage qui freine le développement de la région MENA.
● Le Maroc aurait connu son miracle, en terme d’employabilité et d’insertion professionnelle, en 1995 où le taux de chômage avait diminué de 23%.

Le Maroc a connu «un miracle de l’emploi» durant les trente dernières années
Les experts de la BM déplorent le niveau plus élevé du chômage dans le milieu urbain, particulièrement chez les femmes et les personnes fraîchement diplômées qui cherchent leur premier emploi.

Malgré tous les efforts qui ont été fournis, le chômage reste problématique dans beaucoup de pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) avec plus de 25% de jeunes sans emploi. Cependant, le Maroc serait l’un des rares pays de la région à avoir connu un «miracle dans l’emploi» durant les trente dernières années. En tout cas, c’est ce qui ressort du dernier rapport de la Banque mondiale intitulé «Moyen-Orient et Afrique du Nord : la solution miracle pour l’emploi».

Dans ce rapport, les experts de la Banque mondiale tentent de comparer les pays dans lesquels se sont produits des miracles de l’emploi, notamment le Maroc et l’Algérie qui ont su sensiblement réduire leur taux de chômage durant ces dernières années. Selon les analystes de la Banque mondiale, les deux pays ont fait preuve d’une importante réduction du taux de chômage, à la suite de l’accélération de la croissance économique et la mise en place d’une réglementation plus souple. Au Maroc, le chômage a diminué pour se situer à 23% en 1995, à 14% en 1999 et à 12% en 2003. Le taux de chômage en Algérie a, pour sa part, diminué de 30%, en 2000, à 18% en 2004 et 14% en 2007.

On estime également que la spécificité du Maroc réside dans le fait que la baisse du chômage a été le résultat des réformes rapides dans la seconde moitié des années 80. Il s’agit en fait de la stabilisation macroéconomique, de la dévaluation, de la libéralisation progressive et de la dérégulation économique, ainsi que du lancement d’un programme de privatisation. Ces réformes ont augmenté l’efficacité des investissements et permis de mettre en place une base solide pour le développement du secteur privé.

Les tensions pèsent toujours
Tous ces éléments on fait du Maroc un modèle à suivre pour la région MENA où «le miracle de l’emploi» est très rare, selon la Banque mondiale. Toutefois, l’institution insiste sur les tensions qui continuent à peser sur le marché de l’emploi au Maroc, en dépit de toutes ces améliorations enregistrées. À ce titre, les experts de la BM déplorent le niveau plus élevé du chômage dans le milieu urbain, particulièrement chez les femmes et les personnes fraîchement diplômées qui cherchent leur premier emploi. Ceci est expliqué comme étant le fruit de la vague d’exode rural qu’ont connue les villes, en marge des vagues de sécheresse des années 90 et qui ont mis le marché de l’emploi dans le milieu urbain sous pression.
Dans cet esprit, le rapport recense les mesures qui pourraient aider les pays de la région du MENA à produire leur propre miracle. Ceux dotés d’un meilleur cadre réglementaire ont beaucoup plus de chances d’y parvenir, selon le rapport. Il cite trois moyens d’action essentiels pour créer des possibilités d’emploi durable : «Une bonne réglementation offre un double avantage pour la création d’emplois. Notre tour d’horizon des pays qui ont connu un miracle de l’emploi montre qu’une bonne réglementation est associée à un taux de chômage moins élevé en moyenne, et offre de meilleures perspectives de création d’emplois durables lorsque le chômage est élevé», explique Caroline Freund, économiste en chef pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Les réglementations et les politiques commerciales qui encouragent les échanges sont un puissant catalyseur de la création d’emplois, ajoute Mme Freund, en soulignant toutefois que la formulation et l’application des règles sont indissociables d’une bonne gouvernance. Pour que la réglementation des affaires contribue à la création d’emplois, il ne suffit pas de promulguer des règles, encore faut-il qu’elles soient strictement appliquées dans la pratique. Le rapport conclut que la solution au problème de l’emploi dans la région MENA passe par une bonne gouvernance, la gestion macroéconomique prudente, l’amélioration de la réglementation et sa stricte application. Des recommandations qui devraient, peut-être, être prises en considération par le nouveau gouvernement afin de lutter efficacement contre le fléau du chômage.

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