16 Mai 2012 À 10:47
La réforme de la formation initiale des enseignants est dans la ligne de mire du ministre de l’Education nationale. Mohamed El Ouafa s’attaque à ce chantier pour promouvoir l’enseignement public, tant critiqué par les parents et les observateurs. La Charte nationale de l’éducation et de la formation stipule que «de l’engagement et de la qualité des enseignants dépend le renouveau de l’école».
Préconisée par le Programme d’urgence, à travers le projet «Renforcement des compétences des personnels de l’enseignement», cette réforme «repose sur cinq mesures dont trois vont marquer incontestablement le parcours des futurs enseignants et permettront de leur offrir des formations solides, riches et ciblées», explique El Ouafa.
L’objectif majeur de cette réforme est la mise en place d’une organisation et d’un pilotage fiables de la formation initiale permettant d’assurer une formation de qualité des enseignants. Pour réaliser cet objectif, le ministère de l’Éducation nationale a réfléchi à la mise en œuvre de deux chantiers essentiels qui concernent la formation initiale. Dans le cadre du premier chantier, des Filières universitaires d’éducation (FUE) seront créées par les universités. L’intérêt est de profiter de la richesse et de la diversité que peut offrir l’université aux futurs enseignants.
Le second chantier consistera à créer des Centres régionaux métier éducation et formation (CRMEF), en regroupant les Centres de formation initiale (CFI) et les Centres pédagogiques régionaux CPR) d’une même région afin de rationaliser et d’optimiser les moyens disponibles dans ces centres. Selon le ministre de l’Éducation nationale, «ces centres régionaux joueront des rôles capitaux dans la formation des enseignants». D’une part, ils fourniront aux stagiaires une formation qualifiante, pédagogique les préparant à l’enseignement. Et d’autre part, ils assureront la formation continue au personnel enseignant en exercice et participeront au développement de la recherche pédagogique en coordination avec les universités.
El Ouafa a également évoqué l’examen national du baccalauréat, auquel il consacre un intérêt particulier. «Nous avons eu des réunions dans tout le Royaume avec toutes les personnes participant à la préparation de l’examen du baccalauréat, directeurs d’établissements, inspecteurs et correcteurs», a-t-il souligné. Dans ce contexte, une conférence de presse aura lieu le 4 juin, afin de dresser un compte rendu de ces réunions.
Trois enjeux majeurs de la réforme ont été soulignés lors de ce point de presse, à savoir une meilleure qualité de la formation des futurs enseignants, et par conséquent, une meilleure qualité de l’enseignement délivré aux élèves, la meilleure utilisation du potentiel de formation des universités et une préparation de la relève, car 56% du personnel du DES partiront à la retraite en 2020 et les besoins en enseignants vont en augmentant en particulier dans certaines spécialités comme les mathématiques, les langues étrangères et l’histoire géographie où le déficit enregistré s’accentue d’une année à l’autre.